Διεθνή
La Russie et l’Europe face au « printemps arabe »
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| En Syrie |
Début janvier 2011, alors que
l’étincelle allumée par les événements de Tunisie commençait à provoquer
les premiers incendies en Égypte, au Yémen et au Bahreïn, un
ambassadeur d’un pays européen me prit à part lors d’une réception
diplomatique et me demanda, en triturant un bouton de ma veste : «
Pourquoi la Tunisie ? ».
Son visage exprimait une perplexité sincère face à la logique perfide
d’une Histoire qui refusait de distinguer les « bons » dictateurs des «
mauvais ». À vrai dire, j’ai moi-même du mal à comprendre, aujourd’hui
encore, pour quelle raison le tsunami qui allait rapidement recouvrir
une bonne moitié du monde arabe est né précisément en Tunisie, un pays
tout à fait pro-occidental et relativement prospère à en juger par ses
principaux indicateurs.
Ce qui nous conduit à une réflexion à première vue banale mais, en
réalité, fondamentale. Le « printemps arabe », rapidement rebaptisé «
automne » puis « hiver » arabe, est un phénomène imprévisible par
nature. Il obéit à ses propres règles, qui échappent parfois à
l’analyse. L’irruption de la démocratie au Proche-Orient a pris tout le
monde par surprise, de la même façon que les fortes chutes de neige
enregistrées à Jérusalem cette année-là. À priori, chacun savait que
cela pouvait se produire ; mais les personnes et organisations
compétentes, y compris les services météorologiques et diplomatiques, se
sont montrées incapables de prédire que des congères allaient
temporairement paralyser toute activité.
En Occident, le « printemps arabe » a été perçu comme une
victoire de la démocratie ; en Russie, comme une victoire de l’Occident
En deux ans, le « printemps arabe » a apporté de nombreuses
surprises. La plus importante d’entre elles, mais pas la seule, est
l’arrivée en force des islamistes sur la scène politique. En Égypte,
déjouant tous les pronostics, ils ont réussi avec une facilité
déconcertante à écarter du pouvoir les militaires et à faire adopter par
référendum une constitution fondée sur la charia. S’ils remportent les
prochaines élections législatives – ce qui est très probable – , il
faudra admettre que les islamistes se sont fermement installés au
pouvoir au Caire, et donc dans le monde arabe dans son ensemble.
Le « printemps arabe » n’a pas suscité la même interprétation à
Moscou et dans les chancelleries occidentales. En Occident, il a été
perçu comme une victoire de la démocratie ; en Russie, comme une
victoire de l’Occident. C’est compréhensible : depuis la fin de la
Guerre froide, l’Occident et la Russie jouent des rôles distincts dans
le processus de reformatage du monde : schématiquement, l’Occident «
démocratise » et la Russie « se fait démocratiser ». D’où des réactions
fort différentes aux événements complexes du « printemps arabe » par
l’éclatement, dans les pays frontaliers, de « révolutions de couleur »
soutenues plus ou moins ouvertement par des forces extérieures. C’est
pourquoi dès mars 2011, après le début de l’intervention armée de l’OTAN
en Libye, la Russie s’est fermement prononcée contre toute tentative
d’imposer la démocratie par la force, y voyant non seulement la
manifestation d’une concurrence déloyale sur les marchés du
Proche-Orient mais aussi une nouvelle illustration des « doubles
standards » qui compromettent le choix démocratique en tant que tel.
Dès les premiers frémissements du « printemps arabe », la Russie a
affirmé que le dialogue était le seul moyen acceptable de régler les
conflits. Plus que cela : avant les excès de la guerre civile en Libye,
la direction (et à fortiori l’opinion publique) russe souhaitait éviter
tout conflit avec l’Occident sur une question aussi délicate que la
transformation démocratique du Proche-Orient. De même que la Chine,
l’Inde, le Brésil et l’Allemagne, la Russie s’est abstenue lors du vote
de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU sur
l’établissement d’une « zone d’exclusion aérienne » en Libye. Mais
l’Amérique étant sur le point d’entrer en campagne électorale, Barack
Obama avait besoin d’un succès rapide et indiscutable au Proche-Orient.
Quant aux Européens, aspirés dans cette situation moralement
contestable, ils ont vu resurgir leurs vieux réflexes colonialistes
datant de la lutte pour le pétrole de la Cyrénaïque. Résultat : la Libye
a eu droit à une guerre civile de grande ampleur doublée d’une
intervention extérieure, et la Russie a dû fermement mettre les points
sur les « i » et faire part de son refus catégorique de voir un
changement de régime se produire suite à une ingérence étrangère.
Les Européens, comme le cas libyen l’a récemment illustré
de manière éclatante, font souvent passer les considérations relatives à
leur responsabilité internationale
Le fait qu’à l’automne 2011 la Russie soit à son tour entrée dans un
cycle électoral a également influé son attitude. Les enjeux de sa
polémique avec l’Occident et avec son opposition intérieure ont
augmenté. Dans un article programmatique intitulé « La Russie est un
monde qui change », Vladimir Poutine commença par rappeller que les
sympathies des citoyens russes allaient à ceux qui luttaient pour des
réformes démocratiques, avant de critiquer avec virulence le soutien
offert par la coalition occidentale à l’une des parties au conflit
libyen. Condamnant le meurtre « même pas moyenâgeux, quasiment
préhistorique, de Kadhafi », il a durement mis en garde l’Occident
contre une « continuation de la déstabilisation du système de sécurité
internationale dans son ensemble » qui, selon lui, ne manquerait pas de
se produire en cas d’ingérence militaire en Syrie sans mandat du Conseil
de sécurité de l’ONU.
