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Philhellénisme religieux et mobilisation des Français pendant la révolution grecque de 1821-1827

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Frédérique Tabaki-Iona*
Le siège de Tripolizza. Gravure de Panagiotis Zografos pour les Mémoires de Yánnis Makriyánnis.

De 1821 à 1827, la Grèce
lutte pour renverser le joug ottoman imposé depuis quatre siècles.
L’opinion française se mobilise pour que les puissances européennes
s’opposent à la répression turque, mais se heurte aux politiques
monarchiques et catholiques officielles. Un fort mouvement religieux
associé à d’autres courants (libéral, romantique) anime ce
philhellénisme et obtient l’intervention militaire. Une opinion publique
européenne s’affirme avec cette victoire.

Texte intégral en libre accès disponible depuis le 01 février 2008.

  • 1 Voir A. Dimopoulos,1962, L’opinion publique française et la révolution grecque (1821-1827), Nancy, (…)
  • 2 R. Canat, 1911, La renaissance de la Grèce antique (1820-1850), Paris, Hachette, p. 10.
  • 3 G. Isambert, 1900, L’indépendance grecque et l’Europe, Paris, Plon-Nourrit, p. 322.
  • 4 Bataille navale et destruction des flottes turque et égyptienne dans la rade de Navarin (20 octobre (…)
1La révolte grecque qui éclate en 1821 et se prolonge jusqu’en 1827 est une guerre d’indépendance contre l’occupant turc, donc une lutte pour la liberté.
Autant que les mouvements révolutionnaires « libéraux » d’Italie et
d’Espagne, cette lutte attire la méfiance, voire l’hostilité, de la
politique monarchique des nations qui constituent la « Sainte
Alliance », le clergé se faisant l’auxiliaire de cette politique. Mais
un mouvement intellectuel et populaire agit en contre-pouvoir et prend
de l’ampleur en peu d’années. L’étude du philhellénisme1
révèle en effet que, selon les sources documentaires utilisées ou selon
des tendances ou des choix personnels, les historiens mettent l’accent
sur tel ou tel moteur de ce courant mais qu’ils aboutissent tous au
constat d’un retournement politique. L’influence des idées de la
Révolution française, la diffusion du libéralisme politique avec le
sentiment d’un devoir des Français vis-à-vis de la liberté des peuples,
le sentiment traditionnel de respect envers la Grèce du passé et
l’hellénisme classique, mais aussi les intérêts matériels des régions
commerciales et maritimes, accompagnent un « philhellénisme mondain avec
fêtes, sauteries, quêtes à domicile, concerts de charité, expositions
de tableaux, comédies jouées à propos de pallicares »2
et un philhellénisme religieux, qui apporte son soutien aux Grecs
chrétiens contre les Turcs musulmans. Tous ces aspects, illustrés,
amplifiés par l’esprit romantique de cette période, représentent les
différentes expressions de ce philhellénisme qui a, en France,
« le plus pesé sur le gouvernement réfractaire, l’amenant peu à peu, à
force de pression, à s’agréger à la Triple Alliance »3.
Car c’est bien sous la pression des opinions favorables aux révoltés
grecs que la position initiale de plusieurs puissances européennes subit
un changement progressif pendant la durée de leur lutte pour la
libération. L’aide européenne, avec la « triple entente » entre Russes,
Anglais et Français, aboutit à l’intervention décisive de ces trois
puissances à Navarin4
en faveur des insurgés violemment réprimés, empêche l’anéantissement
qui les menaçait et débouche sur une réorganisation de la Grèce en tant
que pays indépendant. Un tel retournement politique demande explication.
Ne viendrait-il pas, en partie, de la pression du sentiment religieux
populaire sur les gouvernants ?

Catholiques et orthodoxes : un vieux clivage

2La
liberté religieuse accordée par le règne du sultan à la population
grecque chrétienne n’a fait qu’agrandir le large fossé séparant les
occupants et les sujets et empêcher toute assimilation des Grecs par les
Turcs, malgré quatre siècles de domination ottomane. Le sentiment
religieux des Grecs, lié à la culture et à la tradition chrétienne
orthodoxe, constitue un des éléments primordiaux du fond idéologique de
la résistance nationale grecque. Les religions différentes ont créé une
division profonde entre les occupants et les occupés, une fracture qui
accentue leur dédain mutuel et légitime leur haine.
3En même temps, l’opposition dogmatique et institutionnelle entre l’église grecque et l’église romaine, engendrée par le schisme d’Orient (11e-13e s.),
a suscité un antagonisme durable au sein de la religion chrétienne,
bien que cette opposition fût atténuée par exemple lors des guerres
turco-vénitiennes en Méditerranée orientale, les Vénitiens se présentant
pour les Grecs comme des alliés et des libérateurs potentiels.
Pourtant, l’ancien schisme justifie encore les préventions de l’église
romaine à l’égard de la lutte des Grecs. Ces divisions, qui perdurent
jusque dans le philhellénisme français, sont imprégnées d’un fanatisme
et d’un sectarisme qu’on peut expliquer par des conditions
socio-historiques. Mais il existe aussi des problèmes de pouvoir.
4Les
monarchies européennes sortent du traumatisme causé par la Révolution
française et l’expérience napoléonienne des « nationalités ». Les
poussées indépendantistes les inquiètent au plus haut point ; sans doute
une autonomie conquise par les Grecs serait-elle de mauvais exemple…
Les cabinets politiques et les chaires catholiques mettent en avant,
contre la poussée libérale et en l’associant à la fidélité aux
alliances, la notion de « légitimité ». Tel est en France le cas de
Villèle, premier ministre en 1821. La presse d’opposition le lui reproche assez :
  • 5 Les Tablettes Universelles, t. 11, 1821, p. 159.
Les colonnes des
journaux de tous les partis sont remplies de nouvelles de Turquie ou
pour mieux dire de Grèce. On ne parle dans tous les lieux de
rassemblement que des affaires du peuple malheureux qui s’efforce de
reconquérir la liberté de ses célèbres aïeux. En vain l’on a d’abord
voulu peindre leur généreuse insurrection sous des couleurs odieuses
[…] ; en vain l’on a prononcé le mot de légitimité, mot
ridicule et banal dans une pareille occasion, et qui semble supposer
qu’il peut y avoir un esclavage légitime ; tout ce qu’on a pu faire pour
éloigner de la cause des Grecs a inspiré pour eux le plus vif et le
plus tendre intérêt. […] On s’est souvenu qu’ils sont chrétiens comme
nous et de toutes parts on a fait des vœux pour leur délivrance5.
5Même écho dans L’Aristarque français,
cinq ans plus tard : le temps des Croisades idéalisé et magnifié est
rappelé avec nostalgie par ce journal qui évoque « ces monarques
religieux dont le front se chargea de casque, dont le bras s’arma de la
lance pour aller sur les lieux saints venger l’honneur de la croix »,
aux fins d’établir un parallélisme critique au détriment de la monarchie
contemporaine :
  • 6 22 mai 1826, p. 2a-3a.
Alors la religion
était tout, l’intérêt rien. Aujourd’hui la religion est sacrifiée à
l’intérêt ; et parce qu’on a établi avec raison la conservation des
trônes sur la légitimité, on étouffe dans son cœur les
sentiments les plus nobles et les plus généreux, et le sabre d’un
barbare est lui-même une légitimité. Les Grecs sont des rebelles,
dit-on ; s’ils ne sont pas des rebelles, ils ne sont pas de notre
Église : qu’importe qu’ils périssent6.
6De
la même manière mais sur l’autre bord, les arguments opposés à une
intervention française contre la répression ottomane ne sont pas
seulement politiques mais religieux. Le catholicisme officiel
considèrerait-il encore les Grecs comme des chrétiens schismatiques ?
Témoin l’extrait suivant d’une Histoire ecclésiastique, imprimée en 1821 à Lyon, chez Ruzan, histoire qui, selon Le Constitutionnel,
« sous M. d’Hermopolis, ministre de l’Instruction publique, est
enseignée dans toutes les écoles et petits séminaires du diocèse de
Châlons-sur-Marne » :
  • 7 Le Constitutionnel, 11 avril 1826, p. 2a.
Ainsi périt l’empire
grec de Constantinople, après avoir duré plus de onze cents ans depuis
le grand Constantin. Ce fut une punition manifeste de l’opiniâtreté des
Grecs schismatiques. Ils n’ont pas voulu reconnaître l’autorité du
successeur de Saint-Pierre, et ils sont tombés sous le joug des
infidèles, de qui ils n’ont jamais dû attendre que l’oppression et
l’esclavage7.
  • 8 J.-E. Gautier, Ipsara, chant élégiaque, Paris, Le Normant Père, 1824, p. 9-10.
7Cette
obsession de la « faute » orthodoxe pousse même certains catholiques à
pratiquer une sorte de chantage. C’est ainsi qu’un thème récupérateur
s’insinue dans le courant philhellène. Des appels aux puissants de
l’Europe, à l’Église et même au Pontife, « père des chrétiens », sont
adressés de toutes parts, en faisant allusion à la réunion des deux églises, orthodoxe et romaine, tenues séparées par le schisme. Plusieurs proposent la soumission de l’église d’Orient, « pour payer » les bienfaits de l’aide apportée8. D’autres réagissent devant cette ambition : dans le périodique Le Globe, les commentaires qui accompagnent le chant Quête pour les Grecs de Delphine Gay, adressé surtout aux « pontifes bienfaisants, protecteurs de l’Église », se référant à un article du Drapeau blanc
du 8 septembre 1825, expriment avec vigueur l’indignation que cause le
marché des croyances mené par ces « nouveaux catholiques », qui
détermine leur position vis-à-vis des Grecs orthodoxes toujours pris
pour des schismatiques :
  • 9 Homme politique grec, héros de la Révolution.
  • 10 20 septembre 1825, p. 831.
Pas un ne songe
qu’un peuple entier meurt victime de sa religion […]. On prêche sans
cesse le retour vers la religion catholique, des écrivains se liguent en
croisés pour son triomphe, et on laisse de sang-froid se séparer pour
jamais du sein de cette unité tant célébrée des populations de
vieux chrétiens qu’un seul mouvement de compassion y eût ramenés
peut-être ; on abandonne au protestantisme l’honneur de les couvrir de
sa protection ; il est vrai que c’est la conviction qui manque surtout
aux nouveaux catholiques ; et que, tourmentés d’une seule pensée, celle
de la domination temporelle, ils font bon marché des croyances et des
croyants, et ne s’inquiètent guère de la propagation de ce qu’ils
prêchent pourtant comme la vérité. Le vieux catholicisme gallican s’est
du moins honoré par une conduite plus conséquente ; impuissant pour
diriger le jeune clergé, il n’est pas du moins resté insensible et
muet : on n’a point vu surtout ses écrivains commander l’union au saint-siège comme condition sine qua non
de leur pitié, et saisir, à l’exemple d’un des plus ardents
prédicateurs de l’ultramontanisme, un moment de silence entre les cris
des victimes d’Anatolicon et de Missolonghi, pour outrager le courage
malheureux et, du sein des loisirs paisibles et heureux de la capitale
de la France, insulter à Mavrocordatos9
et traiter d’enfants et de lâches des hommes dont le sang a marqué tous
les champs de bataille de la Grèce et qui ont sacrifié toute leur
fortune à leur cause et leur patrie10.
8Concernant
les idées libérales, une curieuse argumentation s’ajoute en
complément : si la presse gouvernementale accuse libéraux et
bonapartistes trop inspirés par les « Lumières », c’est à cause des
conséquences antichrétiennes que la philosophie fait subir aux Grecs. La
nouvelle que des Français, embrassant l’islamisme, se seraient battus
dans les rangs des troupes d’Ibrahim contre les Grecs à Missolonghi
amène, dans L’Étoile, la conclusion suivante :
  • 11 L’étoile, 11 avril 1826, p. 2a-b.
Les cris des Grecs
égorgés s’élèvent contre les indignes Français qui, suivant les exemples
de Buonaparte et d’Abdala Menou, ont adopté la religion de Mahomet et
renié celle du Christ ; le sang des Grecs accuse cette philosophie impie
du 18e siècle qui n’a cessé de déclamer contre les croisades
et qui a détruit partout la pitié que devaient inspirer des chrétiens.
Les véritables ennemis des Grecs sont les hommes qui ont cherché à
éteindre le christianisme dans les cœurs et qui ont épouvanté le monde
de leurs détestables maximes11.
  • 12 Ibid., 12 avril 1826, p. 2a-b.
  • 13 F. Ducos, 1826, La Mort de Lord Byron, Toulouse, Recueil de l’Académie des jeux floraux, p. 6.
  • 14 Le Courrier français, 14 mai 1826, p. 2a.
9Bref,
si nous n’avons pas pitié d’eux, c’est la faute à Voltaire : « Sans la
philosophie, les Grecs auraient trouvé des cœurs chrétiens, et leurs
ennemis auraient été chassés d’Europe. »12
Ce sont pourtant les rois sacrés et les cabinets politiques, l’Église
et ses prêtres qui sont décrits comme indifférents à « leurs frères
chrétiens contemplant le massacre »13 ; il est question d’hypocrisie, de « dévotion menteuse »14 :
  • 15 Les Tablettes Universelles, t. 57, janvier 1824, p. 6.
Ils [les Grecs] ont
résisté à la manière de l’héroïsme contre le nombre ; ils ont changé la
pitié en admiration, déconcerté les protecteurs ambitieux, et obligé la
diplomatie à s’agiter pour eux […]. Quoi, des chrétiens se battaient en
Europe pour la croix, et les prétendus défenseurs de l’autel ne
prenaient pas la défense de l’évangile contre le coran15 !
10Chateaubriand
lui-même n’est pas épargné. Ministre plénipotentiaire en Prusse puis à
Londres, puis ministre des Affaires étrangères s’alignant sur la
politique réactionnaire de son gouvernement, ce n’est qu’en s’éloignant
du ministère en juin 1824 qu’il effectuera son retour à ce
philhellénisme (Note sur la Grèce, 1825) qu’il avait contribué à lancer avec son Itinéraire de Paris à Jérusalem, publié en 1811.Henri de Latouche envoie au ministre une épitre cinglante :
  • 16 Revue encyclopédique, 1824, t. 23, p. 717.
Ô poète, ô chrétien ! tu vis donc sans frémir
La Grèce palpiter sous les pieds d’un émir ! […]
Quoi ! l’affranchi d’hier, faut-il qu’il se confonde
Aux mentors aveuglés des possesseurs du monde16 !
  • 17 1826, t. 27, p. 61-62.
11La
non-intervention officielle finit par déchainer contre elle une
véritable vague de protestations jusqu’à ce qu’à la fin de 1826 se
produise le complet revirement souhaité. Une vraie campagne de reproches
s’est organisée. La Revue encyclopédique, dans un article
signé de Sismondi, exprime l’inquiétude que présente le spectacle
tragique des défaites et des malheurs accablant des frères chrétiens,
spectacle qui domine l’actualité et démontre pour leur drame un
« intérêt qui absorbe tous les autres »17 ;
la politique suivie par la Sainte Alliance y est considérée comme
responsable de « la paix des tombeaux ». L’auteur n’hésite pas à
« dénoncer les crimes des chrétiens de l’Occident » :
  • 18 Ibid.
Ils sont
effroyables, écrit-il. Un jour, sans doute, ils seront appelés en
témoignage contre tous, lorsque la postérité voudra juger ce temps
d’hypocrisie, où le nom de religion est invoqué par tous les hommes en
pouvoir, où toutes les chaires retentissent de dénonciation contre
l’impiété de ceux qu’on persécute et où les persécuteurs, non par
fanatisme, mais par un froid calcul d’intérêt personnel, ont demandé le
sacrifice de quelques centaines de milliers de victimes18.
  • 19 Le Spectre de Missolonghi parle ainsi : « Et nous périrons tous… Mais, Ô lâches Chrétiens, / Vous (…)
12Les
Français complices de la répression turque, le gouvernement
monarchique, lui aussi complice, et plus généralement tous les « lâches
chrétiens »19, doivent être mis en face du martyre subi par les chrétiens grecs. Il faut, d’abord et avant tout, laver la honte :
  • 20 Journal du commerce, 25 mai 1826, p. 1b-c.
Ces secours qu’on
réclame de nous, ce n’est pas une générosité que nous faisons, c’est une
dette sacrée qu’il faut acquitter. Notre religion nous l’ordonne, car
les Grecs sont chrétiens ; l’humanité le veut, car ils sont malheureux ;
la politique le conseille, car ce sont des opprimés qui luttent contre
l’oppression ; l’honneur national l’exige, car nous avons à laver la
France de l’opprobre dont quelques-uns de nos enfants la souillent en
s’unissant aux bourreaux de nos frères d’Orient20.

