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La Russie et l’Europe face au « printemps arabe »

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La Russie et l’Europe face au « printemps arabe »
En Syrie

Début janvier 2011, alors que
l’étincelle allumée par les événements de Tunisie commençait à provoquer
les premiers incendies en Égypte, au Yémen et au Bahreïn, un
ambassadeur d’un pays européen me prit à part lors d’une réception
diplomatique et me demanda, en triturant un bouton de ma veste : «
Pourquoi la Tunisie ? ».

Son visage exprimait une perplexité sincère face à la logique perfide
d’une Histoire qui refusait de distinguer les « bons » dictateurs des «
mauvais ». À vrai dire, j’ai moi-même du mal à comprendre, aujourd’hui
encore, pour quelle raison le tsunami qui allait rapidement recouvrir
une bonne moitié du monde arabe est né précisément en Tunisie, un pays
tout à fait pro-occidental et relativement prospère à en juger par ses
principaux indicateurs.
Ce qui nous conduit à une réflexion à première vue banale mais, en
réalité, fondamentale. Le « printemps arabe », rapidement rebaptisé «
automne » puis « hiver » arabe, est un phénomène imprévisible par
nature. Il obéit à ses propres règles, qui échappent parfois à
l’analyse. L’irruption de la démocratie au Proche-Orient a pris tout le
monde par surprise, de la même façon que les fortes chutes de neige
enregistrées à Jérusalem cette année-là. À priori, chacun savait que
cela pouvait se produire ; mais les personnes et organisations
compétentes, y compris les services météorologiques et diplomatiques, se
sont montrées incapables de prédire que des congères allaient
temporairement paralyser toute activité.

En Occident, le « printemps arabe » a été perçu comme une
victoire de la démocratie ; en Russie, comme une victoire de l’Occident

En deux ans, le « printemps arabe » a apporté de nombreuses
surprises. La plus importante d’entre elles, mais pas la seule, est
l’arrivée en force des islamistes sur la scène politique. En Égypte,
déjouant tous les pronostics, ils ont réussi avec une facilité
déconcertante à écarter du pouvoir les militaires et à faire adopter par
référendum une constitution fondée sur la charia. S’ils remportent les
prochaines élections législatives – ce qui est très probable – , il
faudra admettre que les islamistes se sont fermement installés au
pouvoir au Caire, et donc dans le monde arabe dans son ensemble.

Tâchons d’y voir plus clair…

Le « printemps arabe » n’a pas suscité la même interprétation à
Moscou et dans les chancelleries occidentales. En Occident, il a été
perçu comme une victoire de la démocratie ; en Russie, comme une
victoire de l’Occident. C’est compréhensible : depuis la fin de la
Guerre froide, l’Occident et la Russie jouent des rôles distincts dans
le processus de reformatage du monde : schématiquement, l’Occident «
démocratise » et la Russie « se fait démocratiser ». D’où des réactions
fort différentes aux événements complexes du « printemps arabe » par
l’éclatement, dans les pays frontaliers, de « révolutions de couleur »
soutenues plus ou moins ouvertement par des forces extérieures. C’est
pourquoi dès mars 2011, après le début de l’intervention armée de l’OTAN
en Libye, la Russie s’est fermement prononcée contre toute tentative
d’imposer la démocratie par la force, y voyant non seulement la
manifestation d’une concurrence déloyale sur les marchés du
Proche-Orient mais aussi une nouvelle illustration des « doubles
standards » qui compromettent le choix démocratique en tant que tel.

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Le « printemps arabe »

Dès les premiers frémissements du « printemps arabe », la Russie a
affirmé que le dialogue était le seul moyen acceptable de régler les
conflits. Plus que cela : avant les excès de la guerre civile en Libye,
la direction (et à fortiori l’opinion publique) russe souhaitait éviter
tout conflit avec l’Occident sur une question aussi délicate que la
transformation démocratique du Proche-Orient. De même que la Chine,
l’Inde, le Brésil et l’Allemagne, la Russie s’est abstenue lors du vote
de la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU sur
l’établissement d’une « zone d’exclusion aérienne » en Libye. Mais
l’Amérique étant sur le point d’entrer en campagne électorale, Barack
Obama avait besoin d’un succès rapide et indiscutable au Proche-Orient.
Quant aux Européens, aspirés dans cette situation moralement
contestable, ils ont vu resurgir leurs vieux réflexes colonialistes
datant de la lutte pour le pétrole de la Cyrénaïque. Résultat : la Libye
a eu droit à une guerre civile de grande ampleur doublée d’une
intervention extérieure, et la Russie a dû fermement mettre les points
sur les « i » et faire part de son refus catégorique de voir un
changement de régime se produire suite à une ingérence étrangère.