Comme on pouvait s’y attendre, cet exposé abrupt de la posture russe,
tout à fait dans l’esprit du « discours de Munich » en 2007, a provoqué
des réactions nerveuses à l’extérieur comme à l’intérieur du pays (de
la part des membres d’obédience libérale de la « classe créative »
russe). La Russie de Poutine, déplorait-on, refusait une fois de plus de
prendre place aux côtés de la communauté démocratique. Il était
pourtant évident que la « Russie de Poutine » n’allait pas se ranger à
des décisions prises sans qu’elle ait eu son mot à dire. Bien sûr, il
serait partiel, voire hypocrite, de présenter le rapport de Moscou au «
printemps arabe » exclusivement comme une réaction aux « doubles
standards » pratiqués par l’Occident. De même que l’Occident, la Russie
s’est très pragmatiquement adaptée à l’évolution de la situation,
cherchant surtout à ne pas perdre prise alors que les événements
s’enchaînaient à grande vitesse. Mais il faut souligner que ce
pragmatisme ne l’a pas empêchée de toujours respecter une hiérarchie
relativement nette de ses objectifs.
- Le niveau global : la Russie détient
une part de responsabilité pour la préservation de la sécurité globale
et régionale du fait de son statut de membre permanent du Conseil de
sécurité de l’ONU et de sa participation au - « Quartet » pour le Proche-Orient et aux négociations « 5+1 » avec l’Iran ;
- Le niveau régional : la Russie
souhaite protéger ses intérêts historiques dans la région et conserver
des relations développées avec les pays arabes et Israël dans les
domaines politique, commercial et économique, militaro-technique,
culturel et humanitaire ; - Le « troisième panier » : la Russie
soutient les réformes démocratiques dans le monde arabe, vues comme un
élément du processus global de la démocratisation des États souverains.
On peut facilement constater que les autres grands acteurs
internationaux – États-Unis, Union européenne, Chine – élaborent eux
aussi leur politique étrangère en fonction de ces mêmes groupes de
priorités, même s’ils les interprètent et les hiérarchisent
différemment. Par exemple, pour les Américains, la démocratie et les
droits de l’homme (le « troisième panier ») sont généralement
prioritaires non seulement par rapport à la souveraineté des États mais
aussi, parfois, par rapport à la responsabilité globale de Washington.
Les Européens, comme le cas libyen l’a récemment illustré de manière
éclatante, font souvent passer les considérations relatives à leur
responsabilité internationale. Aussi paradoxal que cela puisse paraître,
cet impératif de la réflexion géopolitique datant de l’époque
soviétique a poussé les pays occidentaux à considérer notre position
comme relevant de l’obstructionnisme par rapport à leur politique. Sans
doute estimaient-ils qu’eu égard à ses incontestables problèmes
internes, à ses réformes inachevées et à la réduction drastique de sa
présence militaro-stratégique dans le monde, la Russie allait se montrer
plus coopérative. Mais nous avons suivi notre propre voie, refusant de
nous impliquer dans ses actions susceptibles de provoquer des
changements de régime. Moscou a appelé à un respect inconditionnel de la
souveraineté des États, à la non-ingérence et au règlement des conflits
par le dialogue. Cette attitude a été interprétée par les autres
acteurs d’abord comme la résurgence d’une logique néo-impériale, puis –
en Syrie – comme une tentative de conserver à tout prix la mainmise
russe sur le marché de l’armement.
Cependant, c’est grâce à la détermination russe que la situation,
spécialement en Syrie, a pu rester dans les limites de la rationalité.
On peut même prendre le risque d’affirmer que l’ « opposition
constructive » incarnée par la Russie et la Chine a apporté une qualité
nouvelle aux interactions collectives dans les affaires de la région.
Les débats du Conseil de sécurité et les polémiques avec les
représentants de diverses fractions de l’opposition syrienne ont
constitué autant de pas concrets faits dans la direction d’une
démocratisation des relations internationales.
Puisqu’ils font des interprétations différentes des problèmes qui
surgissent au fur et à mesure du déroulement du « printemps arabe », les
acteurs extérieurs agissent toujours séparément – et, le plus souvent,
en se faisant concurrence. Non seulement ce manque de coordination
complique et repousse le règlement des conflits mais, en plus, crée un
contexte favorable à la montée en puissance des extrémistes de tout poil
– des djihadistes rejetant les valeurs de la « civilisation occidentale
corrompue » aux activistes d’Al-Qaïda, désireux d’instaurer un califat
islamique mondial.
Prenons le cas de la Syrie. Dans ce pays, c’est la « classe créative »
qui s’oppose politiquement au régime de Bachar el-Assad, mais les
opérations militaires sont conduites par un conglomérat hétéroclite
dominé par les islamistes. Dans le contexte extrêmement tendu de la
guerre civile, Assad avait paru satisfaire les exigences de l’opposition
concernant la démocratisation du pays, et avait clairement indiqué
qu’il était prêt à entamer un dialogue de grande ampleur fondé sur la
plate-forme définie dans le communiqué de Genève. Mais étant donné la
force d’inertie de la lutte armée en Syrie et l’entrelacement des
intérêts des islamistes des pays voisins, on ne voit guère poindre à
l’horizon un règlement de crise centré sur la préservation de la
sécurité régionale et mondiale.