Des frères en chrétienté selon le sentiment populaire

  • 21 La Pandore, 30 juin 1824, n° 351, article sur « Les Chants populaires de la Grèce moderne » de C. F (…)
13Sans
négliger les autres expressions, causes ou forces créatrices du
philhellénisme enthousiaste du peuple français, liées d’ailleurs de
façon complexe, notre champ d’étude se limite aux aspects religieux, à
l’expression de l’indignation qu’engendrent les violences du dominateur,
l’« infidèle » musulman, et surtout à l’esprit de solidarité entre
chrétiens traités en coreligionnaires. Si la révolte des Grecs pour leur
affranchissement engage les libéraux français, qui la considèrent comme
l’évènement indispensable pour « attirer l’attention de tout ce qui
porte le nom d’homme »21,
c’est surtout l’image majeure de la petite nation grecque chrétienne
révoltée contre le joug du puissant empire des « barbares Mahométans »
qui pousse les Français, indépendamment des partis politiques, à prendre
position sur cette lutte entre deux nations de civilisations si
différentes. Dans ce heurt des cultures entre, d’une part, le
christianisme, la morale chrétienne et une culture fondée sur
l’humanisme classique et, d’autre part, un « mahométanisme » honni,
l’ensemble (ou presque) de l’opinion publique, royalistes modérés comme
ultras, libéraux et républicains, bonapartistes, intellectuels,
libres-penseurs, prennent parti pour les Grecs considérés comme des
frères, dont on loue la volonté de se libérer du long esclavage imposé
par le grand Empire des Turcs qui a tant menacé l’Europe.
  • 22 « La Chrétienté laissera-t-elle tranquillement les Turcs égorger des Chrétiens ? » (Chateaubriand, (…)
  • 23 « Où me conduisez-vous ? J’ai des droits au martyre ; / J’ai sur mon front reçu l’eau sainte des Ch (…)
14Pour
rendre sensibles les Français et, au-delà, les gouvernants à la cause
des Hellènes, les philhellènes invoquent certes le droit d’un peuple
esclave à conquérir sa liberté (discours des idées libérales) ; mais,
très vite, ils décrivent aussi un affrontement socioculturel. Celui-ci,
alimenté par le despotisme et les actes de cruauté des Ottomans, devient
la source de stéréotypes sentimentaux très diffusés (discours de type
religieux). Le christianisme évoqué comme religion commune, Chrétienté d’Occident répondant à Chrétien d’Orient22, et le thème récurrent du martyre23
se constituent en outil argumentatif majeur en faveur des révoltés.
Tous les milieux sont atteints, y compris les plus légitimistes.
Lorsque, sous l’intensité de la pression philhellène, Le Drapeau blanc,
fort royaliste, dresse en 1826 un bilan de la politique suivie à
l’égard des Grecs, il exprime sa critique sans aménité (mais le motif
récupérateur transparait nettement) :
  • 24 Le Drapeau blanc, 20 avril 1826, p. 1a-2a.
La Sainte Alliance a
commis, selon nous, une faute politique, et Rome une faute religieuse,
en ne s’emparant pas sur le champ du protectorat des Grecs et en cédant
au libéralisme le rôle qu’elles eussent dû remplir […]. Dans la crainte
de donner gain de cause à la révolution, l’Europe religieuse et
monarchique s’est arrêtée tout court […]. On a comprimé les sentiments
de la cour de Rome et contenu l’élan du clergé catholique qui, s’il eût
prêté, selon ses intérêts et son inclination, un si grand appui aux
Grecs, aurait pu hâter l’union si désirable des deux Églises, malgré la
Russie. Et peut-être celle-ci aurait-elle été entrainée dans le grand
mouvement par lequel la chrétienté serait redevenue tout entière catholique24.
  • 25 Revue Encyclopédique, 1826, t. 31, p. 230.
15L’admiration
pour les martyrs fait fi de ces arrière-pensées. Pendant les moments
critiques de leur lutte, l’attachement des Grecs au principe de la
liberté et aux credos de leur foi, malgré la voie de l’apostasie et du
reniement que leur offraient les oppresseurs ottomans, provoque des
élans admiratifs chez les Français et accroit leur volonté de voler au
secours des révoltés. À propos des maux subis par les Grecs, il est noté
que « pas un de ces nobles martyrs n’a renié la divinité du Christ »25. De même, dans ses Helléniennes, A. Le Flanguais écrit :
  • 26 « Missolonghi », Œuvres poétiques, Paris, Derache, 1850, t. 1, p. 121.
Le courage est toujours réveillé par la foi ;
Jamais de vrais chrétiens ont-ils connu l’effroi26 ?
16Aussi, dès les premières agitations insurrectionnelles en Grèce, un journal royaliste, La Foudre, lançait-il un appel à croisade contre le « farouche Mahométan », où l’on trouve le couplet ironique d’un Appel en faveur des Grecs contre leurs inconstitutionnels tyrans :
  • 27 D’un lecteur anonyme de Bordeaux, La Foudre, n° 35, octobre 1821, p. 141-142.
Frères, marchons à la croisade,
Emportés par un noble élan,
Allons mettre en capilotade
Le farouche Mahométan ! (bis)
Pleins d’une belliqueuse ivresse,
Du triomphe nous répondons,
Oui, Turcs, sur vous si nous fondons,
Vous êtes tous frits dans la Grèce27.
17Dans le même journal, la nouvelle de l’insurrection grecque est accueillie avec enthousiasme ; il s’y publie une Ode aux Grecs modernes,
où un « étudiant de droit » distingue la révolte grecque des incidents
révolutionnaires d’Espagne, de Naples et de Piémont ; à son propos il
n’hésite pas à invoquer saint Paul :
  • 28 Ibid., n° 18, 1821. Voir Tabaki F., 1993, op. cit., p. 9-11.
Combattez !… Si vos cœurs de la foi de vos pères,
Ne cherchent que la Gloire et des temps plus prospères,
Dieu guidera vos coups !
Dans l’âme des tyrans il jettera la crainte…
L’apôtre des Gentils se souvient de Corinthe :
Il veillera sur vous28.
  • 29 Revue encyclopédique, 1827, t. 33, p. 126.
  • 30 A. Le Flanguais, 1950, « La Liberté ou les Grecs », Œuvres complètes, Paris, Derache, p. 128. (…)
18Le
mélange d’éléments différents du passé fait que le poète invoque en
arrière-plan la résistance des Hellènes à Xerxès. Dans d’autres textes,
il est question de « Léonidas chrétiens »29 ou d’un « nouveau Miltiade » appelé à défendre la croix insultée par l’« odieux croissant »30 :
effort romantique pour concilier des symboles et des attitudes puisés
dans la tradition classique comme dans la foi chrétienne. Afin
d’entrainer l’opinion et les États dans un seul ensemble, le mouvement
de mobilisation fait ainsi appel à de multiples amalgames.