Les Européens, comme le cas libyen l’a récemment illustré
de manière éclatante, font souvent passer les considérations relatives à
leur responsabilité internationale

Le fait qu’à l’automne 2011 la Russie soit à son tour entrée dans un
cycle électoral a également influé son attitude. Les enjeux de sa
polémique avec l’Occident et avec son opposition intérieure ont
augmenté. Dans un article programmatique intitulé « La Russie est un
monde qui change », Vladimir Poutine commença par rappeller que les
sympathies des citoyens russes allaient à ceux qui luttaient pour des
réformes démocratiques, avant de critiquer avec virulence le soutien
offert par la coalition occidentale à l’une des parties au conflit
libyen. Condamnant le meurtre « même pas moyenâgeux, quasiment
préhistorique, de Kadhafi », il a durement mis en garde l’Occident
contre une « continuation de la déstabilisation du système de sécurité
internationale dans son ensemble » qui, selon lui, ne manquerait pas de
se produire en cas d’ingérence militaire en Syrie sans mandat du Conseil
de sécurité de l’ONU.
Comme on pouvait s’y attendre, cet exposé abrupt de la posture russe,
tout à fait dans l’esprit du « discours de Munich » en 2007, a provoqué
des réactions nerveuses à l’extérieur comme à l’intérieur du pays (de
la part des membres d’obédience libérale de la « classe créative »
russe). La Russie de Poutine, déplorait-on, refusait une fois de plus de
prendre place aux côtés de la communauté démocratique. Il était
pourtant évident que la « Russie de Poutine » n’allait pas se ranger à
des décisions prises sans qu’elle ait eu son mot à dire. Bien sûr, il
serait partiel, voire hypocrite, de présenter le rapport de Moscou au «
printemps arabe » exclusivement comme une réaction aux « doubles
standards » pratiqués par l’Occident. De même que l’Occident, la Russie
s’est très pragmatiquement adaptée à l’évolution de la situation,
cherchant surtout à ne pas perdre prise alors que les événements
s’enchaînaient à grande vitesse. Mais il faut souligner que ce
pragmatisme ne l’a pas empêchée de toujours respecter une hiérarchie
relativement nette de ses objectifs.

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En Libye
Concernant le « printemps arabe », ces priorités se répartissent en trois niveaux distincts :
  • Le niveau global : la Russie détient
    une part de responsabilité pour la préservation de la sécurité globale
    et régionale du fait de son statut de membre permanent du Conseil de
    sécurité de l’ONU et de sa participation au
  • « Quartet » pour le Proche-Orient et aux négociations « 5+1 » avec l’Iran ;
  • Le niveau régional : la Russie
    souhaite protéger ses intérêts historiques dans la région et conserver
    des relations développées avec les pays arabes et Israël dans les
    domaines politique, commercial et économique, militaro-technique,
    culturel et humanitaire ;
  • Le « troisième panier » : la Russie
    soutient les réformes démocratiques dans le monde arabe, vues comme un
    élément du processus global de la démocratisation des États souverains.

On peut facilement constater que les autres grands acteurs
internationaux – États-Unis, Union européenne, Chine – élaborent eux
aussi leur politique étrangère en fonction de ces mêmes groupes de
priorités, même s’ils les interprètent et les hiérarchisent
différemment. Par exemple, pour les Américains, la démocratie et les
droits de l’homme (le « troisième panier ») sont généralement
prioritaires non seulement par rapport à la souveraineté des États mais
aussi, parfois, par rapport à la responsabilité globale de Washington.
Les Européens, comme le cas libyen l’a récemment illustré de manière
éclatante, font souvent passer les considérations relatives à leur
responsabilité internationale. Aussi paradoxal que cela puisse paraître,
cet impératif de la réflexion géopolitique datant de l’époque
soviétique a poussé les pays occidentaux à considérer notre position
comme relevant de l’obstructionnisme par rapport à leur politique. Sans
doute estimaient-ils qu’eu égard à ses incontestables problèmes
internes, à ses réformes inachevées et à la réduction drastique de sa
présence militaro-stratégique dans le monde, la Russie allait se montrer
plus coopérative. Mais nous avons suivi notre propre voie, refusant de
nous impliquer dans ses actions susceptibles de provoquer des
changements de régime. Moscou a appelé à un respect inconditionnel de la
souveraineté des États, à la non-ingérence et au règlement des conflits
par le dialogue. Cette attitude a été interprétée par les autres
acteurs d’abord comme la résurgence d’une logique néo-impériale, puis –
en Syrie – comme une tentative de conserver à tout prix la mainmise
russe sur le marché de l’armement.