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| Lutte armée en Syrie |
Par quels facteurs l’expliquer ? Peut-être par le fait que ceux qui
instrumentalisent la démocratie et les droits de l’homme à des fins
politiques refusent d’attribuer le rôle du « pécheur repenti » à Assad,
de même qu’à d’autres symboles du passé soviétique. Peut-être, plus
simplement, par le fait que l’opposition syrienne – qui considère dans
sa majorité les slogans démocratiques comme rien de plus qu’une
obligation conjonctuelle – joue efficacement des divergences existant
entre les acteurs extérieurs…
Si ces questions paraissent tout à fait rhétoriques, leurs enjeux
sont cependant cruciaux. Après avoir patiné en Libye, le « printemps
arabe » s’est retrouvé, en Syrie, à la croisée des chemins. Il est
évident que la suite des événements dépend largement de la façon dont le
conflit sera réglé dans ce pays clé. Se dirige-t-on vers un scénario
« yéménite », ouvrant la voie à un changement de régime dans la douceur,
ou va-t-on assister à la répétition du modèle libyen, qui s’est
accompagné, entre autres, de l’assassinat de l’ambassadeur américain à
Tripoli et d’une « piste libyenne » dans la prise d’otages perpétrée par
des islamistes maliens en Algérie ?
Une chose est sûre : le renversement d’Assad (avec la participation
directe ou indirecte de forces étrangères) faciliterait sensiblement la
tâche des extrémistes qui aspirent à une « talibanisation » du
Proche-Orient. Inversement, l’absence d’ingérence étrangère dans les
affaires syriennes contribuerait au maintien de la situation dans le
champ du droit international et pourrait permettre de rationaliser la
transition de la région de l’autoritarisme à la démocratie.
Mais pour faire la bon choix, les acteurs extérieurs doivent repenser
fondamentalement leur approche des événements se produisant dans le
cadre du « printemps arabe ». Il est impératif d’élaborer un programme
collectif constructif visant à résoudre les problèmes stratégiques, au
premier rang desquels les deux principales menaces susceptibles à court
terme non seulement de déstabiliser la situation au Grand Moyen-Orient
mais aussi d’en faire l’épicentre d’un conflit de civilisations.
Voici les buts qui doivent absolument être atteints.
La probabilité de l’emploi de la force contre le « régime des
ayatollahs » augmente chaque jour. À l’automne dernier, le Premier
ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré, à la tribune de
l’Assemblée générale de l’ONU, que le programme nucléaire iranien
atteindrait le « point de non-retour » au printemps 2013, et prévenu que
si les ambitions nucléaires de Téhéran n’étaient pas rapidement
contenues, Israël se réservait le droit d’agir seul. Il ne s’agit pas
d’une rodomontade rhétorique, mais d’un avertissement très clair, lancé
au plus haut niveau possible.
L’affaiblissement de la droite israélienne à la suite des élections
législatives de janvier a réduit le risque du recours à la force contre
l’Iran, mais n’a pas suffi à le faire disparaître.
Une chose est sûre : le renversement d’Assad (avec la
participation directe ou indirecte de forces étrangères) faciliterait
sensiblement la tâche des extrémistes qui aspirent à une «
talibanisation » du Proche-Orient
On peut s’étonner de voir un État nucléaire n’ayant pas signé le TNP
menacer un État qui, lui, est partie au TNP et dont les sites se
trouvent sous le contrôle de l’AIEA. Mais pour être irrationnelle, la
situation n’en est pas moins dangereuse. Il apparaît clairement que les
Iraniens ont l’intention de conduire leur programme nucléaire jusqu’à «
minuit moins cinq ». À leurs yeux, c’est le seul moyen de garantir leur
souveraineté. Or Israël n’est pas prêt à coexister avec un Iran
nucléaire – un pays dont les dirigeants ont à de multiples reprises
appelé à la destruction de l’État hébreu. Résultat : la confrontation
israélo-iranienne constitue un sujet de préoccupation de premier ordre
pour le monde entier. Une déflagration risquerait de provoquer une
réaction en chaîne et une explosion majeure.
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| Les États-Unis et l’Union européenne ont adopté des sanctions contre l’Iran |
Les États-Unis et l’Union européenne ont adopté contre l’Iran des
sanctions sans précédent, qui ont déjà commencé à produire leur effet (à
la fin de l’année 2012, les exportations de pétrole de Téhéran avaient
chuté de 40%). Mais jusqu’à présent, cette ligne n’a apporté aucun
résultat politique. La combinaison des sanctions et de la menace d’une
frappe sur les sites nucléaires n’a fait que rassembler les Iraniens
autour du régime. De plus, dans cette guerre des nerfs, il arrive que
les Iraniens prennent le dessus sur leurs adversaires, grâce au large
soutien dont leur droit à l’atome bénéficie au sein du monde musulman et
du Mouvement des non-alignés (une instance dont l’Iran a pris la
présidence en 2012).
La situation paraît bloquée. Trop d’ambiguïtés, certaines
constructives, d’autres beaucoup moins, se sont accumulées dans le
domaine de la dissuasion, si bien qu’il paraît impossible d’espérer
résoudre dans ce cadre le probème posé par le programme nucléaire
iranien.
Il faut également tenir compte des changements qui semblent
s’annoncer dans l’équilibre des forces au Proche-Orient, liés, entre
autres, à l’activisme régional de l’Arabie saoudite et des pays du Golfe
persique, où les positions anti-iraniennes et anti-chiites sont
traditionellement fortes. Ce facteur engendre des manœuvres dangereuses
et à courte vue, reposant sur le calcul que les sunnites pourraient
soutenir le recours à la force contre l’Iran. Il s’agit d’une illusion
inquiétante mais tout à fait caractéristique d’une perception
superficielle qui s’est formée autour de l’Iran.