Une croisade libérale-chrétienne

  • 31 Cappot de Feuillide,1825, Ipsara, Toulouse, Recueil de l’Académie des jeux floraux, M.-J. Dalles, p (…)
  • 32 V. Hugo, Ode « À mon père », La Muse française, 4 octobre 1823, I-03, p. 142.
19L’amalgame
le plus inattendu et le plus évident est celui de prêcher ensemble,
liés ou confondus, principes chrétiens et principes libéraux, dans des
apostrophes ou des emplois métonymiques comme : « Chrétiens, vengez vos
frères, vengez les droits des nations »31, ou bien : « La Grèce aux Rois Chrétiens montre sa croix esclave »32.
Les Français, sans l’appui du clergé et contre l’indifférence de leur
Église « muette », lancent des appels pour défendre leurs
coreligionnaires chrétiens en proclamant le droit des nations à
l’indépendance et des peuples à la liberté.
20C’est
en ces termes que la nouvelle des massacres de Scio, objet de nombreux
articles, poèmes, chansons et tableaux (Delacroix, 1824), soulève
l’indignation populaire. Parmi les 76 sixains de M. Guerrier de Dumast,
suivis de notes qui indiquent un intérêt certain pour une connaissance
solide de la cause des Grecs, on relève les vers suivants, où l’auteur
envisage une nouvelle croisade quand il s’emporte contre la neutralité
des chefs politiques et religieux :
  • 33 1822, Chios, la Grèce et l’Europe, Paris, M. Schlésinger, p. 5, 7.
De nos croisés fameux quand la noble lignée
Se joindra-t-elle enfin à la foule indignée ? […]
Loin de nous le Coran, les muets et la peste,
D’un peuple européen, ah ! sauvons ce qui reste33 !
21Le
discours en devient fondamentalement antithétique, manichéen.
L’expression du poète sur la solidarité avec « un peuple européen » fait
allusion au conflit des religions et des cultures entre Europe et Asie
dont il est question dans le texte signé S.-B. [Sainte-Beuve] dans Le Globe, justement à propos du massacre de Scio :
  • 34 Le Globe, 4 novembre 1824, n° 25, p. 101.
La ville était en
ruines, ses villages en cendres, une population de 50 000 âmes
anéantie ; on avait noyé jusqu’aux enfants à la mamelle ; et maintenant
la désolée Chio est gisante entre la Grèce et l’Asie, comme en signe
d’une séparation éternelle, d’une lutte inexorable34.
22Nombreux
sont les vers qui résonnent comme des appels aux armes, au rebours de
la politique suivie jusqu’alors par les rois. Le désastre de l’ile de
Psara (ou Ipsara) inspire, entre autres, les vers suivants où dominent
des antithèses martelées comme :croix vs croissant, gloire à la Croix vs mort au Croissant, Christ vs Mahomet, guerriers de la Croix, généreux soldats du Christ vs cruel musulman, infidèle frémissant, lâche musulman, infidèle orgueilleux.
Les exclamations, les cris d’indignation, les appels à la vengeance,
l’emploi de la deuxième personne grammaticale et de l’impératif, le
vocabulaire polémique animent le sentiment de solidarité entre chrétiens
et la geste de mobilisation guerrière des philhellènes :
  • 35 J.-E. Gautier, Ipsara, op. cit., p. 5.
Ah ! c’en est trop, Chrétiens, vengeance !
Ne punirez-vous pas de si longs attentats ?
Quoi, le Croissant triomphe, et l’Europe en silence
Laisse immoler du Christ les généreux soldats !…
Voyez, déshonorant sa facile victoire,
Le cruel Musulman de leur sang s’enivrer,
Et de leurs restes décorer
Ses vaisseaux inhumains que réprouve la gloire […]
Eh ! que font à leurs maux vos inutiles larmes ?
Rois et peuples chrétiens, aux armes35 !
23Mademoiselle
d’Hervilly écrit et vend au profit des révoltés, ainsi que la plupart
des poètes s’inspirant des mêmes évènements, sa pièce poétique intitulée
L’Hirondelle athénienne, où elle tâche, selon la préface, « de
faire dominer […] le sentiment de la religion et de la liberté ». Elle
emploie la métaphore de l’hirondelle messagère qui se charge de la
« croisade » en faveur des Grecs, pour toucher « ceux dont l’influence
politique ou la richesse peut secourir cette Grèce nouvelle qui, pour se
soustraire à la barbarie, nous apparaît avec tout l’héroïsme de
l’ancienne Grèce ». En quelques mots, tout est dit : libéralisme,
christianisme, modernité, Antiquité… Dans le passage suivant, on relève
l’affrontement entre l’argumentation politique de la Sainte Alliance
européenne et le recours à Dieu, au-delà des trônes :
  • 36 1825, Paris, Bossange frères, Firmin Didot, p. 12.
Aux bruits de tant de maux cruellement paisible
L’Europe la contemple et demeure impassible ;
Et depuis cinq hivers sa froide impiété
Vient opposer à Dieu la légitimité36 !
  • 37 Chants Hellènes, 1824, Paris, Ladvocat, p. 35.
24Mais
il s’agit de les atteindre, ces trônes, car une croisade a besoin
d’union politique et de guerriers. Le sacrifice des Grecs, à Souli, à
Naoussa, à Missolonghi ou ailleurs, aux lieux où ils préfèrent mourir
avec leurs enfants que devenir esclaves ou renoncer à leur religion,
émeut les philhellènes. Alexandre Guiraud, indigné par la nouvelle des
désastres de Psara et ému par ces Grecs qui, « trahis et sans espoir de
défense, se sont fait sauter avec leurs ennemis »37, exhorte les rois, insensibles à ces maux, à une nouvelle croisade guerrière, digne de saint Louis :
  • 38 Ibid., p. 36-37.
Héritiers des Tancrède, enfants des Châtillons […]
Partez, allez chercher jusqu’au pied de la croix
Les pas encore empreints du plus saint de nos rois ;
On ne s’égare point sur des traces si belles.
Quoi ! partout le croissant a des soldats fidèles,
Et le signe vainqueur qu’éleva Constantin […]
Sur le monde chrétien passerait aujourd’hui,
Sans qu’un seul défenseur se ralliât à lui !
Vous nous imposez donc par des titres frivoles,
Chevaliers de salon et chrétiens en paroles,
Vous qui près des martyrs craignez de vous ranger,
Vous qui semblez attendre, à l’abri du danger,
Que la mer du midi vienne au pied de nos villes,
Battre d’un flot sanglant nos vaisseaux immobiles38.
  • 39 1825, Paris, Treutel et Wurtz.
  • 40 Le Courrier français, 9 juin 1826, p. 1b.
  • 41 Le Constitutionnel, 14 juin 1826, p. 1b-2a.
25Cet
appel à l’intervention militaire des puissances en place se répercute
dès 1825. On a déjà signalé la contribution du monarchiste Chateaubriand
au courant favorable à l’affranchissement des Grecs. À la même époque,
le libéral Benjamin Constant rend public son Appel aux nations chrétiennes en faveur des Grecs39.Bien
d’autres les accompagnent, entonnant le chœur de la culpabilisation.
Certains vont jusqu’à accuser les cabinets de se déclarer cyniquement
sans religion « alors qu’ils prétendent ramener les peuples à la morale
religieuse »40 et
que « le nom de la religion à la bouche, ou le chapelet à la main, ils
assistent avec un phlegme stoïque à l’extermination d’un peuple
chrétien »41. Dans Le Courrier français, le harcèlement des accusations est significatif :
  • 42 18 mai 1826, p. 1a-b.
Ce que la flotte
autrichienne a souvent fait pour les barbares, ne pouvions-nous le
tenter pour les chrétiens ? À qui avons-nous craint de déplaire ? Est-ce
aux Turcs pour qui il n’existe rien de sacré, et qui ne respectent
aucun droit des gens ? Est-ce à M. le Prince Metternich qui, avec sa
marine, n’a cessé de recruter, d’alimenter et de seconder les hordes
d’assassins et d’incendiaires d’Ibrahim Pacha ? Est-ce à nos
congrégations, qui n’aperçoivent que des schismatiques dans des milliers
d’adorateurs de la croix, sous prétexte que ceux-ci ont retranché un
seul mot (Filioque) d’un symbole commun ? […]. Les mêmes hommes
qui affichent tant de zèle pour le jubilé et pour ses processions n’ont
montré qu’une cruelle indifférence pour leurs frères d’Orient. Ils
savent sans qu’il leur en coûte rien, doter richement les jésuites. Et
ils tolèrent à peine les quêtes pour les Grecs, tout en se gardant d’y
concourir42.
26De
grands poètes se sont aussi sentis touchés par la cause grecque.
Sensible à la mobilisation philhellène « des peuples », Victor Hugo
écrit, dans le recueil des Orientales, inspiré de cette guerre des Grecs :
  • 43 1954, Les Orientales, Introduction, notes par E. Barineau, Paris, Marcel Didier, t. 1, p. 102.
Mais les rois restent sourds, les chaires sont muettes.
Ton nom n’échauffe ici que des cœurs de poètes.
À la Gloire, à la vie on demande tes droits.
À la croix grecque, Hellé, ta gloire se confie.
C’est un peuple qu’on crucifie !
Qu’importe, hélas ! sur quelle croix43 !
27Les idées et les mots de V. Hugo se retrouvent dans ces commentaires sur la Messénienne à lord Byron de Casimir Delavigne parus dans Le Constitutionnel trois ans avant ses vers sur Navarin :
  • 44 14 aout 1824, p. 4, cité par E. Barineau dans Les Orientales, op. cit., p. 102. On sait que, dans s (…)
Hélas ! qui vengera
la Grèce ? Le sang chrétien y coule par torrents, et les chaires
catholiques restent muettes ! O philosophie ! O Muses ! C’est à vous
d’appeler et de réunir contre les saints alliés du Coran les vrais
croyants de l’Évangile44.
  • 45 1914, Œuvres complètes d’Alfred de Vigny. Poèmes, Notes et éclaircissements de F. Baldensperger, Pa (…)
28D’autres
romantiques majeurs, comme Vigny ou Lamartine, développent dans leurs
œuvres philhelléniques le stéréotype d’un sentiment religieux tourné en
souhaits de miracles en faveur des Grecs et en malédictions contre les
Turcs. Ainsi, dans la pièce Héléna de Vigny, il est question,
au premier chant, du « Dieu des armées » volant au secours des Grecs,
des « chérubins » qui sont priés de venir gonfler leurs voiles et de la
Croix de Constantin qui réapparait dans les airs ; au troisième chant,
Vigny se réfère au Coran, qui lui offre une documentation sur les anges,
le paradis de Mahomet, le précepte fondamental des musulmans – « Dieu
seul est Dieu, et Mahomet est son Prophète ». Mais les images lui
servent à présenter le « Musulman trompeur » cruel comme un « tigre »
qui saisit « dans ses bonds le chevreuil innocent »45.
  • 46 Les Tablettes universelles, mars 1823, t. 30, p. 552.
29Faisant
appel à la bienfaisance de ses membres et à tous « ceux que touchent le
christianisme, la justice et le malheur », la Société de la morale
chrétienne, dont le but consiste dans « la propagation de la morale qui
crée la civilisation »46,
forme un comité qui, de 1823 à 1825, recueille une forte somme pour
secourir les Grecs. Plus tard, la Société philanthropique en faveur des
Grecs ou Comité philhellénique leur apportera aussi une aide financière
efficace. C’est bien l’ensemble d’un pays qui, par ses intellectuels et
poètes, sa presse, ses institutions et ses œuvres, et finalement son
État, sa marine et sa diplomatie, prendra fait et cause, entre 1827 et
1830, en faveur de l’insurrection grecque.
  • 47 A. Decaux, 1984, Victor Hugo, Paris, Perrin, p. 312.
30La
croisade de la mobilisation des philhellènes français, de 1821 à 1827,
en faveur de la lutte des Grecs pour leur indépendance est inspirée de
sentiments mêlant ou fusionnant la solidarité envers des
coreligionnaires, en proie à la tyrannie d’une nation « infidèle », à la
solidarité envers une nation de même culture qui revendique les Droits
de l’Homme contre le despotisme, selon les principes de 1789 – ce que la
Sainte Alliance voulait justement éviter. Le discours philhellénique
reflète ainsi le dialogue entre une argumentation politique libérale
évidente et une argumentation culturelle et religieuse dont
l’enthousiasme et la violence verbale pourraient dissimuler d’autres
objectifs. Le caractère souligné à outrance d’un combat « national et
religieux » attribué à la lutte des Grecs chrétiens, tout en étant
sincère pour beaucoup, ne vise-t-il pas à contrer l’accusation de
« révolutionnaires » que pourrait porter le front monarchique de la
Sainte Alliance ? Certaines campagnes semblent avoir été bien organisées
et, pour reprendre une remarque d’Alain Decaux, « défendre en France la
Grèce est aussi une manière de tourner la censure »47.
31Pourtant,
comme un renouveau chrétien, après des années de chamboulement, anime
aussi la société française à cette époque – ce dont le romantisme
témoigne à sa manière –, dans la masse catholique du peuple français,
qui ne s’intéressait plus aux discordes dogmatiques, la croyance
chrétienne commune suffisait à éveiller l’intérêt pour les Grecs et à
susciter une communion avec eux.
  • 48 Le Constitutionnel, 2 janvier 1826, p. 3.
  • 49 La politique étrangère de la France sous la monarchie constitutionnelle, Paris, Les Cours de la Sor (…)
32Il
est en tous cas évident que le courant des philhellènes français a
réussi, sur cet évènement, à réunir les différentes tendances de
l’opposition et les différentes classes de la société, « les hommes
généreux de toutes les opinions »48.
On est donc forcé de constater que la pression idéologique (morale et
religieuse) du pays est devenue puissante à un point tel que c’est grâce
aux campagnes menées que le retournement de la politique officielle
s’est accompli en faveur de la cause hellène. Charles Pouthas voyait
dans ce complet changement de cap « le premier exemple d’une victoire de
l’opinion publique sur le gouvernement »49.