le cas de la Syrie
Lutte armée en Syrie

Cependant, c’est grâce à la détermination russe que la situation,
spécialement en Syrie, a pu rester dans les limites de la rationalité.
On peut même prendre le risque d’affirmer que l’ « opposition
constructive » incarnée par la Russie et la Chine a apporté une qualité
nouvelle aux interactions collectives dans les affaires de la région.
Les débats du Conseil de sécurité et les polémiques avec les
représentants de diverses fractions de l’opposition syrienne ont
constitué autant de pas concrets faits dans la direction d’une
démocratisation des relations internationales.

Viribus Unitis

Puisqu’ils font des interprétations différentes des problèmes qui
surgissent au fur et à mesure du déroulement du « printemps arabe », les
acteurs extérieurs agissent toujours séparément – et, le plus souvent,
en se faisant concurrence. Non seulement ce manque de coordination
complique et repousse le règlement des conflits mais, en plus, crée un
contexte favorable à la montée en puissance des extrémistes de tout poil
– des djihadistes rejetant les valeurs de la « civilisation occidentale
corrompue » aux activistes d’Al-Qaïda, désireux d’instaurer un califat
islamique mondial.
Prenons le cas de la Syrie. Dans ce pays, c’est la « classe créative »
qui s’oppose politiquement au régime de Bachar el-Assad, mais les
opérations militaires sont conduites par un conglomérat hétéroclite
dominé par les islamistes. Dans le contexte extrêmement tendu de la
guerre civile, Assad avait paru satisfaire les exigences de l’opposition
concernant la démocratisation du pays, et avait clairement indiqué
qu’il était prêt à entamer un dialogue de grande ampleur fondé sur la
plate-forme définie dans le communiqué de Genève. Mais étant donné la
force d’inertie de la lutte armée en Syrie et l’entrelacement des
intérêts des islamistes des pays voisins, on ne voit guère poindre à
l’horizon un règlement de crise centré sur la préservation de la
sécurité régionale et mondiale.

 la lutte armée en Syrie
Lutte armée en Syrie

Par quels facteurs l’expliquer ? Peut-être par le fait que ceux qui
instrumentalisent la démocratie et les droits de l’homme à des fins
politiques refusent d’attribuer le rôle du « pécheur repenti » à Assad,
de même qu’à d’autres symboles du passé soviétique. Peut-être, plus
simplement, par le fait que l’opposition syrienne – qui considère dans
sa majorité les slogans démocratiques comme rien de plus qu’une
obligation conjonctuelle – joue efficacement des divergences existant
entre les acteurs extérieurs…
Si ces questions paraissent tout à fait rhétoriques, leurs enjeux
sont cependant cruciaux. Après avoir patiné en Libye, le « printemps
arabe » s’est retrouvé, en Syrie, à la croisée des chemins. Il est
évident que la suite des événements dépend largement de la façon dont le
conflit sera réglé dans ce pays clé. Se dirige-t-on vers un scénario
« yéménite », ouvrant la voie à un changement de régime dans la douceur,
ou va-t-on assister à la répétition du modèle libyen, qui s’est
accompagné, entre autres, de l’assassinat de l’ambassadeur américain à
Tripoli et d’une « piste libyenne » dans la prise d’otages perpétrée par
des islamistes maliens en Algérie ?
Une chose est sûre : le renversement d’Assad (avec la participation
directe ou indirecte de forces étrangères) faciliterait sensiblement la
tâche des extrémistes qui aspirent à une « talibanisation » du
Proche-Orient. Inversement, l’absence d’ingérence étrangère dans les
affaires syriennes contribuerait au maintien de la situation dans le
champ du droit international et pourrait permettre de rationaliser la
transition de la région de l’autoritarisme à la démocratie.
Mais pour faire la bon choix, les acteurs extérieurs doivent repenser
fondamentalement leur approche des événements se produisant dans le
cadre du « printemps arabe ». Il est impératif d’élaborer un programme
collectif constructif visant à résoudre les problèmes stratégiques, au
premier rang desquels les deux principales menaces susceptibles à court
terme non seulement de déstabiliser la situation au Grand Moyen-Orient
mais aussi d’en faire l’épicentre d’un conflit de civilisations.
Voici les buts qui doivent absolument être atteints.

