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Γαλλία: Οι ιμάντες μετάδοσης ενός ξένου κράτους αρνητών

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Υπό τον τίτλο «Το Πανεπιστήμιο του Γαλατασαράι και ο νόμος που ποινικοποιεί την άρνηση των γενοκτονιών», η Λιλιάν Νταρονιάν της Αρμενία-Συνεργασία, υπέγραψε ένα άρθρο καταπέλτης που αποκαλύπτει το ρόλο που διαδραμάτισε αμείλικτη από τον Jean-Claude Colliard, Πρόεδρο του Πανεπιστήμιου Paris 1, και τόσες άλλες προσωπικότητες (συμπεριλαμβανομένου του Αλαίν Ζιπέ), για να εμποδιστεί στη Γαλλία, ο νόμος που ποινικοποιεί την άρνηση της γενοκτονίας των Αρμενίων.
Καταλήγει στο συμπέρασμα: «Ας συγκεντρώσουμε τώρα, πλάι-πλάι, για μια στιγμιαία φωτογραφία, όσους αγωνίστηκαν κατά τις τελευταίες εβδομάδες έναντι του νόμου που ποινικοποιεί την άρνηση των γενοκτονιών: ένα δίκτυο ακαδημαϊκών γύρω από το Γαλατασαράι, σε όλους τους κλάδους, αλλά περισσότερο για τη νομικοπολιτική πλευρά, το Ινστιτούτο του Βοσπόρου, περισσότερο για την πολιτικο-οικονομική πλευρά, το δίκτυο των ιστορικών του συλλόγου «Ελευθερία για την Ιστορία», οι Γκρίζοι Λύκοι, η Επιτροπή Ταλάτ Πασά…
Η ελίτ συχνάζει με τους κατάδικους και ο κατάλογος δεν είναι εξαντλητικός.
Να μη κουνηθεί κανείς! κ. Νόρα λίγο πιο αριστερά παρακαλώ, κ. Badinter πιο δεξιά, δεν σας βλέπουμε καλά, κ. Ζιπέ δεν σας ξεχνάμε,  ιστορικοί να γονατίσετε,  συνταγματολόγοι λίγο πιο πάνω το κεφάλι σας και Γκρίζοι Λύκοι, σταματήστε να ουρλιάζετε, δεν ακουγόμαστε! Τραβάμε τη φωτογραφία, όλα στο φως».
Το πρόβλημα είναι ότι δεν είναι ένας εφιάλτης από τον οποίο ξυπνάμε, ένα κινούμενο σχέδιο που θα χαιρόμασταν… αλλά η σκληρή πραγματικότητα.
Εμείς στη Γαλλία απλά εφαρμόζουμε την εξωτερική πολιτική μιας άλλης χώρας. Η αράχνη ύφανε τον ιστό της και χάθηκε μια μάχη στον τομέα των οικουμενικών αξιών, στον τομέα της ανθρώπινης αξιοπρέπειας.
Μια τελευταία λέξη. Το κτίριο που στεγάζει το Πανεπιστήμιο του Γαλατασαράι, στην ακτή του Βόσπορου στην περιοχή Ortakoy, ήταν αρχικά γνωστό ως παλάτι Feriye Sarayi. Χτίστηκε από … τον Αρμένιο αρχιτέκτονα Σαρκίς Balyan.
GENOCIDE DES ARMENIENS
L’université de Galatasray et la loi pénalisant la négation des génocides

1992-2012 : Vingt ans de changement en Turquie. C’est le titre que portait le Colloque organisé par le Consortium d’appui à l’Université Galatasaray à l’occasion du 20e anniversaire de sa création. Il s’est tenu le samedi 24 mars 2012, en Sorbonne, dans la prestigieuse Salle des Autorités.

Le titre du colloque met en parallèle les vingt dernières années de changement en Turquie et les vingt ans de l’Université Galatasaray : une relation en miroir.
Nous donnerons un aperçu succinct du programme du colloque avant d’en venir à ce qui nous intéresse beaucoup plus directement.
Parmi les intervenants, Didier Billon (IRIS, Paris) a, par exemple, réfuté, « comme une pure vue de l’esprit » le concept de « néo-ottomanisme » pour qualifier la politique étrangère de la Turquie. Jean Marcou (Science Po Grenoble) voit la Turquie comme un « modèle » pour les pays du Printemps arabe. Si tous deux ont exprimé une certaine fascination pour la Turquie, puissance émergeante, les critiques ou les réserves n’ont pas manqué, venant notamment des intervenants turcs.
Décrivant l’Etat turc, Ali Kazancigil a évoqué les deux faces de Janus, la face diurne celle cherchant à complaire à l’Europe avec une société civile qui commence à se manifester et la face nocturne, celle de l’Etat profond, héritière des Jeunes Turcs, adonné à la tradition autoritaire, aux pratiques brutales de répression, à l’élimination des opposants. Un « Etat schizophrène » a-t-il ajouté. Certains orateurs ont émis des réserves concernant, par exemple, les réformes constitutionnelles, le processus de démocratisation, la situation des minorités. Concernant ces dernières, l’historien Jean-Paul Burdy (Sciences Po Grenoble) a fait remarquer une tendance à la sécularisation dans la représentation des populations non-musulmanes. Il a évoqué une « citoyenneté incomplète des minorités » et le fait qu’en réalité, la population turque continuait à considérer les minorités comme des « yabanci », des étrangers.

Jean-Claude Colliard, président de Paris I à gauche

Ahmet Insel, illustrant son propos de nombreuses statistiques, s’est penché sur le « miracle » économique turc qui fait de la Turquie la 17e économie du monde. Il s’est interrogé sur les éléments qui fondent ce « miracle » et s’est questionné aussi sur sa pérennité. Il s’est étendu sur l’ « optimisme » des Turcs, signalé par les sondages, et traduit par une fièvre consumériste, ainsi que sur le sentiment qu’ils ont maintenant de leur « grandeur ».