Pour conserver la situation sous contrôle, une approche double
s’impose : il convient, parallèlement aux négociations « 5 + 1 »
(auxquelles on pourrait convier la Turquie ou un représentant de la
Ligue arabe), d’élaborer une position commune résolument opposée à un
règlement du problème par la force ; il faut aussi, dans le même temps,
fournir à Israël comme à l’Iran des garanties internationales visant à
apaiser leurs craintes. On pourrait, de cette façon, obtenir davantage
de temps pour élaborer un règlement définitif des questions posées par
la prolifération nucléaire au Proche-Orient, conformément aux exigences
du TNP.
C’est le deuxième problème le plus important de la région. Là aussi,
des actions immédiates des pays de la zone et de la communauté
internationale s’imposent. Les islamistes parvenus au pouvoir grâce au «
printemps arabe » vont-ils respecter les accords de paix que leurs
prédécesseurs ont passés avec Israël, y compris les arrangements
informels ? C’est une question essentielle. Le problème palestinien se
trouve au coeur de la conscience nationale des Arabes en général et
spécialement des groupes et partis islamistes. Sa résolution est vue
comme un objectif commun à toute la nation arabe, susceptible sous
certaines conditions d’unir le monde arabe – sunnite et chiite – autour
de l’hostilité envers Israël. Il y a là une menace réelle, même si elle
n’est peut-être pas immédiate. Mais l’évolution du positionnement des
Arabes vis-à-vis du dossier israélo-palestinien constituera également un
révélateur de la capacité de la région à évoluer vers une communauté de
nations démocratiques. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les
processus enclenchés par le « printemps arabe » sont susceptibles
d’aboutir à une résolution heureuse de ce conflit. Citons la fin
relativement rapide, et obtenue sans qu’aucune partie ne perde face, de
l’opération « Pilier de défense », grâce à une médiation efficace de
l’Égypte islamiste ; la tendance à l’adoucissement du blocus de la bande
de Gaza, où le leader du Hamas Khaled Mechaal a pu effectuer une visite
pour la première fois ; ou encore la réaction plutôt pondérée d’Israël à
l’attribution à la Palestine du statut d’État observateur auprès de
l’ONU.
Le problème palestinien se trouve au cœur de la
conscience nationale des Arabes en général et spécialement des groupes
et partis islamistes
Globalement, il semble que des mécanismes jusqu’alors dissimulés aux
regards indiscrets ont été actionnés. La nouvelle administration Obama
envoie des signaux encourageants ; les Français s’apprêtent, à présent
que les élections législatives israéliennes sont passées, à rendre
publique leur propre initiative pour le Proche-Orient ; en Israël même,
Ehoud Barak, Shaul Mofaz et, tout récemment, Tzipi Livni ont appelé à un
déblocage rapide du processus de paix.
Bien entendu, cela ne signifie pas que le nouveau cabinet Nétanyahou
infléchira l’approche radicale du précédent gouvernement de droite à
l’égard de la question des constructions de logements dans les
implantations – une question qui bloque toute relance des négociations
israélo-palestiniennes. Mais, historiquement, les grandes percées du
processus de paix au Proche-Orient (le voyage de Sadate à Jérusalem, les
accords d’Oslo) ont toujours paru surgir de nulle part, de façon
absolument inattendue – en tout cas, pour le grand public. En réalité,
ces progrès sont, chaque fois, venus couronner un travail discret de
longue haleine mené par des experts et des dirigeants politiques ayant
bien saisi l’air du temps.
La situation actuelle est comparable. Le nouveau statut de la
Palestine pose la question des frontières de l’État palestinien. D’un
point de vue politique, continuer d’aller de l’avant est la seule option
possible, car en l’absence de progrès dans le processus de discussion
israélo-palestinien, la région risque fort de connaître une nouvelle
phase de radicalisation. Certaines conditions subjectives sont également
réunies : le match nul politique par lequel s’est achevée l’opération «
Pilier de défense » rappelle fort la situation qui prévalait après la
guerre de 1973, dont Kissinger a brillamment tiré profit pour lancer un
processus qui finit par aboutir aux accords de Camp David et à un traité
de paix entre Israël et l’Égypte.
Pour résumer, la diplomatie a une chance réelle de l’emporter au
Proche-Orient, à condition que les puissances régionales se consacrent
ensemble à la recherche d’une solution. L’objectif principal aujourd’hui
consiste à mettre en évidence les paramètres d’une entente potentielle.
La Ligue arabe s’est dite prête à passer un accord avec l’État hébreu
sur la base de l’initiative saoudienne, dont il faut souligner qu’Israël
ne l’a pas rejetée en bloc. Pour les Palestiniens (y compris le Hamas),
il est fondamental de faire en sorte que leur État dispose de
frontières légitimes. Dans ce contexte, on ne peut pas exclure que le
nouveau cabinet israélien juge qu’il est dans son intérêt de chercher à
élaborer un accord sur les frontières en échange de garanties de
sécurité de la part des Palestiniens et du monde arabe dans son
ensemble.