Premièrement. Empêcher Israël de frapper l’Iran.

La probabilité de l’emploi de la force contre le « régime des
ayatollahs » augmente chaque jour. À l’automne dernier, le Premier
ministre israélien Benyamin Netanyahou a déclaré, à la tribune de
l’Assemblée générale de l’ONU, que le programme nucléaire iranien
atteindrait le « point de non-retour » au printemps 2013, et prévenu que
si les ambitions nucléaires de Téhéran n’étaient pas rapidement
contenues, Israël se réservait le droit d’agir seul. Il ne s’agit pas
d’une rodomontade rhétorique, mais d’un avertissement très clair, lancé
au plus haut niveau possible.
L’affaiblissement de la droite israélienne à la suite des élections
législatives de janvier a réduit le risque du recours à la force contre
l’Iran, mais n’a pas suffi à le faire disparaître.

Une chose est sûre : le renversement d’Assad (avec la
participation directe ou indirecte de forces étrangères) faciliterait
sensiblement la tâche des extrémistes qui aspirent à une «
talibanisation » du Proche-Orient

On peut s’étonner de voir un État nucléaire n’ayant pas signé le TNP
menacer un État qui, lui, est partie au TNP et dont les sites se
trouvent sous le contrôle de l’AIEA. Mais pour être irrationnelle, la
situation n’en est pas moins dangereuse. Il apparaît clairement que les
Iraniens ont l’intention de conduire leur programme nucléaire jusqu’à «
minuit moins cinq ». À leurs yeux, c’est le seul moyen de garantir leur
souveraineté. Or Israël n’est pas prêt à coexister avec un Iran
nucléaire – un pays dont les dirigeants ont à de multiples reprises
appelé à la destruction de l’État hébreu. Résultat : la confrontation
israélo-iranienne constitue un sujet de préoccupation de premier ordre
pour le monde entier. Une déflagration risquerait de provoquer une
réaction en chaîne et une explosion majeure.

Les États-Unis et l’Union européenne ont adopté des sanctions contre l’Iran
Les États-Unis et l’Union européenne ont adopté des sanctions contre l’Iran

Les États-Unis et l’Union européenne ont adopté contre l’Iran des
sanctions sans précédent, qui ont déjà commencé à produire leur effet (à
la fin de l’année 2012, les exportations de pétrole de Téhéran avaient
chuté de 40%). Mais jusqu’à présent, cette ligne n’a apporté aucun
résultat politique. La combinaison des sanctions et de la menace d’une
frappe sur les sites nucléaires n’a fait que rassembler les Iraniens
autour du régime. De plus, dans cette guerre des nerfs, il arrive que
les Iraniens prennent le dessus sur leurs adversaires, grâce au large
soutien dont leur droit à l’atome bénéficie au sein du monde musulman et
du Mouvement des non-alignés (une instance dont l’Iran a pris la
présidence en 2012).
La situation paraît bloquée. Trop d’ambiguïtés, certaines
constructives, d’autres beaucoup moins, se sont accumulées dans le
domaine de la dissuasion, si bien qu’il paraît impossible d’espérer
résoudre dans ce cadre le probème posé par le programme nucléaire
iranien.
Il faut également tenir compte des changements qui semblent
s’annoncer dans l’équilibre des forces au Proche-Orient, liés, entre
autres, à l’activisme régional de l’Arabie saoudite et des pays du Golfe
persique, où les positions anti-iraniennes et anti-chiites sont
traditionellement fortes. Ce facteur engendre des manœuvres dangereuses
et à courte vue, reposant sur le calcul que les sunnites pourraient
soutenir le recours à la force contre l’Iran. Il s’agit d’une illusion
inquiétante mais tout à fait caractéristique d’une perception
superficielle qui s’est formée autour de l’Iran.
Pour conserver la situation sous contrôle, une approche double
s’impose : il convient, parallèlement aux négociations « 5 + 1 »
(auxquelles on pourrait convier la Turquie ou un représentant de la
Ligue arabe), d’élaborer une position commune résolument opposée à un
règlement du problème par la force ; il faut aussi, dans le même temps,
fournir à Israël comme à l’Iran des garanties internationales visant à
apaiser leurs craintes. On pourrait, de cette façon, obtenir davantage
de temps pour élaborer un règlement définitif des questions posées par
la prolifération nucléaire au Proche-Orient, conformément aux exigences
du TNP.