Le président de l’Institut du Bosphore, Bahadir Kaleağasi, dont l’intervention portait le titre « L’élargissement de l’Union européenne vers la Turquie et les défis de la mondialisation » a fait une intervention remarquée, illustrant ses propos par des photos satellitaires reproduisant la planète entière, de jour comme de nuit … On pouvait déceler une volonté – voire un rêve – expansionniste à connotation, pour le coup, ottomane, en phase avec la mondialisation – avec le message que si ce n’est l’Europe, c’est le monde qui s’ouvre à la Turquie.
Quelqu’un a cité Erdogan : « Plus le monde devient petit, plus la Turquie devient grande » … Il a été question, dans les débats, de Turquie non alignée, de Turquie gaullienne, de Turquie kantienne …
Certaines questions ont été posées par quelques rares esprits « hétérodoxes » : « Qu’en est-il de l’héritage de Hrant Dink, le journaliste arménien assassiné. Il a créé beaucoup d’espoir parmi les minorités, il a représenté cette sécularisation dont vous parlez … ? » et « Vous qui êtes des historiens, pouvez-vous nous dire si le génocide des Arméniens est enseigné à l’université Galatasaray ? » Ces questions ont fait, dans la salle, l’effet d’une bombe, et elles ont donné lieu à des réponses qui n’en étaient pas. Jean-Paul Burdy à même évoqué le « génocide de Khodjalou » avant de finir par dire : « Je n’ai pas répondu à votre question, n’est-ce pas ? » Ces questions relevant d’un tabou indépassable, ni les intervenants, ni le public présent, n’étaient prêts à le transgresser. Nous avions atteint les limites de leur capacité critique.

Mais venons-en à l’allocution d’ouverture du président de l’université Paris 1, Jean-Claude Colliard. Il a débuté son propos en soulignant que les vingt ans de Galatasaray avaient également été les vingt ans d’une coopération fructueuse : « Vingt ans, c’est le début de l’âge adulte, on peut prétendre à de grandes ambitions ». Il a souligné l’excellence de cette université francophone, qui se place en 6e position parmi les universités en Turquie. Puis il a mentionné la refondation, signée en mars 2011, du Consortium d’appui à Galatasaray, lequel a été piloté depuis son origine par l’Université Paris 1. Avec en France, 40 établissements académiques impliqués dans la coopération avec Galatasaray, il a ajouté que le consortium figurait un modèle : le « modèle Galatasaray » qui pourrait être appelé à se reproduire dans d’autres contextes. Il a évoqué des « licences délocalisées qui ont du succès auprès des étudiants », lesquels deviennent ainsi les « passeurs de deux cultures différentes » dans un contexte de mondialisation.

Commence alors la seconde partie de son allocution, celle qui sera la plus riche en révélations, celle où il évoque « une amitié qui va plus loin » : « Mais je crois qu’il y a entre nous une amitié qui va plus loin et qui a pu se manifester il y a quelques semaines lorsque nous avons connu un moment un peu difficile, et qui aurait pu l’être davantage encore … dans les relations franco-turques, au sujet d’une loi votée et qui réprimait la contestation de génocides consacrés par des lois antérieures. Nos amis de Galatasaray nous ont alertés, ils nous ont demandé d’intervenir auprès du gouvernement, auprès du parlement. »
Auprès du gouvernement, d’après J.-C. Colliard, « sans grandes difficultés » et il y a eu des « résultats » puisque Alain Juppé, Président du Haut Comité de Parrainage de l’Université Galatasaray, était dans une « position assez voisine de ce que l’on pouvait souhaiter ». On se souvient d’un Alain Juppé reprenant à l’envie et d’un air entendu l’expression rendue célèbre par Jean-Pierre Chevènement : « Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne ». La presse en a aussitôt déduit des désaccords au sein du gouvernement, et elle est régulièrement revenue sur ces désaccords durant les longues semaines qui ont conduit à l’invalidation de la loi. Alain Juppé a ainsi rempli la mission qui lui avait été assignée par une puissance étrangère.
J.-C. Colliard poursuit : « Au Parlement, la question n’était pas une question de fond, mais c’est la question du poids électoral de telle ou telle communauté et à partir de ce moment-là les arguments rationnels étaient assez peu recevables. » On remarque que le mot « arménien » a été évité durant toute la durée de l’allocution, il est remplacé ici par l’expression on ne peut plus vague, voire méprisante : « telle ou telle communauté ». De plus, les aspirations de cette « communauté » et des parlementaires qui les entendent seraient – si l’on comprend bien – du domaine de l’irrationnel …
Puis vient un temps d’arrêt qui marque l’effort particulier qui a été fait pour « aller plus loin encore » dans l’ « amitié » : « Mais nous avons pensé qu’il y avait une autre manière d’agir. » L’orateur accentue le mot « agir » : « Et comme vous l’avez vu, notre ami Robert Badinter, c’est un nom que je prononce toujours avec beaucoup d’amitié et de respect et qui est pour moi la personnification du Juste et j’ai été très sensible au fait que vous ayez accepté l’année dernière au cours d’une très belle cérémonie dans votre université d’en faire un docteur honoris causa de Galatasaray et Robert a montré l’attachement qu’il portait à ses engagements puisqu’il a fait une tribune dans Le Monde qui a eu un certain retentissement où en effet il a indiqué quel était le Droit. » Robert Badinter apparaît curieusement ici comme quelqu’un à qui l’on peut faire faire tout ce que l’on veut à partir du moment où on lui accorde une décoration ! J.-C. Colliard écorne sérieusement la « stature » de son « ami » Robert.