Le document de base pour des négociations selon la formule « la paix
en échange des terroristes » existe déjà. Il s’agit de la « feuille de
route » de 2003, amendée de façon à intégrer l’ « évolution de la
situation sur le terrain » et, possiblement, l’initiative de paix
saoudienne. Il existe également une instance de négociation créée suite à
l’élaboration de la « feuille de route » : le Quartet international,
auquel il serait logique d’intégrer plusieurs puissances régionales
comme l’Égypte, l’Arabie saoudite et la Turquie. Ce Quartet élargi
pourrait également fournir un cadre à la discussion sur le statut
définitif de Jérusalem, le droit au retour ou les questions de sécurité.
Une seule réserve : pour qu’un scénario aussi optimiste voie le jour,
il est nécessaire que les acteurs régionaux et internationaux procèdent
à une transformation radicale de leur approche et se réorientent vers
des objectifs généraux, au premier rang desquels l’incorporation
harmonieuse et organique du Proche-Orient dans la communauté mondiale
des nations démocratiques.
Car l’ère du bon sens doit bien finir par survenir un jour dans cette
région. Quand allons-nous comprendre que cette contrée qui a tant
souffert peut et doit passer d’une zone d’hostilité et de conflit à une
plate-forme de construction d’un monde plus juste et plus sûr ? Car
l’autre terme de l’alternative est connu : c’est le conflit des
civilisations. Le virus du djihadisme a déjà sa tâche destructrice.
Seuls les efforts communs permettront de l’arrêter. Viribus unitis.
Piotr Stegni, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, membre du Conseil russe pour les affaires internationales (RSMD)
Le Courrier de Russie
Διεθνή
Ο πρώην επικεφαλής της γερμανικής υπηρεσίας πληροφοριών August Hanning ύποπτος για κατασκοπεία υπέρ του Αζερμπαϊτζάν – Der Spiegel
Η ομοσπονδιακή εισαγγελία ανακοίνωσε τις κατηγορίες σε βάρος του, χωρίς να διευκρινίσει ποιες ξένες χώρες ή υπηρεσίες φέρονται να εμπλέκονται.
Από την εφημερίδα Αζάτ Ορ
Ο πρώην επικεφαλής της γερμανικής Ομοσπονδιακής Υπηρεσίας Πληροφοριών (BND), August Hanning, συνελήφθη την Τρίτη, αντιμετωπίζοντας κατηγορίες για κατασκοπεία, εσχάτη προδοσία και συνεργασία με ξένες υπηρεσίες πληροφοριών, σύμφωνα με το AFP.
Ο Hanning ηγήθηκε της BND από το 1998 έως το 2005. Η ομοσπονδιακή εισαγγελία ανακοίνωσε τις κατηγορίες σε βάρος του, χωρίς να διευκρινίσει ποιες ξένες χώρες ή υπηρεσίες φέρονται να εμπλέκονται. Ωστόσο, σύμφωνα με δημοσίευμα του γερμανικού περιοδικού Der Spiegel, το οποίο επικαλείται ανώνυμες πηγές, ο Hanning είχε επαφές με στέλεχος των υπηρεσιών πληροφοριών του Αζερμπαϊτζάν.
Μαζί του συνελήφθη ο πρώην διευθυντής του γραφείου του, Manfred D., ο οποίος παρέμεινε στην υπηρεσία πληροφοριών έως τον Μάρτιο του 2026. Κατηγορείται ότι, κατά την εργασία του για τους διαδόχους του Hanning, απέκτησε απόρρητες πληροφορίες και τις παρέδωσε στον πρώην προϊστάμενό του έναντι αμοιβής.
Μετά την αποχώρησή του από την BND, ο Hanning δραστηριοποιήθηκε ως σύμβουλος στον ιδιωτικό τομέα. Σύμφωνα με τις εισαγγελικές αρχές, η δραστηριότητά του φέρεται να περιλάμβανε την προετοιμασία ενημερωτικού φακέλου για λογαριασμό ξένης υπηρεσίας πληροφοριών, καθώς και τη διαβίβαση πληροφοριών σε πράκτορα άλλης ξένης υπηρεσίας.
Όπως αναφέρει το Der Spiegel, ο συγκεκριμένος φάκελος είχε συνταχθεί για πράκτορα των υπηρεσιών πληροφοριών του Αζερμπαϊτζάν. Οι κατηγορίες δεν συνιστούν απόδειξη ενοχής, ενώ η εσχάτη προδοσία στη Γερμανία μπορεί να επισύρει ποινή ισόβιας κάθειρξης.
Η υπόθεση έρχεται στο προσκήνιο λίγες εβδομάδες μετά την έγκριση από τη γερμανική κυβέρνηση ευρείας μεταρρύθμισης των υπηρεσιών πληροφοριών, η οποία προβλέπει την ενίσχυση των αρμοδιοτήτων τους, μεταξύ άλλων και για τη διεξαγωγή μυστικών επιχειρήσεων.
GEOPOLITICO
Τραμπ: Καμία επίθεση στο Ιράν πριν από τις εκλογές – Το μεγάλο παζάρι για τα Στενά του Ορμούζ
Νέο διπλωματικό παράθυρο ανοίγει στις σχέσεις Ηνωμένων Πολιτειών–Ιράν, μετά τη δήλωση του Ντόναλντ Τραμπ ότι η Ουάσιγκτον δεν πρόκειται να πραγματοποιήσει νέα στρατιωτική επίθεση πριν από τις ενδιάμεσες αμερικανικές εκλογές της 3ης Νοεμβρίου. Ο Αμερικανός πρόεδρος κάνει λόγο για παραγωγικές συνομιλίες με την Τεχεράνη, ενώ η ασφαλής επαναλειτουργία των Στενών του Ορμούζ βρίσκεται στο επίκεντρο των διαπραγματεύσεων. Την ίδια στιγμή, οι ΗΠΑ αυξάνουν την οικονομική πίεση με νέες κυρώσεις στον ιρανικό σκιώδη στόλο.