Deuxièmement. Aider les Palestiniens et Israël à relancer le processus de paix sur la base d’une solution à deux États.

C’est le deuxième problème le plus important de la région. Là aussi,
des actions immédiates des pays de la zone et de la communauté
internationale s’imposent. Les islamistes parvenus au pouvoir grâce au «
printemps arabe » vont-ils respecter les accords de paix que leurs
prédécesseurs ont passés avec Israël, y compris les arrangements
informels ? C’est une question essentielle. Le problème palestinien se
trouve au coeur de la conscience nationale des Arabes en général et
spécialement des groupes et partis islamistes. Sa résolution est vue
comme un objectif commun à toute la nation arabe, susceptible sous
certaines conditions d’unir le monde arabe – sunnite et chiite – autour
de l’hostilité envers Israël. Il y a là une menace réelle, même si elle
n’est peut-être pas immédiate. Mais l’évolution du positionnement des
Arabes vis-à-vis du dossier israélo-palestinien constituera également un
révélateur de la capacité de la région à évoluer vers une communauté de
nations démocratiques. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les
processus enclenchés par le « printemps arabe » sont susceptibles
d’aboutir à une résolution heureuse de ce conflit. Citons la fin
relativement rapide, et obtenue sans qu’aucune partie ne perde face, de
l’opération « Pilier de défense », grâce à une médiation efficace de
l’Égypte islamiste ; la tendance à l’adoucissement du blocus de la bande
de Gaza, où le leader du Hamas Khaled Mechaal a pu effectuer une visite
pour la première fois ; ou encore la réaction plutôt pondérée d’Israël à
l’attribution à la Palestine du statut d’État observateur auprès de
l’ONU.

Le problème palestinien se trouve au cœur de la
conscience nationale des Arabes en général et spécialement des groupes
et partis islamistes