Mais le verbe ravageur dont Robert Badinter émaille ses articles – la « Pitié dangereuse » ou « Ce boomerang judiciaire se retournera contre ses auteurs. Ce sera la revanche du Droit sur la politique » – ne suffisent pas. Le Président de l’Université Paris 1 pense alors à recruter non pas une armée de mercenaires mais une fine équipe de constitutionnalistes : « De plus, notre Association des constitutionnalistes, l’Association française de droit constitutionnel AFDC qui se trouve, par un hasard heureux, présidé par un professeur de Paris 1, Bertrand Mathieu, dont le président du conseil scientifique est également un professeur de Paris 1, Dominique Rousseau, d’autres, Thierry Renoud, d’autres … que je n’oublie pas … L’Association de droit constitutionnel … a déposé un mémoire devant le Conseil constitutionnel – c’est une démarche assez rare – pour indiquer son analyse juridique … et le Conseil constitutionnel a annulé la loi en question. » Ainsi, l’ « autre manière d’agir » a consisté – faisant fi du vote démocratique des deux chambres du Parlement – à jouer la carte du Conseil constitutionnel et, à exercer sur les quelques personnes qui le composent, une pression maximale.
L’affaire est close et le Président, qui est lui-même membre de l’AFDC, peut donner « sa propre analyse » au sujet de la loi : « S’il appartient à la loi de dire les conditions constitutives de telle ou telle infraction, de tel ou tel crime, il ne lui appartient certainement pas de dire que là une infraction a été commise et moins encore de dire qui l’a commise et à partir du moment où ceci n’était pas possible il n’était pas possible de réprimer la contestation de quelque chose qui n’était pas construit juridiquement. »
Arrive ensuite, un passage sur la loi Gayssot : « Contrairement à ce qui a été dit, cette décision du Conseil constitutionnel met à l’abri de la critique une autre loi qui a une importance symbolique considérable, qui est celle qu’on appelle la loi Gayssot, du nom de son promoteur ». 
Et là, Jean-claude Colliard va faire une digression sur les origines de la loi Gayssot, adoptant un style « décomplexé », comme on a coutume de le dire lorsqu’on parle de manière légère de choses graves. Il va expliquer, que du temps où il était chef de Cabinet de Laurent Fabius, celui-ci lui avait demandé « ainsi qu’au secrétaire général de trouver une loi qui puisse être proposée, être votée, qui émane de chaque groupe politique, et la difficulté avait été de trouver une loi qui émane du groupe communiste ». Ils cherchent, et des lois telles que le « doublement du smig, etc. » leur semblent impossibles. « Et on tombe sur une loi proposée par le député Gayssot et qui prévoyait de pénaliser la négation de la Shoah, on se dit que c’est admirable … personne ne va être contre … et cette loi a été votée à l’unanimité … la loi Gayssot devrait porter trois noms en réalité et non pas un. J’ai donc pour elle un attachement particulier. J’aurais dû me méfier, il paraît que dans certains textes sacrés, quand une décision est prise à l’unanimité, elle est réputée être nulle, je commence à penser qu’il y a une raison peut-être pour cela …. Bref, dans le cas d’espèce, la Shoah ayant été constatée par un Tribunal international ne tombe pas sous les dispositions de la nouvelle décision du Conseil constitutionnel. »
Jean-Claude Colliard revient une fois encore sur le thème de l’ « amitié » : « Je tenais à vous dire que chacun, … nous avions essayé de faire tout ce qu’il était possible pour que l’amitié franco-turque, qui se manifeste notamment dans notre coopération, soit le moins altérée possible. »
Après avoir pris certaines précautions oratoires, et en évitant le mot « génocide » comme il avait évité le mot « arménien », le Président de l’université, reprenant son souffle, aborde le « fond du problème » : « Reste, le fond du problème qui appartient non pas aux politiques mais qui appartient aux historiens. Si un jour, mais c’est de vous que dépend cette décision, si un jour la Turquie voulait se replonger plus avant sur les moments douloureux de son histoire – ce sera aux historiens de le faire – et dans la mesure où nos établissements ont parmi eux bon nombre d’historiens qui peuvent nous apporter leurs réflexions, sachez qu’ils sont à votre disposition. »

Nous retombons ici sur la litanie, chère à Pierre Nora, répétée à satiété : « Ce n’est pas au Parlement d’écrire l’histoire, etc. ». Mais on ne comprend pas de quels historiens il s’agit là, sûrement pas de ceux de Paris 1 puisqu’aucun n’est spécialisé sur la question … A moins de trouver des oiseaux rares parmi les 39 autres établissements du Consortium … En tout état de cause, s’ils doivent « agir » à la manière des juristes de Paris 1, cette proposition de « mise à disposition » d’historiens fait craindre le pire, c’est-à-dire une histoire « aux ordres » où l’on glisserait imperceptiblement de la notion de « génocide » à celle de « grands massacres », puis de « moments douloureux pour la Turquie ! » comme plus haut, dans cette allocution, arriver à « il y a eu des massacres des deux côtés » en passant par l’ « affaire arménienne ». L’on voit d’ailleurs se mettre en place, d’euphémismes en euphémismes, ces nouveaux plans d’occupation sémantiques … De son côté, l’association « Liberté pour l’histoire » qui elle aussi a su « agir » et montrer son « amitié » devrait s’insurger de cette manière cavalière qu’a un Président d’université de penser pouvoir « mettre à disposition » « ses » historiens au service de la politique négationniste d’un pays étranger et de son historiographie nationaliste délirante. Est-ce cela la « liberté de l’historien » ? L’histoire est écrite : un peuple a été déraciné de sa terre ancestrale, sa civilisation a été détruite. Les descendants des rescapés, leurs enfants et petits-enfants en témoignent.
Et Jean-Claude Colliard en termine, en revenant au sujet du jour, tout en marquant, au passage, son mépris pour les Arméniens : « Pour aujourd’hui, ce n’est pas de cette histoire séculaire dont nous devons parler mais de l’histoire plus récente … l’histoire immédiate c’est-à-dire des vingt ans derniers. Galatasaray a vingt ans mais cela veut dire aussi vingt ans de changement en Turquie. » L’argument « oubliez le passé, regardez l’avenir » a aussi été servi …
Dans quelques jours, l’Université Paris 1 va élire un nouveau président. Peut-on espérer un changement de politique ? Et si non, comment qualifier ces établissements universitaires qui s’écartent, au delà de toute mesure, de la dimension critique de leur mission d’enseignement et de recherche pour devenir la courroie de transmission de la politique étrangère d’un Etat négationniste ? Ces 40 établissements universitaires d’appui à Galatasaray ne devraient-ils pas plutôt être aux avant-postes de la défense des intellectuels, parmi lesquels des universitaires, emprisonnés depuis de longs mois en Turquie pour délit d’opinion ?

Rassemblons maintenant, côte à côte, pour un instantané, ceux qui ont combattu, ces dernières semaines, contre la loi pénalisant la négation des génocides : un réseau d’universitaires, autour de Galatasaray, toutes disciplines confondues, mais plutôt sur le versant juridico-politique, l’Institut du Bosphore, plutôt sur le versant politico-économique, le réseau d’historiens de l’association « Liberté pour l’Histoire », les Loups gris, le Comité Talaat Pacha… Le haut du pavé côtoie les repris de justice et la liste n’est pas exhaustive. Que personne ne bouge ! Monsieur Nora un peu plus à gauche, s’il vous plaît, Monsieur Badinter plus à droite, on ne vous voit pas, Monsieur Juppé, on ne vous oublie pas, les historiens à genoux, les constitutionnalistes, un peu plus haut la tête, et les Loups gris, arrêtez de hurler, on ne s’entend plus ! On prend la photo. En pleine lumière.

Le problème est que cela n’est pas un cauchemar dont on se réveillerait, une bande dessinée dont on se régalerait … mais la dure réalité. On a tout simplement mis en œuvre, en France, la politique étrangère d’un autre pays. L’araignée a tissé sa toile et une bataille a été perdue sur le champ des valeurs universelles, sur le champ de la dignité humaine.
Un mot pour finir. Le bâtiment qui abrite l’Université Galatasaray, situé au bord du Bosphore, dans le quartier d’Ortaköy, était à l’origine un palais connu sous le nom de Feriye Sarayi. Il a été construit par … l’architecte arménien Sarkis Balyan.
Liliane Daronian Coopération Arménie

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Αναλύσεις

Η Κίνα βρίσκει δρόμο που παρακάμπτει το Πακιστάν – Ο διάδρομος Ουαχάν αλλάζει τις γεωπολιτικές ισορροπίες

Μία νέα οδική αρτηρία μήκους 121 χιλιομέτρων στο βορειοανατολικό Αφγανιστάν δημιουργεί τις προϋποθέσεις για απευθείας χερσαία σύνδεση με την Κίνα, χωρίς διέλευση από το Πακιστάν. Η ολοκλήρωση του δρόμου στον ιστορικό διάδρομο Ουαχάν αποκτά ιδιαίτερη γεωπολιτική σημασία, καθώς το Πεκίνο αντιμετωπίζει σοβαρά προβλήματα ασφαλείας με τις επενδύσεις του στο Πακιστάν, ενώ η Καμπούλ επιδιώκει να μειώσει την εξάρτησή της από το Ισλαμαμπάντ.