Σημαντική μεταβολή στον χρονικό ορίζοντα της αμερικανικής στρατιωτικής πολιτικής απέναντι στο Ιράν σηματοδοτούν οι τελευταίες δηλώσεις του προέδρου των Ηνωμένων Πολιτειών Ντόναλντ Τραμπ.
Σύμφωνα με το Reuters, στις 8 Οκτωβρίου 2026, ο Αμερικανός πρόεδρος ανακοίνωσε ότι δεν προτίθεται να διατάξει νέες στρατιωτικές επιθέσεις εναντίον του Ιράν πριν από τις ενδιάμεσες εκλογές για το Κογκρέσο, που είναι προγραμματισμένες για τις 3 Νοεμβρίου.
Παράλληλα, ανέφερε ότι βρίσκονται σε εξέλιξη παραγωγικές διαπραγματεύσεις μεταξύ Ουάσιγκτον και Τεχεράνης, παρά τις σημαντικές διαφωνίες που εξακολουθούν να χωρίζουν τις δύο πλευρές.
Στο επίκεντρο τα Στενά του Ορμούζ
Ένα από τα σημαντικότερα αντικείμενα των συνομιλιών αποτελεί η αποκατάσταση της ασφαλούς ναυσιπλοΐας στα Στενά του Ορμούζ.
Η συγκεκριμένη θαλάσσια αρτηρία συνδέει τον Περσικό Κόλπο με τις διεθνείς αγορές και διαδραματίζει καθοριστικό ρόλο στη μεταφορά πετρελαίου και υγροποιημένου φυσικού αερίου.
Οι διαταραχές στη ναυσιπλοΐα έχουν προκαλέσει αυξημένη αβεβαιότητα στην παγκόσμια ενεργειακή αγορά, επηρεάζοντας τις τιμές των καυσίμων και το κόστος μεταφορών.
Οι δύο πλευρές έχουν ανταλλάξει προτάσεις για τον περιορισμό της έντασης και την επαναλειτουργία της κρίσιμης θαλάσσιας διαδρομής.
Ωστόσο, σύμφωνα με το Reuters, ο Τραμπ απέρριψε την τελευταία ιρανική πρόταση, στοιχείο που καταδεικνύει ότι οι συνομιλίες δεν έχουν ακόμη οδηγήσει σε ουσιαστική συμφωνία.
Το πυρηνικό πρόγραμμα παραμένει αγκάθι
Πέρα από το ζήτημα της ναυσιπλοΐας, σοβαρές διαφορές καταγράφονται και γύρω από το ιρανικό πυρηνικό πρόγραμμα.
Η Τεχεράνη επιμένει στο δικαίωμά της να συνεχίσει τον εμπλουτισμό ουρανίου και να διατηρήσει πυρηνικό υλικό, ενώ η αμερικανική πλευρά ζητεί ουσιαστικούς περιορισμούς.
Οι διαφωνίες αυτές δυσχεραίνουν τη διαμόρφωση μιας ευρύτερης συμφωνίας ασφάλειας.
Η Ουάσιγκτον αντιμετωπίζει το ιρανικό πυρηνικό πρόγραμμα ως σημαντική απειλή, ενώ το Ιράν απορρίπτει τις κατηγορίες ότι επιδιώκει να αποκτήσει πυρηνικά όπλα.
Η επίτευξη συμφωνίας προϋποθέτει επομένως διευθετήσεις τόσο στο ζήτημα των πυρηνικών δραστηριοτήτων όσο και στο πλαίσιο των περιφερειακών εγγυήσεων ασφαλείας.
Νέες κυρώσεις σε 17 πλοία του σκιώδους στόλου
Παρά τις διπλωματικές επαφές, η αμερικανική κυβέρνηση εντείνει την οικονομική πίεση στην Τεχεράνη.
Στις 8 Οκτωβρίου, το αμερικανικό υπουργείο Οικονομικών ανακοίνωσε νέες κυρώσεις εναντίον δικτύων μεταφοράς ιρανικού πετρελαίου και πετροχημικών προϊόντων.
Στο πακέτο περιλαμβάνονται 17 πλοία που οι αμερικανικές αρχές συνδέουν με τη λειτουργία του λεγόμενου σκιώδους στόλου του Ιράν.
Στόχος των κυρώσεων είναι ο περιορισμός των οικονομικών πόρων που, σύμφωνα με την Ουάσιγκτον, χρησιμοποιούνται για τη χρηματοδότηση στρατιωτικών δραστηριοτήτων, πυραυλικών προγραμμάτων και οργανισμών που συνδέονται με τους Φρουρούς της Επανάστασης.
Η ταυτόχρονη χρήση διπλωματίας και κυρώσεων αναδεικνύει τη διττή αμερικανική προσέγγιση: αναζήτηση συμφωνίας από τη μία πλευρά, διατήρηση ισχυρών μοχλών πίεσης από την άλλη.
Το πετρέλαιο αντιδρά στις δηλώσεις Τραμπ
Οι αναφορές του Αμερικανού προέδρου σε διαπραγματεύσεις και αποφυγή νέας στρατιωτικής δράσης συνέβαλαν στη μείωση των τιμών του πετρελαίου κατά την πρωινή συνεδρίαση της 9ης Οκτωβρίου.