Globalement, il semble que des mécanismes jusqu’alors dissimulés aux
regards indiscrets ont été actionnés. La nouvelle administration Obama
envoie des signaux encourageants ; les Français s’apprêtent, à présent
que les élections législatives israéliennes sont passées, à rendre
publique leur propre initiative pour le Proche-Orient ; en Israël même,
Ehoud Barak, Shaul Mofaz et, tout récemment, Tzipi Livni ont appelé à un
déblocage rapide du processus de paix.
Bien entendu, cela ne signifie pas que le nouveau cabinet Nétanyahou
infléchira l’approche radicale du précédent gouvernement de droite à
l’égard de la question des constructions de logements dans les
implantations – une question qui bloque toute relance des négociations
israélo-palestiniennes. Mais, historiquement, les grandes percées du
processus de paix au Proche-Orient (le voyage de Sadate à Jérusalem, les
accords d’Oslo) ont toujours paru surgir de nulle part, de façon
absolument inattendue – en tout cas, pour le grand public. En réalité,
ces progrès sont, chaque fois, venus couronner un travail discret de
longue haleine mené par des experts et des dirigeants politiques ayant
bien saisi l’air du temps.
La situation actuelle est comparable. Le nouveau statut de la
Palestine pose la question des frontières de l’État palestinien. D’un
point de vue politique, continuer d’aller de l’avant est la seule option
possible, car en l’absence de progrès dans le processus de discussion
israélo-palestinien, la région risque fort de connaître une nouvelle
phase de radicalisation. Certaines conditions subjectives sont également
réunies : le match nul politique par lequel s’est achevée l’opération «
Pilier de défense » rappelle fort la situation qui prévalait après la
guerre de 1973, dont Kissinger a brillamment tiré profit pour lancer un
processus qui finit par aboutir aux accords de Camp David et à un traité
de paix entre Israël et l’Égypte.
Pour résumer, la diplomatie a une chance réelle de l’emporter au
Proche-Orient, à condition que les puissances régionales se consacrent
ensemble à la recherche d’une solution. L’objectif principal aujourd’hui
consiste à mettre en évidence les paramètres d’une entente potentielle.
La Ligue arabe s’est dite prête à passer un accord avec l’État hébreu
sur la base de l’initiative saoudienne, dont il faut souligner qu’Israël
ne l’a pas rejetée en bloc. Pour les Palestiniens (y compris le Hamas),
il est fondamental de faire en sorte que leur État dispose de
frontières légitimes. Dans ce contexte, on ne peut pas exclure que le
nouveau cabinet israélien juge qu’il est dans son intérêt de chercher à
élaborer un accord sur les frontières en échange de garanties de
sécurité de la part des Palestiniens et du monde arabe dans son
ensemble.
Le document de base pour des négociations selon la formule « la paix
en échange des terroristes » existe déjà. Il s’agit de la « feuille de
route » de 2003, amendée de façon à intégrer l’ « évolution de la
situation sur le terrain » et, possiblement, l’initiative de paix
saoudienne. Il existe également une instance de négociation créée suite à
l’élaboration de la « feuille de route » : le Quartet international,
auquel il serait logique d’intégrer plusieurs puissances régionales
comme l’Égypte, l’Arabie saoudite et la Turquie. Ce Quartet élargi
pourrait également fournir un cadre à la discussion sur le statut
définitif de Jérusalem, le droit au retour ou les questions de sécurité.
Une seule réserve : pour qu’un scénario aussi optimiste voie le jour,
il est nécessaire que les acteurs régionaux et internationaux procèdent
à une transformation radicale de leur approche et se réorientent vers
des objectifs généraux, au premier rang desquels l’incorporation
harmonieuse et organique du Proche-Orient dans la communauté mondiale
des nations démocratiques.
Car l’ère du bon sens doit bien finir par survenir un jour dans cette
région. Quand allons-nous comprendre que cette contrée qui a tant
souffert peut et doit passer d’une zone d’hostilité et de conflit à une
plate-forme de construction d’un monde plus juste et plus sûr ? Car
l’autre terme de l’alternative est connu : c’est le conflit des
civilisations. Le virus du djihadisme a déjà sa tâche destructrice.
Seuls les efforts communs permettront de l’arrêter. Viribus unitis.

Piotr Stegni, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, membre du Conseil russe pour les affaires internationales (RSMD)
Le Courrier de Russie

Αναλύσεις

Η Κίνα βρίσκει δρόμο που παρακάμπτει το Πακιστάν – Ο διάδρομος Ουαχάν αλλάζει τις γεωπολιτικές ισορροπίες

Μία νέα οδική αρτηρία μήκους 121 χιλιομέτρων στο βορειοανατολικό Αφγανιστάν δημιουργεί τις προϋποθέσεις για απευθείας χερσαία σύνδεση με την Κίνα, χωρίς διέλευση από το Πακιστάν. Η ολοκλήρωση του δρόμου στον ιστορικό διάδρομο Ουαχάν αποκτά ιδιαίτερη γεωπολιτική σημασία, καθώς το Πεκίνο αντιμετωπίζει σοβαρά προβλήματα ασφαλείας με τις επενδύσεις του στο Πακιστάν, ενώ η Καμπούλ επιδιώκει να μειώσει την εξάρτησή της από το Ισλαμαμπάντ.

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Μία σημαντική εξέλιξη στις χερσαίες μεταφορές και στις γεωπολιτικές ισορροπίες της Κεντρικής Ασίας καταγράφεται στο Αφγανιστάν, με την ολοκλήρωση νέου δρόμου στον στρατηγικής σημασίας διάδρομο Ουαχάν.

Σύμφωνα με ανάλυση του Imran Khurshid που δημοσιεύθηκε στις 9 Οκτωβρίου 2026 στο Asia Times, οι αφγανικές αρχές εγκαινίασαν οδική διαδρομή 121 χιλιομέτρων, η οποία εκτείνεται από την περιοχή Μπρογκίλ έως τα σύνορα με την Κίνα, στην επαρχία Μπανταχσάν.

Το έργο κόστισε περίπου 365 εκατομμύρια αφγάνι, ποσό που αντιστοιχεί σε περίπου 5,5 εκατομμύρια δολάρια.

Κατά τις αφγανικές ανακοινώσεις, κατασκευάστηκε από ντόπιους μηχανικούς και εργαζομένους, χωρίς τη συμμετοχή ξένων τεχνικών συμβούλων.