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Μία σημαντική εξέλιξη στις χερσαίες μεταφορές και στις γεωπολιτικές ισορροπίες της Κεντρικής Ασίας καταγράφεται στο Αφγανιστάν, με την ολοκλήρωση νέου δρόμου στον στρατηγικής σημασίας διάδρομο Ουαχάν.

Σύμφωνα με ανάλυση του Imran Khurshid που δημοσιεύθηκε στις 9 Οκτωβρίου 2026 στο Asia Times, οι αφγανικές αρχές εγκαινίασαν οδική διαδρομή 121 χιλιομέτρων, η οποία εκτείνεται από την περιοχή Μπρογκίλ έως τα σύνορα με την Κίνα, στην επαρχία Μπανταχσάν.

Το έργο κόστισε περίπου 365 εκατομμύρια αφγάνι, ποσό που αντιστοιχεί σε περίπου 5,5 εκατομμύρια δολάρια.

Κατά τις αφγανικές ανακοινώσεις, κατασκευάστηκε από ντόπιους μηχανικούς και εργαζομένους, χωρίς τη συμμετοχή ξένων τεχνικών συμβούλων.

Η νέα διαδρομή φθάνει στα σινοαφγανικά σύνορα. Αυτό, ωστόσο, δεν σημαίνει ότι λειτουργεί ήδη πλήρης διεθνής εμπορευματικός διάδρομος, καθώς εξακολουθούν να υπάρχουν σημαντικοί τεχνικοί και συνοριακοί περιορισμοί.

Γιατί ο διάδρομος Ουαχάν έχει στρατηγική σημασία

Ο διάδρομος Ουαχάν αποτελεί μια στενή λωρίδα αφγανικού εδάφους ανάμεσα στο Τατζικιστάν, το Πακιστάν και την Κίνα.

Η γεωγραφική του διαμόρφωση συνδέεται με τον ανταγωνισμό της Βρετανικής και της Ρωσικής Αυτοκρατορίας κατά τον 19ο αιώνα.

Η περιοχή διατηρήθηκε ως ζώνη διαχωρισμού των δύο αυτοκρατορικών σφαιρών επιρροής, αποτελώντας ένα από τα χαρακτηριστικότερα γεωγραφικά κατάλοιπα του λεγόμενου «Μεγάλου Παιχνιδιού».

Σήμερα, η ίδια περιοχή αποκτά νέα σημασία, αυτή τη φορά λόγω της προσπάθειας σύνδεσης της Κίνας με το Αφγανιστάν και ευρύτερα με την Κεντρική Ασία.

Ο δρόμος ανοίγει τη δυνατότητα δημιουργίας μιας εναλλακτικής οδού μεταφορών, περιορίζοντας δυνητικά την ανάγκη διέλευσης από το πακιστανικό έδαφος.

Το πρόβλημα της Κίνας με τον οικονομικό διάδρομο CPEC

Το ενδιαφέρον της εξέλιξης εντοπίζεται κυρίως στην προσπάθεια του Πεκίνου να περιορίσει την εξάρτησή του από ευάλωτες υποδομές.

Ο Οικονομικός Διάδρομος Κίνας–Πακιστάν, γνωστός ως CPEC, αποτελεί ένα από τα σημαντικότερα προγράμματα της κινεζικής πρωτοβουλίας Belt and Road.

Μέσω του συγκεκριμένου σχεδίου, η Κίνα επιχειρεί να ενισχύσει τις εμπορικές και ενεργειακές συνδέσεις της με τη Νότια Ασία και την Αραβική Θάλασσα.

Ωστόσο, η υλοποίηση των έργων έχει αντιμετωπίσει σοβαρές δυσκολίες.

Στην επαρχία Μπαλουχιστάν, οργανώσεις αυτονομιστών έχουν πραγματοποιήσει επανειλημμένες επιθέσεις εναντίον κινεζικών συμφερόντων, εγκαταστάσεων και εργαζομένων.

Οι επιθέσεις αυτές έχουν επιβαρύνει την ασφάλεια των υποδομών και έχουν αυξήσει το κόστος προστασίας των κινεζικών επενδύσεων.

Παράλληλα, έχουν διατυπωθεί καταγγελίες για καθυστερήσεις, κακοδιαχείριση και προβλήματα διαφάνειας σε επιμέρους προγράμματα του CPEC.

Η εδαφική διαμάχη με την Ινδία

Μια επιπλέον γεωπολιτική δυσκολία συνδέεται με τη διέλευση του CPEC από το Γκιλγκίτ–Μπαλτιστάν.

Η περιοχή διοικείται από το Πακιστάν, αλλά διεκδικείται από την Ινδία, στο πλαίσιο της ευρύτερης διαμάχης για το Κασμίρ.

Το Νέο Δελχί έχει αντιταχθεί επανειλημμένα σε έργα που διέρχονται από εδάφη τα οποία θεωρεί τμήμα της δικής του επικράτειας.

Αυτό σημαίνει ότι ο οικονομικός διάδρομος Κίνας–Πακιστάν δεν αποτελεί μόνο αναπτυξιακό πρόγραμμα, αλλά συνδέεται με μία από τις πιο ευαίσθητες εδαφικές αντιπαραθέσεις της Ασίας.

Η δημιουργία εναλλακτικών διαδρομών μέσω του Αφγανιστάν θα μπορούσε μακροπρόθεσμα να προσφέρει στο Πεκίνο μεγαλύτερη ευελιξία.

Δεν υπάρχει, πάντως, ένδειξη ότι ο δρόμος του Ουαχάν μπορεί σήμερα να αντικαταστήσει τις μεγάλες μεταφορικές υποδομές του CPEC.

Η Καμπούλ επιχειρεί να μειώσει την εξάρτησή της από το Ισλαμαμπάντ

Για την κυβέρνηση των Ταλιμπάν, το έργο έχει και μία σαφή πολιτική διάσταση.

Το Αφγανιστάν εξαρτάται σε σημαντικό βαθμό από συνοριακές διαβάσεις και μεταφορικούς άξονες που περνούν από το Πακιστάν.