Σύμφωνα με το Reuters, το Brent υποχώρησε κοντά στα 103 δολάρια το βαρέλι, καθώς οι αγορές αξιολόγησαν θετικά το ενδεχόμενο περιορισμού της στρατιωτικής έντασης.
Η αποκλιμάκωση, ωστόσο, παραμένει εύθραυστη. Οι πολεμικές επιχειρήσεις στην Υεμένη, η αστάθεια στον Περσικό Κόλπο και οι κίνδυνοι για τις ενεργειακές εγκαταστάσεις εξακολουθούν να δημιουργούν σοβαρές πιέσεις.
Η εσωτερική πολιτική διάσταση στις ΗΠΑ
Η ανακοίνωση Τραμπ πραγματοποιείται λιγότερο από έναν μήνα πριν από τις ενδιάμεσες αμερικανικές εκλογές.
Η αύξηση των τιμών της ενέργειας και το οικονομικό κόστος της αντιπαράθεσης με το Ιράν έχουν καταστεί σημαντικά ζητήματα στην εσωτερική πολιτική συζήτηση.
Σύμφωνα με δημοσκόπηση Reuters/Ipsos που επικαλείται το πρακτορείο, το 60% των ερωτηθέντων αποδοκιμάζει τον χειρισμό της κατάστασης από τον Τραμπ.
Η χρονική σύμπτωση της διπλωματικής πρωτοβουλίας με την εκλογική περίοδο προσδίδει πρόσθετη πολιτική διάσταση στις εξελίξεις, χωρίς να αρκεί για να τεκμηριώσει ότι η συγκεκριμένη απόφαση υπαγορεύτηκε αποκλειστικά από εκλογικούς υπολογισμούς.
Η Μέση Ανατολή σε κρίσιμο σταυροδρόμι
Η πιθανότητα περιορισμού της αμερικανοϊρανικής αντιπαράθεσης θα μπορούσε να επηρεάσει σημαντικά τις ευρύτερες γεωπολιτικές ισορροπίες.
Μια συμφωνία για τα Στενά του Ορμούζ θα συνέβαλλε στη βελτίωση της ασφάλειας των ενεργειακών μεταφορών, ενώ ενδεχόμενη αποτυχία των συνομιλιών θα διατηρούσε τον κίνδυνο νέας κλιμάκωσης.
Το ερώτημα είναι εάν το χρονικό περιθώριο που δημιουργεί η αμερικανική απόφαση θα αξιοποιηθεί για ουσιαστικές διαπραγματεύσεις ή εάν η σύγκρουση θα εισέλθει σε νέα φάση μετά τις εκλογές.
Η αποφυγή άμεσης στρατιωτικής δράσης δεν ισοδυναμεί με ειρηνευτική συμφωνία. Το κρίσιμο στοιχείο θα είναι η επίτευξη συγκεκριμένων δεσμεύσεων για τη ναυσιπλοΐα, το πυρηνικό πρόγραμμα και την περιφερειακή ασφάλεια.
Αναλύσεις
Financial Times: Ενεργοποιείται η αμυντική συμμαχία Τουρκίας–Πακιστάν–Σαουδικής Αραβίας! Ο πόλεμος στην Υεμένη αλλάζει τις ισορροπίες
Σε φάση επιχειρησιακής ενεργοποίησης περνά η τριμερής αμυντική συμφωνία Τουρκίας, Πακιστάν και Σαουδικής Αραβίας, σύμφωνα με τους Financial Times. Η κλιμάκωση των επιθέσεων των Χούθι κατά σαουδαραβικών στόχων κινητοποιεί τον νέο μηχανισμό συλλογικής άμυνας, με την Άγκυρα να εξετάζει συνδρομή σε αεράμυνα και ηλεκτρονικό πόλεμο. Ο Χακάν Φιντάν αποκλείει, προς το παρόν, την τουρκική συμμετοχή σε επιθετικές στρατιωτικές επιχειρήσεις στην Υεμένη.
Νέα δεδομένα στην αρχιτεκτονική ασφαλείας της Μέσης Ανατολής δημιουργεί η ενεργοποίηση της αμυντικής συμφωνίας που συνδέει την Τουρκία, το Πακιστάν και τη Σαουδική Αραβία.
Σύμφωνα με δημοσίευμα των Financial Times της 7ης Οκτωβρίου 2026, οι τρεις χώρες ενεργοποίησαν για πρώτη φορά τον μηχανισμό αμοιβαίας άμυνας που συμφωνήθηκε τον Αύγουστο, μετά την κλιμάκωση των επιθέσεων εναντίον σαουδαραβικών στόχων.
Η συμφωνία, γνωστή ως Mecca Joint Defence Agreement, προβλέπει ότι επίθεση εναντίον ενός εκ των συμμετεχόντων μπορεί να αντιμετωπιστεί ως επίθεση εναντίον όλων.
Η διατύπωση αυτή παραπέμπει στη λογική της συλλογικής άμυνας που εφαρμόζει το ΝΑΤΟ, χωρίς όμως να σημαίνει ότι ο νέος μηχανισμός διαθέτει την ίδια οργανωτική δομή και τις ίδιες επιχειρησιακές δυνατότητες.
Η Σαουδική Αραβία ζητά ενίσχυση της άμυνάς της
Οι επιθέσεις των Χούθι κατά αεροδρομίων, στρατιωτικών εγκαταστάσεων και άλλων υποδομών της Σαουδικής Αραβίας έχουν αυξήσει την ανάγκη προστασίας κρίσιμων στόχων.