Η νέα διαδρομή φθάνει στα σινοαφγανικά σύνορα. Αυτό, ωστόσο, δεν σημαίνει ότι λειτουργεί ήδη πλήρης διεθνής εμπορευματικός διάδρομος, καθώς εξακολουθούν να υπάρχουν σημαντικοί τεχνικοί και συνοριακοί περιορισμοί.

Γιατί ο διάδρομος Ουαχάν έχει στρατηγική σημασία

Ο διάδρομος Ουαχάν αποτελεί μια στενή λωρίδα αφγανικού εδάφους ανάμεσα στο Τατζικιστάν, το Πακιστάν και την Κίνα.

Η γεωγραφική του διαμόρφωση συνδέεται με τον ανταγωνισμό της Βρετανικής και της Ρωσικής Αυτοκρατορίας κατά τον 19ο αιώνα.

Η περιοχή διατηρήθηκε ως ζώνη διαχωρισμού των δύο αυτοκρατορικών σφαιρών επιρροής, αποτελώντας ένα από τα χαρακτηριστικότερα γεωγραφικά κατάλοιπα του λεγόμενου «Μεγάλου Παιχνιδιού».

Σήμερα, η ίδια περιοχή αποκτά νέα σημασία, αυτή τη φορά λόγω της προσπάθειας σύνδεσης της Κίνας με το Αφγανιστάν και ευρύτερα με την Κεντρική Ασία.

Ο δρόμος ανοίγει τη δυνατότητα δημιουργίας μιας εναλλακτικής οδού μεταφορών, περιορίζοντας δυνητικά την ανάγκη διέλευσης από το πακιστανικό έδαφος.

Το πρόβλημα της Κίνας με τον οικονομικό διάδρομο CPEC

Το ενδιαφέρον της εξέλιξης εντοπίζεται κυρίως στην προσπάθεια του Πεκίνου να περιορίσει την εξάρτησή του από ευάλωτες υποδομές.

Ο Οικονομικός Διάδρομος Κίνας–Πακιστάν, γνωστός ως CPEC, αποτελεί ένα από τα σημαντικότερα προγράμματα της κινεζικής πρωτοβουλίας Belt and Road.

Μέσω του συγκεκριμένου σχεδίου, η Κίνα επιχειρεί να ενισχύσει τις εμπορικές και ενεργειακές συνδέσεις της με τη Νότια Ασία και την Αραβική Θάλασσα.

Ωστόσο, η υλοποίηση των έργων έχει αντιμετωπίσει σοβαρές δυσκολίες.

Στην επαρχία Μπαλουχιστάν, οργανώσεις αυτονομιστών έχουν πραγματοποιήσει επανειλημμένες επιθέσεις εναντίον κινεζικών συμφερόντων, εγκαταστάσεων και εργαζομένων.

Οι επιθέσεις αυτές έχουν επιβαρύνει την ασφάλεια των υποδομών και έχουν αυξήσει το κόστος προστασίας των κινεζικών επενδύσεων.

Παράλληλα, έχουν διατυπωθεί καταγγελίες για καθυστερήσεις, κακοδιαχείριση και προβλήματα διαφάνειας σε επιμέρους προγράμματα του CPEC.

Η εδαφική διαμάχη με την Ινδία

Μια επιπλέον γεωπολιτική δυσκολία συνδέεται με τη διέλευση του CPEC από το Γκιλγκίτ–Μπαλτιστάν.

Η περιοχή διοικείται από το Πακιστάν, αλλά διεκδικείται από την Ινδία, στο πλαίσιο της ευρύτερης διαμάχης για το Κασμίρ.

Το Νέο Δελχί έχει αντιταχθεί επανειλημμένα σε έργα που διέρχονται από εδάφη τα οποία θεωρεί τμήμα της δικής του επικράτειας.

Αυτό σημαίνει ότι ο οικονομικός διάδρομος Κίνας–Πακιστάν δεν αποτελεί μόνο αναπτυξιακό πρόγραμμα, αλλά συνδέεται με μία από τις πιο ευαίσθητες εδαφικές αντιπαραθέσεις της Ασίας.

Η δημιουργία εναλλακτικών διαδρομών μέσω του Αφγανιστάν θα μπορούσε μακροπρόθεσμα να προσφέρει στο Πεκίνο μεγαλύτερη ευελιξία.