Οι επανειλημμένες εντάσεις ανάμεσα στις δύο χώρες έχουν προκαλέσει κλείσιμο συνοριακών περασμάτων, διακοπές εμπορικών ροών και επιβάρυνση της αφγανικής οικονομίας.

Μια εναλλακτική χερσαία διέξοδος προς την Κίνα θα μπορούσε, εφόσον αναπτυχθεί και καταστεί λειτουργική, να μειώσει τη δυνατότητα του Πακιστάν να χρησιμοποιεί τη γεωγραφική του θέση ως μέσο πίεσης προς την Καμπούλ.

Η αφγανική πλευρά αντιμετωπίζει το έργο ως σημαντική υποδομή οικονομικής και στρατηγικής αυτονομίας.

Η στάση της Κίνας και της Ρωσίας

Παρά την προοπτική άμεσης σύνδεσης, το Πεκίνο δεν έχει εγκαταλείψει τον οικονομικό διάδρομο CPEC ούτε έχει ανακοινώσει ότι ο Ουαχάν θα τον αντικαταστήσει.

Η Κίνα εξακολουθεί να διατηρεί σημαντικά οικονομικά και στρατηγικά συμφέροντα στο Πακιστάν.

Αντίστοιχα, η Ρωσία ενδιαφέρεται για τη σταθερότητα του Αφγανιστάν και για την ανάπτυξη νέων δικτύων επικοινωνίας στην Κεντρική Ασία.

Η δημιουργία περισσότερων επιλογών διασύνδεσης ενδέχεται να περιορίσει την αποκλειστική σημασία ορισμένων παραδοσιακών μεταφορικών διαδρομών.

Η πραγματική αξία του Ουαχάν θα εξαρτηθεί από τη βελτίωση των οδικών υποδομών, τη λειτουργία συνοριακών και τελωνειακών εγκαταστάσεων, τις καιρικές συνθήκες και τις πολιτικές αποφάσεις της Κίνας.

Το μήνυμα προς το Πακιστάν

Η νέα διαδρομή αναδεικνύει μια σημαντική γεωπολιτική πραγματικότητα: η γεωγραφική θέση ενός κράτους προσφέρει στρατηγικά πλεονεκτήματα, αλλά η αξιοποίησή τους εξαρτάται από την ασφάλεια και την αξιοπιστία των μεταφορικών του δικτύων.

Το Πακιστάν εξακολουθεί να αποτελεί κρίσιμο εταίρο της Κίνας, ιδιαίτερα στο πλαίσιο του CPEC.

Ταυτόχρονα, όμως, η αστάθεια, οι επιθέσεις σε κινεζικά συμφέροντα και οι αντιπαραθέσεις με το Αφγανιστάν δημιουργούν κίνητρα αναζήτησης εναλλακτικών επιλογών.

Ο διάδρομος Ουαχάν δεν έχει ακόμη μετατραπεί σε μεγάλο εμπορικό πέρασμα. Η κατασκευή του δρόμου, ωστόσο, καταδεικνύει ότι το Αφγανιστάν επιχειρεί να αποκτήσει πρόσθετες διεθνείς συνδέσεις και ότι η αποκλειστική εξάρτηση από το Πακιστάν δεν αποτελεί πλέον τη μοναδική γεωγραφική επιλογή.

Για το Ισλαμαμπάντ, η εξέλιξη αποτελεί μια νέα στρατηγική παράμετρο που θα πρέπει να συνυπολογίσει στις σχέσεις του με το Πεκίνο και την Καμπούλ.

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Διεθνή

Γερμανία: Το ρωσικό φυσικό αέριο επιστρέφει έμμεσα μέσω των λιπασμάτων, παρά τους ευρωπαϊκούς δασμούς

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Οι εισαγωγές ρωσικών αζωτούχων λιπασμάτων μειώθηκαν κατά 66% το 2025-2026, αλλά παραμένουν 53% υψηλότερες από τα επίπεδα πριν από τον πόλεμο στην Ουκρανία.

Το υψηλό ενεργειακό κόστος στη Γερμανία διατηρεί ανταγωνιστικά τα ρωσικά προϊόντα, σύμφωνα με στοιχεία που δημοσίευσε η Berliner Zeitung. Η Γερμανία εξακολουθεί να συνδέεται εμπορικά με το ρωσικό φυσικό αέριο, παρά τις ευρωπαϊκές προσπάθειες περιορισμού της ενεργειακής εξάρτησης από τη Μόσχα.

Αυτή τη φορά, η σύνδεση δεν αφορά αποκλειστικά την άμεση προμήθεια φυσικού αερίου, αλλά τις εισαγωγές λιπασμάτων που παράγονται με τη χρήση ρωσικού αερίου ως πρώτης ύλης και πηγής ενέργειας. Σύμφωνα με δημοσίευμα της γερμανικής εφημερίδας, που βασίζεται σε στοιχεία του Γερμανικού Ομοσπονδιακού Στατιστικού Γραφείου και του Συνδέσμου Αγροτικής Βιομηχανίας (IVA), οι εισαγωγές αζώτου μέσω ρωσικών λιπασμάτων μειώθηκαν σημαντικά κατά το 2025-2026. Ωστόσο, εξακολουθούν να βρίσκονται πάνω από τα επίπεδα που καταγράφονταν πριν από τη ρωσική εισβολή στην Ουκρανία.

Τα στοιχεία των εισαγωγών και η σύγκριση με την προπολεμική περίοδο

Το 2025-2026, η Γερμανία εισήγαγε 48.800 τόνους αζώτου μέσω λιπασμάτων ρωσικής προέλευσης. Η ποσότητα αυτή είναι μειωμένη κατά περίπου 66% σε σύγκριση με το προηγούμενο έτος, αλλά παραμένει κατά 53% υψηλότερη από τους 31.800 τόνους που είχαν καταγραφεί το 2020-2021, πριν από τον πόλεμο.

Η εξέλιξη των εισαγωγών δείχνει πόσο έντονη ήταν η αύξηση μετά το 2022. Το 2021-2022 οι εισαγωγές έφτασαν τους 56.800 τόνους αζώτου, ενώ το 2022-2023 εκτοξεύθηκαν στους 185.100 τόνους. Στη συνέχεια καταγράφηκαν 140.200 τόνοι το 2023-2024 και 143.800 τόνοι το 2024-2025, προτού σημειωθεί η μεγάλη υποχώρηση της τελευταίας περιόδου. Τα στοιχεία αφορούν την ποσότητα του αζώτου που περιέχεται στα εισαγόμενα λιπάσματα και όχι το συνολικό βάρος των προϊόντων.