Notes

1 Voir A. Dimopoulos,1962, L’opinion publique française et la révolution grecque (1821-1827), Nancy, Imp. V. Idoux ; J. Dimakis, 1968, La guerre de l’indépendance grecque vue par la presse française, Thessaloniki, Institute for Balkan Studies ; Id., 1976, La presse française face à la chute de Missolonghi et à la bataille navale de Navarin, Thessaloniki, Institute for Balkan Studies ; F. Tabaki-Iona, 1993, Poésie philhellénique et périodiques de la Restauration, Athènes, Société des archives helléniques, littéraires et historiques.
2 R. Canat, 1911, La renaissance de la Grèce antique (1820-1850), Paris, Hachette, p. 10.
3 G. Isambert, 1900, L’indépendance grecque et l’Europe, Paris, Plon-Nourrit, p. 322.
4
Bataille navale et destruction des flottes turque et égyptienne dans la
rade de Navarin (20 octobre 1827), qui aboutit à la reconnaissance de
l’État grec (traité de Londres, 1830).
5 Les Tablettes Universelles, t. 11, 1821, p. 159.
6 22 mai 1826, p. 2a-3a.
7 Le Constitutionnel, 11 avril 1826, p. 2a.
8 J.-E. Gautier, Ipsara, chant élégiaque, Paris, Le Normant Père, 1824, p. 9-10.
9 Homme politique grec, héros de la Révolution.
10 20 septembre 1825, p. 831.
11 L’étoile, 11 avril 1826, p. 2a-b.
12 Ibid., 12 avril 1826, p. 2a-b.
13 F. Ducos, 1826, La Mort de Lord Byron, Toulouse, Recueil de l’Académie des jeux floraux, p. 6.
14 Le Courrier français, 14 mai 1826, p. 2a.
15 Les Tablettes Universelles, t. 57, janvier 1824, p. 6.
16 Revue encyclopédique, 1824, t. 23, p. 717.
17 1826, t. 27, p. 61-62.
18 Ibid.
19 Le Spectre de Missolonghi
parle ainsi : « Et nous périrons tous… Mais, Ô lâches Chrétiens, /
Vous qui deviez aux Grecs d’intrépides soutiens […] / Soyez maudits!
C’est vous qui nous faites périr ! » (U. Tencé, 1826, Revue encyclopédique,
t. 30, p. 824). « Et vous, Chrétiens, pleurez, vos frères sont vaincus
[…] / Pleurez, lâches Chrétiens, Missolonghi n’est plus ! »
(M. Fleury, s. d., Le Siège de Missolonghi, chant funèbre, s. éd., p. 7).
20 Journal du commerce, 25 mai 1826, p. 1b-c.
21 La Pandore, 30 juin 1824, n° 351, article sur « Les Chants populaires de la Grèce moderne » de C. Fauriel.
22 « La Chrétienté laissera-t-elle tranquillement les Turcs égorger des Chrétiens ? » (Chateaubriand, 1825, Note sur la Grèce, Paris, Le Normant Père, p. 8).
23
« Où me conduisez-vous ? J’ai des droits au martyre ; / J’ai sur mon
front reçu l’eau sainte des Chrétiens », dit à ses bourreaux la « Jeune
captive de Missolonghi » (E. Michelet, Journal politique et littéraire de Toulouse, 3 juillet 1826).
24 Le Drapeau blanc, 20 avril 1826, p. 1a-2a.
25 Revue Encyclopédique, 1826, t. 31, p. 230.
26 « Missolonghi », Œuvres poétiques, Paris, Derache, 1850, t. 1, p. 121.
27 D’un lecteur anonyme de Bordeaux, La Foudre, n° 35, octobre 1821, p. 141-142.
28 Ibid., n° 18, 1821. Voir Tabaki F., 1993, op. cit., p. 9-11.
29 Revue encyclopédique, 1827, t. 33, p. 126.
30 A. Le Flanguais, 1950, « La Liberté ou les Grecs », Œuvres complètes, Paris, Derache, p. 128.
31 Cappot de Feuillide,1825, Ipsara, Toulouse, Recueil de l’Académie des jeux floraux, M.-J. Dalles, p. 14.
32 V. Hugo, Ode « À mon père », La Muse française, 4 octobre 1823, I-03, p. 142.
33 1822, Chios, la Grèce et l’Europe, Paris, M. Schlésinger, p. 5, 7.
34 Le Globe, 4 novembre 1824, n° 25, p. 101.
35 J.-E. Gautier, Ipsara, op. cit., p. 5.
36 1825, Paris, Bossange frères, Firmin Didot, p. 12.
37 Chants Hellènes, 1824, Paris, Ladvocat, p. 35.
38 Ibid., p. 36-37.
39 1825, Paris, Treutel et Wurtz.
40 Le Courrier français, 9 juin 1826, p. 1b.
41 Le Constitutionnel, 14 juin 1826, p. 1b-2a.
42 18 mai 1826, p. 1a-b.
43 1954, Les Orientales, Introduction, notes par E. Barineau, Paris, Marcel Didier, t. 1, p. 102.
44 14 aout 1824, p. 4, cité par E. Barineau dans Les Orientales, op. cit.,
p. 102. On sait que, dans son poème sur la victoire de Navarin, Hugo
prendra parti dans le conflit religieux lorsqu’il évoquera « le vrai
Dieu sous ses pieds foulant le faux prophète ».
45 1914, Œuvres complètes d’Alfred de Vigny. Poèmes, Notes et éclaircissements de F. Baldensperger, Paris, Louis Conard, p. 285-309.
46 Les Tablettes universelles, mars 1823, t. 30, p. 552.
47 A. Decaux, 1984, Victor Hugo, Paris, Perrin, p. 312.
48 Le Constitutionnel, 2 janvier 1826, p. 3.
49 La politique étrangère de la France sous la monarchie constitutionnelle, Paris, Les Cours de la Sorbonne, p. 114 ; Id., Le mouvement des nationalités en Europe dans la première moitié du XIXe siècle, Paris, Les Cours de la Sorbonne, p. 225.

Pour citer cet article

Référence électronique

Frédérique Tabaki-Iona, « Philhellénisme religieux et mobilisation des Français pendant la révolution grecque de 1821-1827 », Mots. Les langages du politique [En ligne], 79 | 2005, mis en ligne le 01 février 2008, consulté le 25 mars 2014. URL : http://mots.revues.org/1348

Auteur

*Frédérique Tabaki-Iona 

Université d’Athènes, Département de langue et littérature françaises

Γενικά θέματα

Η πετρελαϊκή «μάχη» που ενώνει Τραμπ-Πούτιν και δισεκατομμυριούχους του Κόλπου

Οι συνομιλίες της κυβέρνησης του Ντόναλντ Τραμπ με τη Ρωσία για τον τερματισμό του πολέμου στην Ουκρανία έχουν διευρυνθεί και περιλαμβάνουν πλέον μια υπό διαπραγμάτευση συμφωνία δισεκατομμυρίων δολαρίων για την εξαγορά διεθνών περιουσιακών στοιχείων της ρωσικής πετρελαϊκής εταιρείας Lukoil, σύμφωνα με δημοσίευμα των «New York Times».

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Οι συνομιλίες της κυβέρνησης του Ντόναλντ Τραμπ με τη Ρωσία για τον τερματισμό του πολέμου στην Ουκρανία έχουν διευρυνθεί και περιλαμβάνουν πλέον μια υπό διαπραγμάτευση συμφωνία δισεκατομμυρίων δολαρίων για την εξαγορά διεθνών περιουσιακών στοιχείων της ρωσικής πετρελαϊκής εταιρείας Lukoil, σύμφωνα με δημοσίευμα των «New York Times».

Η συμφωνία, η οποία δεν έχει ακόμη οριστικοποιηθεί και τελεί υπό την αίρεση της έγκρισης της αμερικανικής κυβέρνησης και του Κρεμλίνου, αφορά ένα εκτεταμένο χαρτοφυλάκιο πετρελαιοπηγών, διυλιστηρίων και πρατηρίων καυσίμων της Lukoil σε διάφορες χώρες.

Σύμφωνα με τους «New York Times», στο επίκεντρο της υπόθεσης βρίσκεται κοινοπραξία με επικεφαλής τον Αμερικανό επενδυτή Τοντ Μπόελι, στην οποία συμμετέχουν επίσης επενδυτικοί όμιλοι από τη Μέση Ανατολή. Στην προτεινόμενη συμφωνία συμμετέχει και η αμερικανική κυβέρνηση, μέσω της U.S. International Development Finance Corporation (DFC).

 Στο τραπέζι των συνομιλιών Τραμπ-Πούτιν

Οι πολύμηνες διαπραγματεύσεις, σύμφωνα με οκτώ πρόσωπα με γνώση της υπόθεσης που επικαλούνται οι «New York Times», συνδέονται με την ευρύτερη προσπάθεια της κυβέρνησης Τραμπ να αποκαταστήσει οικονομικούς δεσμούς με τη Ρωσία στο πλαίσιο των συνομιλιών για τον τερματισμό του πολέμου στην Ουκρανία.

Το ζήτημα της Lukoil φέρεται να τέθηκε από τον Βλαντιμίρ Πούτιν κατά τη συνάντησή του με τους Αμερικανούς διαπραγματευτές Στιβ Γουίτκοφ και Τζάρεντ Κούσνερ στο Κρεμλίνο, στις 5 Σεπτεμβρίου. Σύμφωνα με πηγή που επικαλείται η αμερικανική εφημερίδα, ο Ρώσος πρόεδρος πρότεινε την προώθηση της συμφωνίας ως ένδειξη ότι η Ρωσία και οι Ηνωμένες Πολιτείες μπορούν να συνεργαστούν επιχειρηματικά.

Οι Αμερικανοί διαπραγματευτές φέρεται να απάντησαν ότι θα εργαστούν για την προώθηση της συμφωνίας, τόσο ως ένδειξη «καλής θέλησης» προς το Κρεμλίνο όσο και με στόχο τη μείωση των διεθνών τιμών ενέργειας.

Η ενδεχόμενη συμφωνία παρουσιάζει ιδιαίτερο οικονομικό ενδιαφέρον για τους υποψήφιους αγοραστές. Η έγκρισή της από τις Ηνωμένες Πολιτείες θα μπορούσε να οδηγήσει στην απελευθέρωση των ρωσικών περιουσιακών στοιχείων από τις αμερικανικές κυρώσεις, αυξάνοντας παράλληλα την αξία τους.

 Οι διασυνδέσεις των επενδυτών

Στην κορυφή της κοινοπραξίας βρίσκεται ο Αμερικανός επενδυτής Τοντ Μπόελι, συνιδιοκτήτης των Los Angeles Dodgers και γνωστός υποστηρικτής του Τραμπ. Στο επενδυτικό σχήμα συμμετέχουν επίσης επιχειρηματικοί όμιλοι από το Κατάρ και τα Ηνωμένα Αραβικά Εμιράτα.

Οι «New York Times» επισημαίνουν ότι ορισμένοι από τους επενδυτές διατηρούν επιχειρηματικές σχέσεις με πρόσωπα που βρίσκονται κοντά στην κυβέρνηση Τραμπ.

Μεταξύ αυτών είναι οι αδελφοί Μουτάζ και Ράμεζ αλ-Χαγιάτ από το Κατάρ, οι οποίοι έχουν συνεργαστεί με τον Τζάρεντ Κούσνερ και την Ιβάνκα Τραμπ για τη χρηματοδότηση επενδυτικού σχεδίου στην Αλβανία.

