10 février, c’est au tour de Massoud Barzani, le chef du parti
démocratique du Kurdistan, d’être reçu par François Hollande. Ce
responsable de l’une des deux principales composantes politiques du
gouvernement régional du Kurdistan, région quasi autonome de l’Irak,
succède ainsi aux représentants du principal parti kurde de Syrie, le
PYD (Parti de l’Union démocratique) dirigé par Saleh Muslim, qui avaient
eux aussi monté les marches de l’Élysée, dimanche 8 février.
> À lire : Les Kurdes d’Irak veulent un référendum d’indépendance
Massoud
Barzani, 69 ans, est le fils de Mustapha Barzani, chef historique du
mouvement national kurde en Irak. Il est né à Mahabad, en Iran, à
l’époque de l’éphémère République de Mahabad, alors que son père y
occupait le poste de général en chef.
Un leader incontournable
À
la tête du gouvernement régional du Kurdistan, il s’est imposé comme un
des leaders incontournables de la région. Son territoire dispose
désormais d’une quasi-autonomie par rapport à la capitale Bagdad depuis
1991.
L’irruption de Daech dans la province frontalière du
Kurdistan, à Mossoul et dans la province de Ninive l’été dernier, a
obligé les Peshmergas (combattants) kurdes à intervenir militairement
pour repousser les combattants islamistes en épaulant une armée
irakienne incapable de relever le défi.
Massoud Barzani y a gagné
d’obtenir de fait la souveraineté sur des territoires longtemps disputés
avec Bagdad comme Kirkouk et ses riches gisements pétroliers.
Les Peshmergas en première ligne
Ses
combattants, soutenus par la coalition internationale conduite par les
États-Unis, ont repris ces derniers jours un cinquième du territoire aux
djihadistes dans le nord de l’Irak, près de la ville stratégique de
Mossoul, selon des informations publiées par l’armée américaine.
Le mythe de Daech vaincu
S’exprimant
samedi 7 février, à Munich à la conférence sur la sécurité, Massoud
Barzani a déclaré que « même si Daech n’a pas encore été éradiqué, les
Peshmergas kurdes ont réussi à vaincre le mythe de Daech ».
Il est
sûr que Massoud Barzani a l’intention de demander des compensations le
moment venu. Absent récemment d’une réunion de la coalition
internationale à Londres où il n’avait pas été invité, il a regretté que
« le peuple du Kurdistan se sacrifie et que le crédit aille à
d’autres ».
Dans un entretien à Al Hayat, quotidien arabe publié à
Londres, publié samedi 7 février, il a lancé un avertissement au
premier ministre irakien, Haïdar al-Abadi. Pour que le Kurdistan demeure
au sein de l’Irak, le pays doit adopter « un autre système de gouvernance », a-t-il déclaré.
« Les frontières du Proche-Orient sont en train d’être redessinées par
les armes et dans le sang, Haïdar al-Abadi a entre ses mains la dernière
chance de sauver l’unité de l’Irak. »