Τα λιπασματικά έτη υπολογίζονται από τον Ιούλιο έως τον Ιούνιο. Η ποσότητα αζώτου που εισήχθη στη Γερμανία μέσω ρωσικής ουρίας μειώθηκε από 71.600 τόνους σε 27.600 τόνους, καταγράφοντας πτώση άνω του 61%. Παρά τη μείωση, η ποσότητα εξακολουθεί να είναι σχεδόν τριπλάσια από τους 9.900 τόνους του 2020-2021. Η συγκεκριμένη εξέλιξη αναδεικνύει το βασικό πρόβλημα της ευρωπαϊκής πολιτικής περιορισμού των εμπορικών δεσμών με τη Ρωσία. Ακόμη και όταν περιορίζονται οι εισαγωγές συγκεκριμένων προϊόντων, οι οικονομικές σχέσεις μπορούν να διατηρούνται μέσω άλλων κατηγοριών αγαθών, ιδιαίτερα όταν αυτά έχουν χαμηλότερο κόστος παραγωγής.

Γιατί οι ρωσικές εισαγωγές παραμένουν ανταγωνιστικές

Καθοριστικός παράγοντας είναι το υψηλό ενεργειακό κόστος στη Γερμανία και στην υπόλοιπη Ευρώπη. Η παραγωγή αζωτούχων λιπασμάτων απαιτεί μεγάλες ποσότητες φυσικού αερίου, το οποίο χρησιμοποιείται τόσο ως πρώτη ύλη όσο και ως πηγή ενέργειας. Σύμφωνα με τον Σύνδεσμο Αγροτικής Βιομηχανίας (IVA), οι ευρωπαϊκοί δασμοί, που τέθηκαν σε ισχύ τον Ιούλιο του 2025, περιόρισαν σημαντικά τις εισαγωγές ρωσικών λιπασμάτων. Ωστόσο, δεν εξάλειψαν το ανταγωνιστικό πλεονέκτημα των ρωσικών προϊόντων. Ο σύνδεσμος επισημαίνει ότι οι υψηλές τιμές ενέργειας δυσκολεύουν τις ευρωπαϊκές επιχειρήσεις να αυξήσουν την εγχώρια παραγωγή και να καλύψουν μεγαλύτερο μέρος των αναγκών της αγοράς. Ως αποτέλεσμα, τα ρωσικά λιπάσματα εξακολουθούν να παραμένουν ελκυστικά, ακόμη και μετά την επιβολή πρόσθετων δασμών.

Παράλληλα, σύμφωνα με τον IVA, είναι πιθανό ορισμένες ποσότητες ρωσικών προϊόντων να φτάνουν στη γερμανική αγορά μέσω άλλων κρατών-μελών της Ευρωπαϊκής Ένωσης. Το μέγεθος αυτών των έμμεσων εισαγωγών, ωστόσο, δεν μπορεί να προσδιοριστεί με ακρίβεια από τα διαθέσιμα στοιχεία.

Δεν αποδίδονται οι αυξήσεις των τιμών αποκλειστικά στους δασμούς

Το ζήτημα έχει άμεση σημασία για τους Γερμανούς αγρότες, καθώς το κόστος των λιπασμάτων επηρεάζει την παραγωγή και, τελικά, την οικονομική βιωσιμότητα των καλλιεργειών. Ο IVA υποστηρίζει ότι η μείωση των ρωσικών εισαγωγών δεν έχει προκαλέσει μέχρι στιγμής σαφή αύξηση των τιμών εξαιτίας των δασμών. Σύμφωνα με τον σύνδεσμο, η εγχώρια παραγωγική δυναμικότητα και οι εισαγωγές από άλλες χώρες, μεταξύ των οποίων η Αίγυπτος, επαρκούν για την κάλυψη των αναγκών της αγοράς. Την ίδια στιγμή, ο σύνδεσμος αποδίδει τις υψηλές τιμές των λιπασμάτων το 2026 στις διεθνείς ενεργειακές αναταράξεις, στον πόλεμο με το Ιράν και στην κρίση γύρω από τα Στενά του Ορμούζ, παράγοντες που επηρεάζουν το κόστος μεταφοράς και τις παγκόσμιες τιμές ενέργειας και λιπασμάτων.

Οι εκτιμήσεις αυτές αποτελούν τις θέσεις του κλαδικού συνδέσμου και δεν συνιστούν από μόνες τους ανεξάρτητη αξιολόγηση όλων των παραγόντων που διαμορφώνουν τις τιμές.

Νέες πιέσεις για περιορισμό των ρωσικών εισαγωγών

Με αφορμή τα στοιχεία, ο IVA ζητά να εξεταστεί η επιβολή πρόσθετων δασμών στις εισαγωγές καλιούχων λιπασμάτων από τη Ρωσία και τη Λευκορωσία. Το κάλιο αποτελεί βασικό θρεπτικό στοιχείο για τις καλλιέργειες και αντιπροσωπεύει μια ακόμη κατηγορία προϊόντων στην οποία η ευρωπαϊκή αγορά διατηρεί εμπορικές σχέσεις με τις δύο χώρες.

Ο σύνδεσμος εκτιμά ότι η ευρωπαϊκή βιομηχανία μπορεί να καλύψει τις ανάγκες της γεωργίας χωρίς να εξαρτάται από τις συγκεκριμένες εισαγωγές και υποστηρίζει ότι πρόσθετοι δασμοί δεν θα πρέπει να οδηγήσουν αναγκαστικά σε αυξήσεις τιμών. Η συζήτηση, ωστόσο, αποτυπώνει το ευρύτερο δίλημμα της ευρωπαϊκής οικονομικής πολιτικής. Η μείωση της εξάρτησης από τη Ρωσία απαιτεί όχι μόνο εμπορικούς περιορισμούς, αλλά και ανταγωνιστική εγχώρια παραγωγή, προσιτό ενεργειακό κόστος και εναλλακτικές πηγές προμήθειας.

Τα δεδομένα της γερμανικής αγοράς δείχνουν ότι οι δασμοί μπορούν να περιορίσουν σημαντικά τις εισαγωγές, χωρίς όμως να εξαλείψουν αυτομάτως τις οικονομικές σχέσεις που στηρίζονται σε διαφορές κόστους παραγωγής. Για τη Γερμανία και την Ευρωπαϊκή Ένωση, η πρόκληση παραμένει η εξισορρόπηση τριών στόχων: της ενεργειακής και οικονομικής ασφάλειας, της στήριξης της εγχώριας βιομηχανίας και της διατήρησης προσιτού κόστους για τον αγροτικό τομέα.

Με πληροφορίες του Συνδέσμου Αγροτικής Βιομηχανίας (IVA) και του Γερμανικού Ομοσπονδιακού Στατιστικού Γραφείου.