Στην κοινοπραξία συμμετέχει επίσης επενδυτικό ταμείο με έδρα το Αμπού Ντάμπι, το οποίο ελέγχεται από τον σεΐχη Ταχνούν μπιν Ζαγιέντ Αλ Ναχιάν, σύμβουλο εθνικής ασφάλειας των Ηνωμένων Αραβικών Εμιράτων. Ο ίδιος συνδέεται με επενδύσεις στην World Liberty Financial, την εταιρεία κρυπτονομισμάτων της οικογένειας Τραμπ.

Παράλληλα, επενδυτικό ταμείο που συνδέεται με τον σεΐχη Ταχνούν αποτελεί σημαντικό μέτοχο της εταιρείας private equity που ίδρυσε ο Κούσνερ μετά την αποχώρησή του από τον Λευκό Οίκο.

 Τα ερωτήματα για πιθανές συγκρούσεις συμφερόντων

Οι διασυνδέσεις αυτές έχουν προκαλέσει ερωτήματα σχετικά με το κατά πόσο προσωπικές επιχειρηματικές σχέσεις μπορεί να διασταυρώνονται με τη διαδικασία λήψης αποφάσεων για μια συμφωνία που συνδέεται με την αμερικανική εξωτερική πολιτική.

Οι «New York Times» αναφέρουν ότι δεν υπάρχει ένδειξη πως ο Γουίτκοφ ή ο Κούσνερ πρόκειται να αποκομίσουν προσωπικό οικονομικό όφελος από τη συμφωνία. Ωστόσο, η υπόθεση έχει εγείρει ζητήματα σχετικά με τις σχέσεις μεταξύ των εμπλεκόμενων επιχειρηματιών και προσώπων του στενού περιβάλλοντος του Τραμπ.

Η Χούι Τσεν, πρώην εισαγγελέας και σύμβουλος σε θέματα οικονομικού εγκλήματος και δεοντολογίας, χαρακτήρισε τις διασυνδέσεις «ανησυχητικές» και έθεσε το ερώτημα κατά πόσο προσωπικά συμφέροντα θα μπορούσαν να επηρεάσουν την αξιολόγηση των υποψήφιων αγοραστών.

Από την πλευρά του, εκπρόσωπος του Γουίτκοφ απέρριψε οποιοδήποτε ζήτημα σύγκρουσης συμφερόντων, υποστηρίζοντας ότι ο Αμερικανός διαπραγματευτής δεν λαμβάνει μισθό και καλύπτει ο ίδιος τα έξοδα των ταξιδιών του στο πλαίσιο της αποστολής του για λογαριασμό του Τραμπ.

Η κούρσα για τα περιουσιακά στοιχεία της Lukoil

Η Lukoil είχε θέσει προς πώληση τα διεθνή περιουσιακά της στοιχεία μετά την επιβολή αμερικανικών κυρώσεων. Αρκετοί υποψήφιοι αγοραστές είχαν εκδηλώσει ενδιαφέρον, μεταξύ των οποίων και μεγάλοι αμερικανικοί ενεργειακοί όμιλοι.

Τον Ιανουάριο, η επενδυτική εταιρεία Carlyle είχε καταλήξει σε προκαταρκτική συμφωνία για την εξαγορά σημαντικού μέρους του διεθνούς χαρτοφυλακίου της Lukoil. Η συμφωνία, ωστόσο, δεν ολοκληρώθηκε, καθώς απαιτούσε την έγκριση της αμερικανικής κυβέρνησης.

Στη συνέχεια, ο όμιλος υπό τον Μπόελι εμφανίστηκε ως ένας από τους βασικούς διεκδικητές των περιουσιακών στοιχείων.

Η αξία των διεθνών περιουσιακών στοιχείων της Lukoil είχε υπολογιστεί από την ίδια την εταιρεία σε περίπου 20 δισ. δολάρια στις αρχές του έτους. Ωστόσο, οι οικονομικοί όροι της υπό διαπραγμάτευση συμφωνίας δεν έχουν γίνει γνωστοί.

 Ο ρόλος της αμερικανικής κυβέρνησης

Η αμερικανική κυβέρνηση συμμετέχει στην προτεινόμενη συμφωνία μέσω της U.S. International Development Finance Corporation, η οποία επενδύει και παρέχει χρηματοδότηση για έργα στο εξωτερικό.

Αμερικανός αξιωματούχος δήλωσε ότι μια ενδεχόμενη συμφωνία για τη Lukoil θα μπορούσε να ενισχύσει την οικονομική ασφάλεια των ΗΠΑ, να εξυπηρετήσει στόχους της αμερικανικής εξωτερικής πολιτικής και να συμβάλει στη μείωση του ενεργειακού κόστους για τους Αμερικανούς.

Η συμφωνία, ωστόσο, χρειάζεται την έγκριση του αμερικανικού υπουργείου Οικονομικών, το οποίο είναι αρμόδιο για την εφαρμογή των κυρώσεων κατά της Ρωσίας.

 Η ενεργειακή διάσταση

Στο υπό διαπραγμάτευση χαρτοφυλάκιο περιλαμβάνονται διυλιστήρια της Lukoil στην Ολλανδία, τη Βουλγαρία και τη Ρουμανία, καθώς και άλλες ενεργειακές υποδομές και πρατήρια καυσίμων σε διάφορες χώρες.

Η ενεργειακή διάσταση αποκτά ιδιαίτερη σημασία καθώς η κυβέρνηση Τραμπ έχει επανειλημμένα υποστηρίξει ότι η αποκατάσταση οικονομικών σχέσεων με τη Ρωσία θα μπορούσε να λειτουργήσει ως κίνητρο για τη Μόσχα ώστε να προχωρήσει σε συμβιβασμούς για τον τερματισμό του πολέμου στην Ουκρανία.

Ο Ρώσος οικονομικός απεσταλμένος Κίριλ Ντμίτριεφ έχει επίσης εμπλακεί στη διαδικασία, ενώ, σύμφωνα με τους «New York Times», έχει δηλώσει ότι ο διάλογος ΗΠΑ-Ρωσίας συνεχίζεται σε πολλούς τομείς, μεταξύ των οποίων και η ενέργεια.

Η συμφωνία για τη Lukoil παραμένει, πάντως, ανοικτή και δεν έχει οριστικοποιηθεί. Η τελική απόφαση θα εξαρτηθεί από τις απαιτούμενες εγκρίσεις των αμερικανικών αρχών και της ρωσικής πλευράς.

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Συνέχεια ανάγνωσης

Γενικά θέματα

Πώς μια «Ελληνίδα» έγινε το «θεμέλιο» της Εθνικής Πινακοθήκης της Ουγγαρίας

Στον πρώτο όροφο της Πινακοθήκης συναντήσαμε την «Ελληνίδα». Πρόκειται για ένα έργο του Jakob Marastoni (1804-1860), ενός ζωγράφου ιταλικής καταγωγής που εγκαταστάθηκε και εργάστηκε στην Πέστη και έγινε μία από τις σημαντικότερες μορφές στην ιστορία της ουγγρικής τέχνης.

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Πριν λίγο καιρό επισκεφθήκαμε την Εθνική Πινακοθήκη της Ουγγαρίας στη Βουδαπέστη, ένα από τα πλέον σημαντικά μουσεία της χώρας, στο οποίο παρουσιάζεται με μοναδικό τρόπο η εξέλιξη της ουγγρικής εικαστικής τέχνης από τον 11ο αιώνα μέχρι σήμερα. Βρίσκεται στο Βασιλικό Ανάκτορο του Κάστρου της Βούδας και ιδρύθηκε το 1957 με βάση κυρίως τις ουγγρικές συλλογές του Μουσείου Καλών Τεχνών. Η συλλογή της περιλαμβάνει περίπου 110.00 έργα.

Στον πρώτο όροφο της Πινακοθήκης συναντήσαμε την «Ελληνίδα». Πρόκειται για ένα έργο του Jakob Marastoni (1804-1860), ενός ζωγράφου ιταλικής καταγωγής που εγκαταστάθηκε και εργάστηκε στην Πέστη και έγινε μία από τις σημαντικότερες μορφές στην ιστορία της ουγγρικής τέχνης.

Το έργο του με τίτλο «Ελληνίδα», φιλοτεχνημένο το 1845, θεωρείται εξαιρετικά σημαντικό για τη δημιουργία της συλλογής της Ουγγρικής Εθνικής Πινακοθήκης. Είναι το πρώτο έργο που σηματοδότησε την έναρξη της συστηματικής συλλογής ουγγρικής ζωγραφικής στα εθνικά ιδρύματα.⁠ Είναι επίσης το πιο γνωστό και εμβληματικό έργο του ζωγράφου.

Οι διαστάσεις του είναι 77Χ61,5 cm περίπου. Το μοντέλο δεν είναι Ελληνίδα, αλλά η σύζυγος του Marastoni, η Giovanna Bianchi, με καταγωγή από τη Βενετία. Ο ζωγράφος την απεικόνισε με παραδοσιακή (ή φανταστική) ελληνική φορεσιά της εποχής, σύμφωνα με τη μόδα του ρομαντισμού. Η εικόνα συνδυάζει εξωτισμό, ελαφρύ ερωτισμό και ιδανική ομορφιά.

Η ιστορία

Το 1845 η Pest Art Society — η πρώτη καλλιτεχνική εταιρεία στην Ουγγαρία — αγόραζε κάθε χρόνο ένα έργο από την ετήσια έκθεσή της για να το δωρίσει στο Ουγγρικό Εθνικό Μουσείο, το οποίο τότε περιλάμβανε και την πινακοθήκη.

Η «Ελληνίδα» του Marastoni ήταν αυτό που επέλεξαν και δώρισαν τον Νοέμβριο του 1845. Έτσι, καταγράφηκε ως το πρώτο έργο στη συλλογή ζωγραφικής του μουσείου.⁠ Το Εθνικό Μουσείο είχε ήδη κάποιες δωρεές, αλλά η συστηματική συλλογή ουγγρικής τέχνης ξεκινάει ουσιαστικά με αυτό το έργο. Η Εθνική Πινακοθήκη κληρονόμησε αυτή τη συλλογή από το Εθνικό Μουσείο.

Η επιλογή του προκάλεσε έντονες συζητήσεις και αποτέλεσε το «πρώτο καλλιτεχνικό σκάνδαλο» της εποχής, λόγω του ερωτισμού που απέπνεε το μοντέλο. Ωστόσο ο πίνακας αυτός ήταν και ιδιαίτερα δημοφιλής, κάτι που ενίσχυσε την εθνική συζήτηση για την τέχνη.⁠

Σήμερα, το έργο παραμένει εμβληματικό και εκτίθεται συχνά ως αφετηρία της συλλογής ζωγραφικής του 19ου αιώνα στην Πινακοθήκη. Συμβολίζει το πώς η ουγγρική τέχνη χτίστηκε με συνεισφορές από ξένους καλλιτέχνες που ενσωματώθηκαν στη χώρα, όπως ο Marastoni.

Η δημιουργία της Πινακοθήκης

Αν κάνετε περίπατο στην οδό Deák Ferenc στο κέντρο της πόλης ίσως αξίζει κάποιες φορές να σηκώσετε το βλέμμα πάνω από τις βιτρίνες των καταστημάτων. Το βλέμμα σας θα συναντήσει όχι μόνο κλασικές προσόψεις, αλλά και αναμνηστικές πλάκες, όπως για παράδειγμα εκείνη στον αριθμό 21, όπου αναγράφεται: «Η Πρώτη Ουγγρική Ακαδημία Ζωγραφικής – ιδρυθείσα από τον Jakab Marastoni».

Η Πέστη του 19ου αιώνα ήταν μια πραγματικά πολυπολιτισμική πόλη. Γερμανοί, Ούγγροι, Έλληνες, Ιταλοί, Σέρβοι και πολλές άλλες μικρότερες εθνότητες ζούσαν εδώ δίπλα-δίπλα ειρηνικά. Ο καθένας καλλιεργούσε τον δικό του πολιτισμό, αλλά ένα πράγμα τους ένωνε: όλοι ήθελαν να είναι και Ούγγροι και επιδίωκαν να υπηρετήσουν τον ουγγρικό πολιτισμό με τις δραστηριότητές τους.