Το Ριάντ επιχειρεί να περιορίσει την απειλή των πυραύλων και των μη επανδρωμένων αεροσκαφών, διατηρώντας παράλληλα την υποστήριξή του στις δυνάμεις της διεθνώς αναγνωρισμένης κυβέρνησης της Υεμένης.
Η νέα τριμερής συμφωνία προσφέρει στη Σαουδική Αραβία ένα πρόσθετο πλαίσιο στρατιωτικής συνεργασίας, πέρα από τις παραδοσιακές αμυντικές σχέσεις της με τις Ηνωμένες Πολιτείες και άλλες δυτικές χώρες.
Φιντάν: Αμυντική υποστήριξη, όχι επιθετικές επιχειρήσεις
Ο Τούρκος υπουργός Εξωτερικών Χακάν Φιντάν διευκρίνισε, σύμφωνα με το Reuters, ότι η Άγκυρα εξετάζει τρόπους συνδρομής στην άμυνα της Σαουδικής Αραβίας, αλλά δεν σχεδιάζει συμμετοχή τουρκικών στρατευμάτων σε επιθετικές επιχειρήσεις εναντίον των Χούθι.
Η πιθανή τουρκική συμβολή επικεντρώνεται σε τεχνική υποστήριξη, συστήματα αεράμυνας και δυνατότητες ηλεκτρονικού πολέμου.
Παράλληλα, εξετάζεται συνεργασία για την ασφάλεια της ναυσιπλοΐας στην Ερυθρά Θάλασσα, η οποία έχει αποκτήσει ιδιαίτερη σημασία λόγω των επιθέσεων σε εμπορικά πλοία και της έντασης γύρω από τα Στενά Μπαμπ ελ Μαντέμπ.
Σημειώνεται ότι η πλήρης κοινοβουλευτική επικύρωση της συμφωνίας από την Τουρκία παραμένει σε εκκρεμότητα. Συνεπώς, πρέπει να διακρίνεται η πολιτική ενεργοποίηση του μηχανισμού από την πραγματική ανάπτυξη στρατιωτικών δυνάμεων.
Ο στρατιωτικός ρόλος του Πακιστάν
Το Πακιστάν διαθέτει μακροχρόνιους δεσμούς στρατιωτικής συνεργασίας με τη Σαουδική Αραβία και σημαντικές δυνατότητες σε προσωπικό, αεροπορικά μέσα και στρατιωτική εκπαίδευση.
Η συμμετοχή του στη νέα τριμερή συμφωνία προσδίδει πρόσθετο βάρος στον μηχανισμό ασφαλείας που επιδιώκει να αναπτύξει το Ριάντ.
Οι Financial Times αναφέρουν ότι το Ισλαμαμπάν είχε ήδη αναπτύξει αεροπορικά μέσα στη Σαουδική Αραβία τον Απρίλιο, αλλά οι πλήρεις επιχειρησιακές λεπτομέρειες της τρέχουσας συνδρομής δεν έχουν δημοσιοποιηθεί.
Επομένως, οι αναφορές περί άμεσης πακιστανικής συμμετοχής σε συγκεκριμένους βομβαρδισμούς της Υεμένης δεν πρέπει να θεωρούνται επιβεβαιωμένες χωρίς πρόσθετα στοιχεία.
Η Τουρκία επιδιώκει μεγαλύτερο ρόλο στον Κόλπο
Η συμμετοχή της Άγκυρας στον τριμερή μηχανισμό αντανακλά την προσπάθειά της να ενισχύσει την παρουσία της στις δομές ασφαλείας του Κόλπου.
Η Τουρκία διαθέτει σημαντική αμυντική βιομηχανία, εμπειρία στην ανάπτυξη μη επανδρωμένων συστημάτων και τεχνογνωσία στον ηλεκτρονικό πόλεμο.
Για τη Σαουδική Αραβία, αυτές οι δυνατότητες μπορούν να αποτελέσουν χρήσιμη συμπληρωματική υποστήριξη στην αντιμετώπιση πυραυλικών επιθέσεων και επιθέσεων με drones.
Παράλληλα, η συνεργασία με το Πακιστάν διευρύνει το γεωγραφικό αποτύπωμα του νέου αμυντικού σχήματος, συνδέοντας τη Μέση Ανατολή με τη Νότια Ασία.
Νέα περιφερειακή εξίσωση
Η ενεργοποίηση της συμφωνίας συνιστά αξιοσημείωτη εξέλιξη, καθώς τρεις μεγάλες περιφερειακές δυνάμεις επιχειρούν να αναπτύξουν έναν κοινό μηχανισμό αντιμετώπισης απειλών.
Το εγχείρημα, ωστόσο, βρίσκεται ακόμη σε πρώιμο στάδιο.
Η πραγματική αποτελεσματικότητά του θα κριθεί από τον επιχειρησιακό συντονισμό, τις δυνατότητες ταχείας ανάπτυξης μέσων, την πολιτική βούληση των συμμετεχόντων και την ικανότητα αποτροπής νέων επιθέσεων.
Η εξέλιξη παρουσιάζει ενδιαφέρον και για την Ελλάδα, καθώς η ενίσχυση του στρατιωτικού αποτυπώματος της Τουρκίας στον Κόλπο μπορεί να επηρεάσει τις ευρύτερες περιφερειακές συνεργασίες και τις ισορροπίες στην Ανατολική Μεσόγειο.
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