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Αναλύσεις

Πακιστάν: Μειώθηκαν οι τρομοκρατικές επιθέσεις, αλλά αυξάνονται οι απειλές – Αντάρτικες οργανώσεις αναπτύσσουν νέες τακτικές και στρατολογούν γυναίκες

Η νέα έκθεση του Pakistan Institute for Conflict and Security Studies (PICSS) αποκαλύπτει ένα αντιφατικό περιβάλλον ασφαλείας: Λιγότερες επιθέσεις και θύματα, αλλά αναδιοργάνωση ένοπλων ομάδων, χρήση drones, εσωτερικές συγκρούσεις και αυξανόμενη αστάθεια στο Μπαλουχιστάν. Η πολιτική κρίση επιβαρύνει την προσπάθεια αντιμετώπισης της τρομοκρατίας.

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Μια εξαιρετικά σύνθετη εικόνα για την ασφάλεια στο Πακιστάν αποτυπώνει η νέα εβδομαδιαία ανάλυση του Pakistan Institute for Conflict and Security Studies (PICSS), η οποία δημοσιεύθηκε στις 10 Οκτωβρίου 2026. Παρά τη μείωση των επιθέσεων από ένοπλες οργανώσεις κατά την πρώτη εβδομάδα του μήνα, οι εξελίξεις στο εσωτερικό των εξτρεμιστικών και αυτονομιστικών ομάδων δημιουργούν σοβαρά ερωτήματα για την πραγματική αποτελεσματικότητα των επιχειρήσεων ασφαλείας.

Η έκθεση με τίτλο «Pakistan’s Security Paradox: Militant Attacks Decline as Militant Groups Signal New Developments» καταγράφει υποχώρηση των επιθέσεων, αλλά παράλληλα εντοπίζει ενδείξεις οργανωτικής αναδιάρθρωσης, νέων επιχειρησιακών μεθόδων και εντατικοποίησης της προπαγανδιστικής δραστηριότητας.

Μείωση 18% στις επιθέσεις – Παραμένει σοβαρή η απειλή

Σύμφωνα με το PICSS, από τις 2 έως τις 8 Οκτωβρίου καταγράφηκαν συνολικά 46 επιθέσεις ενόπλων οργανώσεων στο Πακιστάν, έναντι 56 την αμέσως προηγούμενη εβδομάδα.

Η μείωση ανέρχεται στο 18%, ενώ αισθητή είναι και η υποχώρηση του αριθμού των θυμάτων.

Οι νεκροί μειώθηκαν από 52 σε 42 και οι τραυματίες από 53 σε 23.

Ωστόσο, η εικόνα δεν είναι ομοιόμορφη σε ολόκληρη τη χώρα.

Στην επαρχία Μπαλουχιστάν, όπου δραστηριοποιούνται ιδιαίτερα ενεργές αυτονομιστικές οργανώσεις, οι απώλειες αυξήθηκαν παρά τη μείωση του αριθμού των επιθέσεων.

Το στοιχείο αυτό δημιουργεί προβληματισμό για το κατά πόσον οι ένοπλες ομάδες μεταβάλλουν τις τακτικές τους, πραγματοποιώντας λιγότερες αλλά δυνητικά πιο φονικές επιχειρήσεις.

Οι Πακιστανοί Ταλιμπάν αλλάζουν τακτική – Drones και ελεύθεροι σκοπευτές

Ιδιαίτερο ενδιαφέρον παρουσιάζουν οι εξελίξεις στο εσωτερικό της Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP), της οργάνωσης που είναι γνωστή ως Πακιστανοί Ταλιμπάν.

Σύμφωνα με την ανάλυση, η TTP επέβαλε περιορισμούς στη χρήση των μέσων κοινωνικής δικτύωσης από τα μέλη της.

Η συγκεκριμένη απόφαση αποκτά σημασία σε μια περίοδο κατά την οποία οι ένοπλες οργανώσεις χρησιμοποιούν τις ψηφιακές πλατφόρμες τόσο για προπαγάνδα όσο και για την προβολή των επιχειρησιακών τους δυνατοτήτων.

Την ίδια στιγμή, η TTP δημοσιοποίησε οπτικό υλικό στο οποίο υποστηρίζει ότι καταγράφονται επιθέσεις με τετρακόπτερα μη επανδρωμένα αεροσκάφη και ενέργειες ελεύθερων σκοπευτών.

Οι ισχυρισμοί αυτοί δεν συνιστούν ανεξάρτητη επιβεβαίωση της αποτελεσματικότητας ή της έκτασης χρήσης των συγκεκριμένων μέσων.

Παρ’ όλα αυτά, η προβολή τέτοιων επιχειρήσεων εντάσσεται σε μια ευρύτερη προσπάθεια των οργανώσεων να παρουσιάσουν εικόνα τεχνολογικής προσαρμογής και να ενισχύσουν την επιρροή τους.

Εσωτερικές συγκρούσεις στις ένοπλες οργανώσεις

Την ίδια περίοδο, η Jamaat-ul-Ahrar, οργάνωση που έχει συνδεθεί με το δίκτυο των Πακιστανών Ταλιμπάν, ανακοίνωσε ότι πραγματοποίησε 122 επιθέσεις κατά τη διάρκεια του Σεπτεμβρίου.

Πρόκειται για αριθμό που προέρχεται από τους ισχυρισμούς της ίδιας της οργάνωσης και δεν πρέπει να συγχέεται με τα ανεξάρτητα καταγεγραμμένα περιστατικά του PICSS.

Παράλληλα, αναφέρθηκαν αιματηρές συγκρούσεις ανάμεσα σε μαχητές της Jamaat-ul-Ahrar και αντίπαλης φράξιας της TTP στην περιοχή Ορακζάι.

Οι πληροφορίες αυτές αναδεικνύουν ένα επιπλέον πρόβλημα για την ασφάλεια του Πακιστάν: τον κατακερματισμό του περιβάλλοντος των ενόπλων οργανώσεων.

Οι εσωτερικές συγκρούσεις ενδέχεται να αποδυναμώνουν προσωρινά ορισμένα δίκτυα, αλλά μπορούν επίσης να προκαλέσουν νέες αντιπαραθέσεις, ανακατατάξεις και αποσχίσεις.

Μπαλουχιστάν: Ένοπλη γυναικεία μονάδα και κλιμάκωση της προπαγάνδας

Σημαντικές εξελίξεις καταγράφονται και στο Μπαλουχιστάν, την επαρχία του νοτιοδυτικού Πακιστάν που συνορεύει με το Ιράν και το Αφγανιστάν και έχει στρατηγική σημασία λόγω των φυσικών πόρων και της πρόσβασής της στην Αραβική Θάλασσα.