Εκείνη την εποχή ο Marastoni υπέβαλε την αίτησή του για την ακαδημία ζωγραφικής στο Βασιλικό Συμβούλιο των Κυβερνητών, όταν ιδρύθηκε εντός του Ουγγρικού Εθνικού Μουσείου ο Σύλλογος Εθνικής Πινακοθήκης, ένα «τμήμα που συνέλεγε αποκλειστικά ουγγρική ζωγραφική».

Όλα αυτά συνέβησαν το 1845 και αυτή η μεγάλη πολιτιστική δραστηριότητα μπορεί να ήταν αποτέλεσμα του γεγονότος ότι εκείνη τη χρονιά το Εθνικό Μουσείο ήθελε να τιμήσει δεόντως την πεντηκοστή επέτειο της ανάληψης καθηκόντων του αρχιδούκα Ιωσήφ της Αυστρίας.

Ο σύλλογος που έφερε το όνομα του αρχιδούκα εγκρίθηκε τελικά από το Βασιλικό Συμβούλιο των Κυβερνητών τον Σεπτέμβριο του 1845. Η Εθνική Πινακοθήκη του αρχιδούκα Ιωσήφ μπορεί, επομένως, να θεωρηθεί ως το πρώτο εθνικό ίδρυμα που συνέλεγε ουγγρικούς πίνακες.

Η πινακοθήκη δέχθηκε δωρεές έργων τόσο από συλλόγους, όσο και από ιδιώτες, και ανάμεσά τους το σημαντικότερο ήταν το έργο του Jakab Marastoni «H Ελληνίδα», το οποίο δωρήθηκε στην πινακοθήκη τον Νοέμβριο του 1845 από την Καλλιτεχνική Εταιρεία της Πέστης. Έτσι, μπορεί να πει κανείς ότι η ιστορία της μουσειακής συλλογής ουγγρικής ζωγραφικής ξεκίνησε με την «Ελληνίδα».

Αλλά γιατί μια Ελληνίδα; Το σύγχρονο (όχι αρχαίο) ελληνικό θέμα εμφανίστηκε στην ευρωπαϊκή ζωγραφική με την Ελληνική Επανάσταση ενάντια στην Οθωμανική Αυτοκρατορία τη δεκαετία του 1820. Φυσικά, οι συμπάθειες του ευρωπαϊκού ρομαντισμού προς τους Έλληνες άσκησαν επιρροή και στην ουγγρική τέχνη.

Οι Έλληνες, και ιδιαίτερα οι Ελληνίδες, αποτελούσαν συχνά θέμα στην ουγγρική ζωγραφική του 19ου αιώνα, και κατά μία έννοια η «Ελληνίδα» κατέληξε να αντιπροσωπεύει ένα εξωτικό θέμα αρωματισμένο με ερωτισμό.

Και αν σήμερα βρίσκουμε την «Ελληνίδα» να αποκαλύπτει ανοιχτά την ομορφιά και τη γοητεία της, δεν πρέπει να ξεχνάμε ότι επρόκειτο για θέμα μόδας. Και όσο κι αν μας γνέφει σαγηνευτικά αυτή η όμορφη γυναίκα, με την ιστορική έννοια το έργο αυτό είναι ένα από τα σημαντικότερα της ουγγρικής μουσειολογίας.

Ο ζωγράφος

Ο Jakab Marastoni (Giacomo Marastoni) γεννήθηκε το 1804 στη Βενετία και σπούδασε στην περίφημη Ακαδημία Καλών Τεχνών.

Ταξίδεψε στη Βιέννη στις αρχές της δεκαετίας του 1830, πέρασε από τη σημερινή Μπρατισλάβα το 1833 και εγκαταστάθηκε οριστικά στην Πέστη το 1836. Έγινε περιζήτητος πορτρετίστας μεταξύ αριστοκρατικών και αστικών οικογενειών, αλλά και κατά τη διάρκεια κοινοβουλευτικών συνεδριάσεων.⁠

Το 1846 ίδρυσε την Πρώτη Ουγγρική Ακαδημία Ζωγραφικής στην Πέστη – την πρώτη ιδιωτική σχολή αποκλειστικά για ζωγραφική στην Ουγγαρία. Ανάμεσα στους μαθητές του περιλαμβάνονται σημαντικοί Ούγγροι καλλιτέχνες όπως ο Károly Lotz, ο Mihály Zichy, ο Soma Orlai Petrich κ.ά. Το 1846 έγινε Επίτιμος Πολίτης της Πέστης.

Στα τελευταία χρόνια της ζωής του ασχολήθηκε με την δαγκεροτυπία ήταν ο πρώτος επαγγελματίας αυτής της τεχνικής στην Ουγγαρία. Πέθανε σε ψυχιατρική κλινική και η σχολή του έκλεισε λίγο μετά.

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Γενικά θέματα

Ούμαρ Κρέμλεφ: Ο άνθρωπος του Πούτιν που «εισέβαλε» στον αμερικανικό αθλητισμό

Πριν γίνει γνωστός ως Ούμαρ Κρέμλεφ, ο 43χρονος που χρόνια αργότερα θα συνδεόταν ακόμη και με το πολυτελές πάρτι του Ντόναλντ Τραμπ Τζούνιορ στις Μπαχάμες, ήταν γνωστός με το όνομα Ούμαρ Λουτφουλόεφ. Μέχρι τον Μάρτιο του 2010, το όνομα Κρέμλεφ παρέμενε ουσιαστικά άγνωστο

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Πριν γίνει γνωστός ως Ούμαρ Κρέμλεφ, ο 43χρονος που χρόνια αργότερα θα συνδεόταν ακόμη και με το πολυτελές πάρτι του Ντόναλντ Τραμπ Τζούνιορ στις Μπαχάμες, ήταν γνωστός με το όνομα Ούμαρ Λουτφουλόεφ. Μέχρι τον Μάρτιο του 2010, το όνομα Κρέμλεφ παρέμενε ουσιαστικά άγνωστο.

Όταν «πάτησε» τα 28 κι έχοντας, σύμφωνα με δημοσιεύματα της εποχής, καταδίκες για εκβιασμό και ξυλοδαρμό, είδε τις φιλοδοξίες του για καριέρα στην πυγμαχία να σβήνουν εξαιτίας της έλλειψης πειθαρχίας και θέλησε να κάνει μια νέα αρχή για να ανεβεί τα σκαλοπάτια της ρωσικής κοινωνίας.

Και για να πετύχει αυτή του την επιδίωξη, δεν θα μπορούσε να διαλέξει καταλληλότερο επώνυμο από το Κρεμλέφ – ουσιαστικά, «ο άνθρωπος του Κρεμλίνου». Όπως και στην περίπτωση του Ντόναλντ Τραμπ Τζούνιορ, αυτό ήταν ένα όνομα που έμελλε να συνδεθεί με φήμη, πλούτο και αντιπαραθέσεις.
Ο Ρόμπερτ Γκαρσία, ο κορυφαίος Δημοκρατικός στην Επιτροπή Εποπτείας της Βουλής των Αντιπροσώπων, έθεσε το εύλογο ερώτημα: «Τι πήρε ως αντάλλαγμα; Χρειαζόμαστε απαντήσεις» και το ζευγάρι των νεόνυμφων έσπευσε να απαντήσει: «Η φιλία δεν προϋποθέτει πολιτικά κίνητρα. Η γενναιοδωρία δεν συνοδεύεται αυτομάτως από κάποια ατζέντα. Και μερικές φορές ένα γαμήλιο δώρο είναι απλώς ένα γαμήλιο δώρο», προσφέροντας στη συνέχεια να επιστρέψει τα χρήματα.

Ο 43χρονος μεγάλωσε στο Σερπούχοφ, μια πόλη περίπου 120.000 κατοίκων, 60 μίλια νότια της Μόσχας και 5.729 μίλια ανατολικά του Little Pipe Cay, του νησιού στις Μπαχάμες που νοίκιασε για τον γιο του Αμερικανού προέδρου. Γεννημένος από μητέρα Τατζίκα σε μουσουλμανική οικογένεια, «παντρεύτηκε» αρχή τον ρόλο του αουτσάιντερ.

Στράφηκε από μικρός στην πυγμαχία, όμως έχει παραδεχτεί σε συνέντευξή του ότι σταμάτησε στα 19 του, επειδή δεν διέθετε την απαιτούμενη πειθαρχία. Ακόμη και την ημέρα ενός αγώνα μπορούσε να βρεθεί σε νυχτερινό κέντρο ως τις τέσσερις τα ξημερώματα. Με μεγάλα χέρια και τη σωματική διάπλαση πυγμάχου βαρέων βαρών, ο Κρεμλέφ πέρασε τα επόμενα χρόνια αναζητώντας τον δρόμο που του ταίριαζε. Παρέμεινε, πάντως, στον κόσμο της πυγμαχίας, εργαζόμενος ως διοργανωτής αγώνων.

Σύμφωνα με το ρωσικό ερευνητικό μέσο Proekt, καταδικάστηκε για εκβιασμό το 2004 και για ξυλοδαρμό το 2007, αν και οι ακριβείς συνθήκες των υποθέσεων παραμένουν ασαφείς. Ο ίδιος δεν έχει αρνηθεί τις καταδίκες.

Οι Night Wolves εμφανίστηκαν την περίοδο της Περεστρόικα, της οικονομικής αναδιάρθρωσης της δεκαετίας του 1980, ως μια ομάδα μοτοσικλετιστών και φίλων της ροκ μουσικής. Επικεφαλής τους ήταν ο Αλεξάντερ Ζαλντοστάνοφ, γνωστός ως «Χειρουργός», στενός φίλος του Βλαντίμιρ Πούτιν.

Μέσα σε αυτόν τον ετερόκλητο κόσμο που ο Κρεμλέφ άρχισε να καλλιεργεί τις σχέσεις που θα τον μετέτρεπαν από πυγμάχο σε ισχυρό παράγοντα της ρωσικής κοινωνίας. Η σημαντικότερη από αυτές ήταν με τον Αλεξέι Ρουμπέζνι, υποστράτηγο της Ομοσπονδιακής Υπηρεσίας Προστασίας (FSO) ψηλόβαθμων κρατικών αξιωματούχων, με τον οποίο έγιναν αχώριστοι.

Το 2016, ο Ρουμπέζνι ήταν πλέον επικεφαλής της Υπηρεσίας Ασφαλείας του Προέδρου και ο Κρεμλέφ είχε αποκτήσει, με αυτό τον τρόπο, πρόσβαση στον Πούτιν. Έκτοτε, η καριέρα του απογειώθηκε.

Ανέβηκε γρήγορα στην ιεραρχία και το 2017 ανέλαβε την ηγεσία της Ρωσικής Ομοσπονδίας Πυγμαχίας. Όμως η ορεξη του Κρεμλέφ είχε ανοίξει και δεν χόρταινε. Η Association Internationale de Boxe Amateur (AIBA – Διεθνής Ομοσπονδία Ερασιτεχνικής Πυγμαχίας) βρισκόταν τότε σε βαθιά κρίση, αντιμέτωπη με καταγγελίες διαφθοράς που οδήγησαν το 2019 στην αρχική αναστολή της από τους Ολυμπιακούς Αγώνες ως φορέα που είχε την ευθύνη της ολυμπιακής πυγμαχίας.

Ο Κρεμλέφ υποσχέθηκε σαρωτικές μεταρρυθμίσεις και την εξόφληση χρέους που υπολογιζόταν στα 16 εκατ. δολάρια, με στόχο ο οργανισμός να ανακτήσει τον έλεγχο της ολυμπιακής πυγμαχίας. Έτσι, το 2020 κέρδισε με άνεση την ψηφοφορία για την προεδρία, ενώ το γεγονός ότι μιλούσε από ελάχιστα έως καθόλου αγγλικά δεν αποτέλεσε εμπόδιο. Και όπως έκανε με τον ίδιο του τον εαυτό, και σε αυτή την περίπτωση έκανε το restart με τον ίδιο τρόπο: άλλαξε το όνομα του οργανισμού σε International Boxing Association (IBA).

Ακολούθησε συνεργασία της IBA με την Gazprom, τον ρωσικό κρατικό ενεργειακό κολοσσό, με συνέπεια το χρέος να μηδενιστεί και τα χρηματικά έπαθλα να αυξηθούν. «Γιατί να μην μπορούν οι ερασιτέχνες πυγμάχοι να πληρώνουν τα στεγαστικά τους δάνεια και να στηρίζουν τις οικογένειές τους;» είχε δηλώσει τότε ο Κρεμλέφ.

Το 2022, η IBA ήρε περιορισμούς που είχαν επιβληθεί νωρίτερα την ίδια χρονιά και επέτρεψε σε Ρώσους και Λευκορώσους πυγμάχους να αγωνίζονται με τις εθνικές σημαίες και τους ύμνους τους, ενώ απέκλεισε από τις τάξεις της την Ουκρανική Ομοσπονδία Πυγμαχίας. Την επόμενη χρονιά, ωστόσο, η Διεθνής Ολυμπιακή Επιτροπή (ΔΟΕ) ψήφισε – με αφορμή τον πόλεμο της Ρωσίας στην Ουκρανία – υπέρ της αφαίρεσης από την IBA της ιδιότητας της παγκόσμιας ομοσπονδίας του αθλήματος.

Ο Κρεμλέφ γίνεται ο «σκιώδης δήμαρχος»

Ωστόσο, δεν ήταν μόνο οι πυγμάχοι του Κρεμλέφ που πληρώνονταν καλά. Το 2019, μια εταιρεία του απέκτησε το δικαίωμα να γίνει ο μοναδικός διαχειριστής της εθνικής λοταρίας της Ρωσίας. Σε ένα μοτίβο που θα επαναλαμβανόταν αρκετές φορές, η λοταρία έγινε σύντομα χορηγός της IBA.

Τα επόμενα χρόνια, ο Κρεμλέφ απέκτησε μερίδια σε τρεις από τις μεγαλύτερες στοιχηματικές εταιρείες της Ρωσίας, τις Fonbet, Liga Stavok και Pari. Ρωσικά μέσα ενημέρωσης έχουν αναφέρει ότι οι συμφωνίες αυτές είχαν την υποστήριξη του Αντρέι Κόστιν, του υπό κυρώσεις χρηματοδότη και προέδρου της συνδεδεμένης με το Κρεμλίνο τράπεζας VTB, ο οποίος έχει χαρακτηριστεί «τραπεζίτης-κουμπαράς του Πούτιν».

Οι εταιρείες αυτές φαίνεται ότι είχαν συνολικά έσοδα περίπου 625 δισ. ρούβλια (5,5 δισ. λίρες) το 2023, ενώ η Liga Stavok αποτελεί πλέον βασικό εταίρο της IBA.

Ο Κρεμλέφ είχε επίσης αποκτήσει σταδιακά τον έλεγχο της Tsupis, μιας εταιρείας πληρωμών που συνδέει τους παίκτες με τις στοιχηματικές εταιρείες και εισπράττει προμήθεια από κάθε ποντάρισμα. Το 2021, ο Πούτιν εξέδωσε διάταγμα κατά της απάτης, το οποίο παραχώρησε στην Tsupis μονοπώλιο σε αυτή την εξαιρετικά επικερδή δραστηριότητα. Την ίδια περίοδο, οι φορείς που ρύθμιζαν την αγορά στοιχημάτων πέρασαν επίσης υπό τον έλεγχο του Κρεμλέφ και ενοποιήθηκαν σε έναν κοινό εποπτικό οργανισμό, με αρκετά μέλη του διοικητικού συμβουλίου να προέρχονται, σύμφωνα με δημοσιεύματα, από το δίκτυό του στον χώρο της πυγμαχίας.

Στη γενέτειρά του, το Σερπούχοφ, καθώς εξελισσόταν σε ολιγάρχη, ο Κρεμλέφ απέκτησε το προσωνύμιο «σκιώδης δήμαρχος», έχοντας συγκεντρώσει ένα εντυπωσιακό χαρτοφυλάκιο ακινήτων. Κάποια από αυτά φέρεται να περιήλθαν στην κατοχή του μετά την αναδιανομή περιουσιακών στοιχείων του φυλακισμένου πρώην δημάρχου Αλεξάντερ Σεστούν.

Πηγές αναφέρουν ότι απέκτησε γεωργικές εκτάσεις, βιομηχανικές εγκαταστάσεις, ένα λιμάνι, ένα εμπορικό κέντρο και ένα ξενοδοχείο, ενώ το 2024, ο Κρεμλέφ φέρεται να επωφελήθηκε και από απαλλοτρίωση. Τον Φεβρουάριο, το Κρεμλίνο κατέσχεσε τη Rolf, τη μεγαλύτερη αντιπροσωπεία αυτοκινήτων της Ρωσίας, από τον Σεργκέι Πετρόφ, τον εξόριστο ιδιοκτήτη της και πρώην βουλευτή της αντιπολίτευσης και μέχρι τον Σεπτέμβριο, η εταιρεία είχε περάσει στον Κρεμλέφ μέσω συμφωνίας ύψους 35 δισ. ρουβλίων.

Σε ανακοίνωσή της, η Rolf παρουσίασε τον Κρεμλέφ ως νέο ιδιοκτήτη της, χαρακτηρίζοντάς τον «στρατηγικό επενδυτή, ο οποίος θα επιτρέψει στην εταιρεία να διατηρήσει τη μοναδική εταιρική κουλτούρα της και να διευρύνει το φάσμα των δραστηριοτήτων της, με έμφαση στην αύξηση της αποτελεσματικότητας και την προσέλκυση νέων συνεργατών και πελατών».

Ένας από αυτούς τους νέους συνεργάτες, σύμφωνα με μεταγενέστερα δημοσιεύματα του Proekt, ήταν η IBA.

Η πίστη στον Πούτιν

Έχοντας συγκεντρώσει προσωπική περιουσία που υπολογίζεται έως και σε 300 εκατ. λίρες και αναλαμβάνοντας παράλληλα και άλλα αξιώματα – μεταξύ αυτών την προεδρία της Διεθνούς Ομοσπονδίας Ταβλιού – ο Κρεμλέφ δεν έκρυβε ποτέ τις πολιτικές του συμπάθειες.

«Χάρη σε έναν άνθρωπο, σήμερα υπάρχουν πραγματικά κάθε είδους ευκαιρίες να κερδίσεις χρήματα και να επιδιώξεις περισσότερα», είχε δηλώσει σε βιντεοσκοπημένη συνέντευξη το 2024, την οποία εντόπισε ο Guardian. «Αυτός ο άνθρωπος, φυσικά, είναι ο πρόεδρός μας, Βλαντίμιρ Βλαντιμίροβιτς Πούτιν».

Λίγους μήνες αργότερα, η Ουκρανία του επέβαλε κυρώσεις, χωρίς να βρίσκεται, ωστόσο, υπό κυρώσεις από τη Βρετανία, τις ΗΠΑ ή την Ευρωπαϊκή Ένωση.

Τον Απρίλιο, ο Πούτιν απένειμε στον Κρεμλέφ το Παράσημο της Φιλίας, ενώ λίγες ημέρες πριν από τον γάμο του Τραμπ Τζούνιορ, ο Κρεμλέφ συνόδευσε τον Ρώσο πρόεδρο σε επίσκεψη στην Κίνα, επιμένοντας πάντως ότι δεν βρισκόταν εκεί με επίσημη ιδιότητα.

Τα οφέλη για την οικογένειά του

Όπως συμβαίνει συχνά με τις οικογένειες ισχυρών και εύπορων πατριαρχών, και οι συγγενείς του Κρεμλέφ φαίνεται ότι επωφελήθηκαν από την άνοδό του. Το 2024, η ρωσική Novaya Gazeta ανέφερε ότι είχε παραχωρήσει στην τότε 21χρονη σύζυγό του, Αναστάσια Λεστσίνσκαγια, ένα κουρείο και ένα καφέ στο Σερπούχοφ, καθώς και πολυτελή αυτοκίνητα. Μάλιστα, αψηφώντας πλήρως τους νόμους, οι Porsche, Lamborghini και Aston Martin που φέρεται να της ανήκαν έχουν, σύμφωνα με δημοσιεύματα, συγκεντρώσει περίπου 50 κλήσεις από την τροχαία της περιφέρειας της Μόσχας.

Η Λεστσίνσκαγια ήταν γνωστή δημιουργός στο TikTok και το ένα από τα δύο μέλη του διδύμου «twinsrussian».

Ωστόσο, η δίδυμη αδελφή της είναι εκείνη που έχει προσελκύσει ακόμη μεγαλύτερο ενδιαφέρον. Η Εκατερίνα Λεστσίνσκαγια διευθύνει τη φιλοπουτινική οργάνωση Healthy Fatherland, ένα αθλητικό και πατριωτικό κίνημα στο οποίο το Κίεβο έχει επιβάλει κυρώσεις για τον φερόμενο ρόλο του στην απαγωγή, την απέλαση και την αναγκαστική μεταφορά παιδιών από την Ουκρανία. Η ίδια έχει επίσης συναντηθεί επανειλημμένα με τον Ρώσο πρόεδρο.

Και φαίνεται πως αυτή ακριβώς η σύνδεση του Τζούνιορ με τον Κρεμλέφ ήταν που ώθησε τη Μελάνια Τραμπ – η οποία έχει μεσολαβήσει σε συμφωνίες με Ρώσους αξιωματούχους για την επιστροφή Ουκρανών παιδιών – να πάρει αποστάσεις από τον γάμο του θετού γιου της, με εκπρόσωπό της να δηλώνει: «Η κυρία Τραμπ δεν έχει και δεν είχε ποτέ καμία σχέση με τον κ. Κρεμλέφ».

Ασαφής ο τρόπος σύνδεσης του Τραμπ Τζούνιορ με τον Κρεμλέφ
Ο Τραμπ Τζούνιορ, όμως, έχει. Το πώς ακριβώς ο γιος του Αμερικανού προέδρου μπήκε στον κύκλο του Κρεμλέφ παραμένει ασαφές. Εκπρόσωπος του γιου του Αμερικανού προέδρου δήλωσε ότι οι δύο άνδρες, αμφότεροι λάτρεις του κυνηγιού, γνωρίστηκαν μέσω κοινού φίλου και «δέθηκαν χάρη στην αγάπη τους για την πυγμαχία και τις δραστηριότητες στη φύση».

Επιπλέον, ο Τραμπ Τζούνιορ είχε επαφή με την πυγμαχία από μικρή ηλικία, λόγω της δραστηριότητας του πατέρα του ως διοργανωτή αγώνων. Στα δέκα του χρόνια είχε παρακολουθήσει από κοντά τον Μάικ Τάισον να διαλύει τον Μάικλ Σπινκς μέσα σε μόλις 91 δευτερόλεπτα στο Trump Plaza Hotel του Ατλάντικ Σίτι.

Ο κοινός φίλος μέσω του οποίου γνωρίστηκαν δεν έχει κατονομαστεί, ωστόσο αμφότεροι διατηρούν στενές σχέσεις με έναν Τούρκο επιχειρηματία, τον Κάαν Καρακάγια. Ο Καρακάγια φέρεται, μάίστα, να ήταν παρών σε ένα αμφιλεγόμενο κυνηγετικό ταξίδι στη Μογγολία το 2019, κατά το οποίο ο Τραμπ Τζούνιορ πυροβόλησε και σκότωσε ένα απειλούμενο πρόβατο.

Τον Σεπτέμβριο του περασμένου έτους, σε εκδήλωση της IBA στην Κωνσταντινούπολη, στην οποία παρευρέθηκε και ο Μάνι Πακιάο, παγκόσμιος πρωταθλητής σε οκτώ διαφορετικές κατηγορίες βάρους, ο Κρεμλέφ ανακοίνωσε τον διορισμό του Καρακάγια ως εκπροσώπου της οργάνωσης στην Τουρκία.

«Ο Κάαν υπήρξε μια γέφυρα ανάμεσα σε διαφορετικούς κόσμους, ένας φίλος που φέρνει τους ανθρώπους κοντά», είχε δηλώσει ο Κρεμλέφ.

«Ηγέτης και φίλος»

Ο Τραμπ Τζούνιορ παρευρέθηκε στην ίδια εκδήλωση της IBA και κάθισε δίπλα στον Κρεμλέφ πάνω στη σκηνή. Οι δύο άνδρες φαίνεται ότι διατηρούσαν ήδη τότε φιλική σχέση, παρά τα περιορισμένα αγγλικά του Ρώσου, ενώ ο Κρεμλέφ, σε μια ιδιαίτερα θερμή αναφορά, δήλωσε ότι ήταν «υπερήφανος που βρίσκεται εδώ με τον φίλο μου» και υποσχέθηκε ότι εκείνος και ο Τραμπ Τζούνιορ θα «προστατεύσουν τη διαφάνεια στην πυγμαχία και θα ανοίξουν τον δρόμο για την επόμενη γενιά».