Το Balochistan Liberation Front (BLF), μία από τις οργανώσεις που επιδιώκουν την ανεξαρτησία του Μπαλουχιστάν, δημοσιοποίησε υλικό για τη συγκρότηση νέου γυναικείου ένοπλου σχηματισμού.

Η συγκεκριμένη κίνηση προβάλλεται από την οργάνωση ως οργανωτική εξέλιξη. Δεν υπάρχουν, ωστόσο, επαρκή ανεξάρτητα στοιχεία στο δημόσιο απόσπασμα της έκθεσης για τον αριθμό των μελών ή τις πραγματικές επιχειρησιακές δυνατότητες της νέας μονάδας.

Παράλληλα, ο Balochistan Liberation Army (BLA), άλλη σημαντική αυτονομιστική ένοπλη οργάνωση, απέρριψε κατηγορίες περί συνεργασίας με την TTP.

Ο BLA δημοσιοποίησε επίσης οπτικό υλικό από επιχειρήσεις που ισχυρίζεται ότι πραγματοποίησαν μέλη του.

Άλλες οργανώσεις των Μπαλούχων προχώρησαν σε ανάλογες κινήσεις, προβάλλοντας τη δράση τους και διατυπώνοντας ισχυρισμούς για δραστηριότητες συλλογής πληροφοριών.

Οι εξελίξεις καταδεικνύουν ότι η σύγκρουση στο Μπαλουχιστάν δεν περιορίζεται στις ένοπλες επιθέσεις, αλλά περιλαμβάνει και έναν παράλληλο αγώνα επιρροής, επικοινωνίας και πολιτικής νομιμοποίησης.

Πολιτική κρίση και αντιτρομοκρατία

Πέρα από την ένοπλη βία, η έκθεση του PICSS επισημαίνει ότι η εσωτερική πολιτική αστάθεια δυσχεραίνει τη διαμόρφωση αποτελεσματικής πολιτικής ασφαλείας.

Η κατάρρευση των διαπραγματεύσεων μεταξύ της κυβέρνησης και του Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), του κόμματος που ίδρυσε ο πρώην πρωθυπουργός Ιμράν Χαν, περιπλέκει τις προσπάθειες συντονισμού στην επαρχία Χάιμπερ Παχτούνχβα.

Η περιοχή αποτελεί ένα από τα σημαντικότερα μέτωπα της δράσης των Πακιστανών Ταλιμπάν, λόγω της εγγύτητάς της με το Αφγανιστάν και της μακρόχρονης παρουσίας ένοπλων δικτύων.

Οι πολιτικές αντιπαραθέσεις μεταξύ κεντρικής κυβέρνησης και αντιπολίτευσης μπορούν να δυσχεράνουν τον συντονισμό, τη διοικητική συνεργασία και τη διαμόρφωση κοινής στρατηγικής για την αντιμετώπιση της τρομοκρατίας.

Το πρόβλημα αποκτά ιδιαίτερη σημασία όταν συνδυάζεται με την ανάγκη προστασίας παραμεθόριων περιοχών και αντιμετώπισης οργανώσεων με διασυνοριακές διασυνδέσεις.

Αφγανιστάν, Ινδία και περιφερειακές αμυντικές συμφωνίες

Οι προκλήσεις που αντιμετωπίζει το Ισλαμαμπάντ δεν περιορίζονται στο εσωτερικό της χώρας.

Οι σχέσεις με το Αφγανιστάν παραμένουν κρίσιμος παράγοντας ασφαλείας, καθώς το Πακιστάν αποδίδει σε ένοπλα δίκτυα που δρουν από αφγανικό έδαφος σημαντικό μέρος των επιθέσεων εναντίον του.

Την ίδια στιγμή, η αντιπαράθεση με την Ινδία εξακολουθεί να επηρεάζει τον στρατηγικό σχεδιασμό των πακιστανικών ενόπλων δυνάμεων.

Στο περιφερειακό περιβάλλον προστίθενται οι νέες αμυντικές διευθετήσεις και οι προσπάθειες του Πακιστάν να διατηρήσει ή να ενισχύσει τις στρατηγικές του συνεργασίες.

Η συνύπαρξη εσωτερικών απειλών, πολιτικής αβεβαιότητας και εξωτερικών δεσμεύσεων δημιουργεί αυξημένες απαιτήσεις για τον στρατιωτικό μηχανισμό και τις υπηρεσίες ασφαλείας.

Οι αριθμοί δεν λένε ολόκληρη την ιστορία

Η εβδομαδιαία έκθεση του PICSS θέτει ένα ουσιαστικό ερώτημα: αποτελεί η μείωση των τρομοκρατικών επιθέσεων ένδειξη βελτίωσης της ασφάλειας ή πρόκειται για προσωρινή υποχώρηση της βίας, ενώ οι οργανώσεις αναπροσαρμόζουν τις τακτικές και τις δομές τους;

Η απάντηση δεν μπορεί να προκύψει αποκλειστικά από την καταμέτρηση των επιθέσεων.

Η χρήση νέων επιχειρησιακών μέσων, οι εσωτερικές διαμάχες, η συγκρότηση νέων ένοπλων σχηματισμών και η αυξημένη προπαγανδιστική δραστηριότητα συνθέτουν μια εικόνα που απαιτεί διαρκή παρακολούθηση.

Άλλωστε, τα στοιχεία του PICSS για ολόκληρο τον Σεπτέμβριο είχαν καταγράψει 225 επιθέσεις, τον υψηλότερο μηνιαίο αριθμό εδώ και δώδεκα χρόνια, γεγονός που αναδεικνύει τη σοβαρότητα της κατάστασης παρά την πρόσφατη εβδομαδιαία υποχώρηση.

Το Πακιστάν βρίσκεται αντιμέτωπο με μια πολυεπίπεδη κρίση ασφαλείας, στην οποία αλληλεπιδρούν τζιχαντιστικές οργανώσεις, αυτονομιστικά κινήματα, πολιτικές αντιπαραθέσεις και περιφερειακοί ανταγωνισμοί.

Η μείωση της συχνότητας των επιθέσεων αποτελεί θετική ένδειξη σε επίπεδο εβδομαδιαίων στατιστικών. Δεν αρκεί, όμως, από μόνη της για να αποδείξει ότι οι απειλές περιορίζονται σε βάθος χρόνου.

Το κρίσιμο ζήτημα για το Ισλαμαμπάντ δεν είναι μόνο πόσες επιθέσεις καταγράφονται, αλλά κατά πόσον το κράτος μπορεί να αντιμετωπίσει τις οργανώσεις που εξακολουθούν να διαθέτουν δυνατότητα στρατολόγησης, προσαρμογής και πραγματοποίησης νέων επιχειρήσεων.

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