Από την πλευρά του, ο Τραμπ Τζούνιορ επαίνεσε τον 43χρονο για το γεγονός ότι «επανέφερε την καθαρότητα της πυγμαχίας» και «αποκατέστησε την πραγματική δικαιοσύνη» στο άθλημα – μια αναφορά, όπως φαίνεται, στην πολιτική της IBA να μην επιτρέπει σε βιολογικούς άνδρες να αγωνίζονται στη γυναικεία πυγμαχία. «Είμαι υπερήφανος που αποκαλώ τον Ούμαρ όχι μόνο ηγέτη αλλά και φίλο», είχε δηλώσει, σύμφωνα με δελτίο Τύπου της IBA που είχε τον χαρακτηριστικό τίτλο: «Ούμαρ Κρεμλέφ και Ντόναλντ Τραμπ Τζούνιορ ενώνουν τις δυνάμεις τους».

Η θέση του για την πυγμάχο Ιμάν Κελίφ

Η IBA βρέθηκε ακόμη περισσότερο στο επίκεντρο της διεθνούς προσοχής κατά τη διάρκεια των Ολυμπιακών Αγώνων του Παρισιού το 2024, γεγονός που δημιούργησε μια ευκαιρία την οποία ο Κρεμλέφ μπορούσε να αξιοποιήσει.

Στους Αγώνες, η ΔΟΕ χρησιμοποίησε δική της μονάδα πυγμαχίας για τη διοργάνωση του τουρνουά, καθώς η IBA είχε ήδη αποβληθεί. Η διοργάνωση, ωστόσο, βρέθηκε στο επίκεντρο έντονης αντιπαράθεσης όταν επετράπη στην Αλγερινή πυγμάχος Ιμάν Κελίφ να αγωνιστεί στην κατηγορία των 66 κιλών γυναικών, μολονότι είχε αποκλειστεί από το Παγκόσμιο Πρωτάθλημα της προηγούμενης χρονιάς επειδή δεν είχε περάσει εξετάσεις επαλήθευσης φύλου.

Κι ενώ η IBA του Κρεμλέφ είχε αποκλείσει την Κελίφ από τις διοργανώσεις της, η ΔΟΕ της επέτρεψε να αγωνιστεί στους Ολυμπιακούς Αγώνες με βάση το γεγονός ότι στο διαβατήριό της αναγράφεται ως γυναίκα. Ακολούθησε διεθνής αντιπαράθεση, με την Κελίφ να κερδίζει ομόφωνα όλους τους αγώνες της και να κατακτά τελικά το χρυσό μετάλλιο.

«Είναι ξεκάθαρα καθορισμένο: ο γυναικείος αθλητισμός είναι για γυναίκες, ο ανδρικός αθλητισμός για άνδρες. Ο γυναικείος αθλητισμός είναι για γυναίκες», είχε δηλώσει ο Κρεμλέφ στο TalkSPORT, μεταφέροντας, μάλιστα, το μήνυμα αυτό στο υψηλότερο δυνατό επίπεδο, στέλνοντας ανοιχτή επιστολή 1.100 λέξεων στον Ντόναλντ Τραμπ, ο οποίος είχε πρόσφατα υπογράψει εκτελεστικό διάταγμα που απαγόρευε στις τρανς γυναίκες να αγωνίζονται στις γυναικείες κατηγορίες αθλημάτων.

Στην επιστολή, ο Κρεμλέφ έγραφε: «Είναι ζωτικής σημασίας όλοι οι αθλητές να αγωνίζονται επί ίσοις όροις και η θέση σας στο ζήτημα αποτελεί σημαντικό βήμα προς την επίτευξη αυτού του στόχου», ενώ επιτέθηκε και στη ΔΟΕ, λέγοντας: «Η Διεθνής Ολυμπιακή Επιτροπή και η σημερινή ηγεσία της έχουν, δυστυχώς, οδηγήσει το Ολυμπιακό Κίνημα σε παρακμή με τις κοντόφθαλμες ενέργειές τους και την κακή διοίκηση».

Ο Κρεμλέφ έριξε επίσης στον Αμερικανό πρόεδρο άλλο ένα «τυράκι». «Το τελευταίο Παγκόσμιο Πρωτάθλημα Πυγμαχίας της IBA στις Ηνωμένες Πολιτείες πραγματοποιήθηκε το 2007 στο Σικάγο. Ενδιαφερόμαστε πολύ να επαναφέρουμε τη διοργάνωση στη χώρα σας και είμαστε περισσότερο από έτοιμοι να συνεργαστούμε προς αυτή την κατεύθυνση» έγραψε, ενώ έκλεισε την επιστολή του παραλλάσσοντας δύο από τις αγαπημένες φράσεις του Τραμπ: «Σας ευχαριστώ για την προσοχή σας σε αυτά τα σημαντικά ζητήματα. Προσβλέπουμε με μεγάλη αισιοδοξία στην πιθανότητα να συνεργαστούμε για να κάνουμε ξανά σπουδαίο το Ολυμπιακό Κίνημα, να προωθήσουμε το άθλημα της πυγμαχίας και να υπερασπιστούμε τα δικαιώματα των αθλητών σε ολόκληρο τον κόσμο».

Η αντιπαράθεση με τους Σαουδάραβες

Το 2025, η IBA ανέβασε ακόμη περισσότερο στροφές. Σύμφωνα με πληροφορίες της Telegraph, στην Κωνσταντινούπολη η ομάδα του Κρεμλέφ προσέφερε στον γνωστό Βρετανό πυγμάχο Τάισον Φιούρι αμοιβή 50 εκατ. λιρών προκειμένου να αγωνιστεί σε μία από τις διοργανώσεις της IBA. Ο Φιούρι, ωστόσο, επέλεξε να υπογράψει συμφωνία τριών αγώνων με τον Τούρκι Αλ-Σέιχ, αξιωματούχο της κυβέρνησης της Σαουδικής Αραβίας.

Ο Κρεμλέφ αποτελεί, ουσιαστικά, τον ισχυρότερο promoter του αθλήματος στην Ανατολική Ευρώπη, αποτελώντας άμεση πρόκληση για την επιρροή του Αλ-Σέιχ και των Σαουδαράβων στην πυγμαχία και για τον έλεγχό τους σε ορισμένους από τους σημαντικότερους αγώνες του αθλήματος.

Άνθρωποι από τον χώρο της πυγμαχίας περιγράφουν τον Κρεμλέφ ως «μια χαρισματική προσωπικότητα που εμφανίζεται σε εκδηλώσεις και διοργανώσεις περιστοιχισμένος από μια πολυάριθμη ομάδα συνεργατών, σχεδόν σαν αρχηγός κράτους». Οι ομιλίες του είναι συχνά φορτισμένες συναισθηματικά και δυναμικές, με επαναλαμβανόμενες αναφορές στον τρόπο με τον οποίο η πυγμαχία μπορεί να αλλάξει τις ζωές των νέων ανθρώπων.

«Συχνά δεν έχει ιδιαίτερη έκφραση στο πρόσωπό του, κι όμως αποπνέει μια ευγένεια και μια ταπεινότητα», δήλωσε άνθρωπος του χώρου.

Το περασμένο καλοκαίρι, η IBA λάνσαρε και δικό της πρωτάθλημα πυγμαχίας χωρίς γάντια. Οι πρώτοι αγώνες πραγματοποιήθηκαν στη Μόσχα, όμως ήταν το ντεμπούτο στις ΗΠΑ, στο Μαϊάμι, το φετινό καλοκαίρι που τράβηξε την προσοχή.

Συμπαρουσιαστής της εκδήλωσης ήταν ο Άντριου Τέιτ, ο Βρετανός πρώην kickboxer και αυτοαποκαλούμενος μισογύνης, ο οποίος δεν ανέβηκε ποτέ στη σκηνή, καθώς συνελήφθη έξω από τον χώρο της διοργάνωσης. Ο Τέιτ και ο αδελφός του, Τρίσταν, βρίσκονται αντιμέτωποι με έκδοση στη Βρετανία, όπου αντιμετωπίζουν συνολικά 59 κατηγορίες, μεταξύ των οποίων βιασμό, αδικήματα που συνδέονται με εμπορία ανθρώπων για σεξουαλική εκμετάλλευση και άσεμνες εικόνες παιδιού. Και οι δύο αρνούνται οποιαδήποτε παρανομία.

Γλυκάθηκε με το Παγκόσμιο Κύπελλο και το UFC Freedom στον Λευκό Οίκο

Ωστόσο, δύο άλλες διοργανώσεις του καλοκαιριού φαίνεται ότι ενέπνευσαν περισσότερο τον Κρεμλέφ: το Παγκόσμιο Κύπελλο της FIFA υπό τον Τζάνι Ινφαντίνο και το UFC Freedom 250 του Ντέινα Γουάιτ, που φιλοξενήθηκε σε κήπο του Λευκού Οίκου.

«Ο Κρεμλέφ είδε πώς ο Ντέινα και ο Ινφαντίνο κατάφεραν να πάρουν αυτό που ήθελαν», δήλωσε παράγοντας του αθλητισμού. «Θέλει κι αυτός ένα κομμάτι από αυτή την πίτα».

«Και το να έχεις πρόσβαση στον Ντον Τζούνιορ είναι μια καλή αρχή», πρόσθεσε η ίδια πηγή.

Μάλλον πέρασε τα όρια και το «πληρώνει»

Στην προσπάθειά του, όμως, να αποκτήσει κυρίαρχη θέση στον παγκόσμιο αθλητισμό, ο Κρεμλέφ ίσως να πέρασε τα όρια. Η Ομοσπονδπια της οποίας ηγείται, απέχει πολύ από το να ανακτήσει τον έλεγχο της ολυμπιακής πυγμαχίας, καθώς τι χάσμα με τη ΔΟΕ δεν γεφυρώνεται, και η ζημιά που προκάλεσε το «εξαιρετικά γενναιόδωρο γαμήλιο δώρο» του – όπως το χαρακτήρισαν ο κύριος και η κυρία Τραμπ Τζούνιορ – φαίνεται ότι βαρύνει κυρίως τον ίδιο.

Παρότι στο νησί στις Μπαχάμες βρίσκονταν μόλις περίπου 50 άνθρωποι, ο Κρεμλέφ είχε φτάσει συνοδευόμενος από μεγάλη ομάδα Ρώσων, οι οποίοι απομονώνονταν από τους υπόλοιπους και μιλούσαν μεταξύ τους, σύμφωνα με το ProPublica. Η παρουσία και η συμπεριφορά τους είχε προκαλέσει, μάλιστα, απορίες στους άλλους καλεσμένους.

Και ύστερα τραβήχτηκε μια ομαδική φωτογραφία, όπου το ξυρισμένο κεφάλι του Κρεμλέφ διακρίνεται μισοκρυμμένο στο πίσω μέρος, ενώ στο κέντρο βρίσκονται η Ιβάνκα Τραμπ, ο Τζάρεντ Κούσνερ, η Τίφανι Τραμπ και άλλοι.

«Τι σκεφτόταν;» σχολίασε στην Telegraph πρόσωπο από κύκλους Ρώσων ολιγαρχών. «Είναι ένας μπράβος που κατάφερε να βρεθεί στη σωστή πλευρά του προέδρου και ενθουσιάστηκε υπερβολικά».

Πρώτα ήταν η Μελάνια Τραμπ που πήρε αποστάσεις. Στη συνέχεια, εκπρόσωπος του Έρικ Τραμπ, αδελφού του Ντόναλντ Τραμπ Τζούνιορ, δήλωσε για τον Κρεμλέφ: «Ο Έρικ δεν έχει απολύτως καμία ιδέα ποιος είναι αυτός ο άνθρωπος και δεν έχει ακούσει ποτέ το όνομά του». Και μετά ήρθε το τελειωτικό χτύπημα από τον ίδιο τον Ντόναλντ Τραμπ: «Δεν έχω ιδέα ποιος είναι ο Ούμαρ. Δεν τον έχω ξανακούσει ποτέ».

protothema.gr

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