Δεν υπάρχει, πάντως, ένδειξη ότι ο δρόμος του Ουαχάν μπορεί σήμερα να αντικαταστήσει τις μεγάλες μεταφορικές υποδομές του CPEC.

Η Καμπούλ επιχειρεί να μειώσει την εξάρτησή της από το Ισλαμαμπάντ

Για την κυβέρνηση των Ταλιμπάν, το έργο έχει και μία σαφή πολιτική διάσταση.

Το Αφγανιστάν εξαρτάται σε σημαντικό βαθμό από συνοριακές διαβάσεις και μεταφορικούς άξονες που περνούν από το Πακιστάν.

Οι επανειλημμένες εντάσεις ανάμεσα στις δύο χώρες έχουν προκαλέσει κλείσιμο συνοριακών περασμάτων, διακοπές εμπορικών ροών και επιβάρυνση της αφγανικής οικονομίας.

Μια εναλλακτική χερσαία διέξοδος προς την Κίνα θα μπορούσε, εφόσον αναπτυχθεί και καταστεί λειτουργική, να μειώσει τη δυνατότητα του Πακιστάν να χρησιμοποιεί τη γεωγραφική του θέση ως μέσο πίεσης προς την Καμπούλ.

Η αφγανική πλευρά αντιμετωπίζει το έργο ως σημαντική υποδομή οικονομικής και στρατηγικής αυτονομίας.

Η στάση της Κίνας και της Ρωσίας

Παρά την προοπτική άμεσης σύνδεσης, το Πεκίνο δεν έχει εγκαταλείψει τον οικονομικό διάδρομο CPEC ούτε έχει ανακοινώσει ότι ο Ουαχάν θα τον αντικαταστήσει.

Η Κίνα εξακολουθεί να διατηρεί σημαντικά οικονομικά και στρατηγικά συμφέροντα στο Πακιστάν.

Αντίστοιχα, η Ρωσία ενδιαφέρεται για τη σταθερότητα του Αφγανιστάν και για την ανάπτυξη νέων δικτύων επικοινωνίας στην Κεντρική Ασία.

Η δημιουργία περισσότερων επιλογών διασύνδεσης ενδέχεται να περιορίσει την αποκλειστική σημασία ορισμένων παραδοσιακών μεταφορικών διαδρομών.

Η πραγματική αξία του Ουαχάν θα εξαρτηθεί από τη βελτίωση των οδικών υποδομών, τη λειτουργία συνοριακών και τελωνειακών εγκαταστάσεων, τις καιρικές συνθήκες και τις πολιτικές αποφάσεις της Κίνας.

Το μήνυμα προς το Πακιστάν

Η νέα διαδρομή αναδεικνύει μια σημαντική γεωπολιτική πραγματικότητα: η γεωγραφική θέση ενός κράτους προσφέρει στρατηγικά πλεονεκτήματα, αλλά η αξιοποίησή τους εξαρτάται από την ασφάλεια και την αξιοπιστία των μεταφορικών του δικτύων.

Το Πακιστάν εξακολουθεί να αποτελεί κρίσιμο εταίρο της Κίνας, ιδιαίτερα στο πλαίσιο του CPEC.

Ταυτόχρονα, όμως, η αστάθεια, οι επιθέσεις σε κινεζικά συμφέροντα και οι αντιπαραθέσεις με το Αφγανιστάν δημιουργούν κίνητρα αναζήτησης εναλλακτικών επιλογών.

Ο διάδρομος Ουαχάν δεν έχει ακόμη μετατραπεί σε μεγάλο εμπορικό πέρασμα. Η κατασκευή του δρόμου, ωστόσο, καταδεικνύει ότι το Αφγανιστάν επιχειρεί να αποκτήσει πρόσθετες διεθνείς συνδέσεις και ότι η αποκλειστική εξάρτηση από το Πακιστάν δεν αποτελεί πλέον τη μοναδική γεωγραφική επιλογή.

Για το Ισλαμαμπάντ, η εξέλιξη αποτελεί μια νέα στρατηγική παράμετρο που θα πρέπει να συνυπολογίσει στις σχέσεις του με το Πεκίνο και την Καμπούλ.

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Διεθνή

Γερμανία: Το ρωσικό φυσικό αέριο επιστρέφει έμμεσα μέσω των λιπασμάτων, παρά τους ευρωπαϊκούς δασμούς

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Οι εισαγωγές ρωσικών αζωτούχων λιπασμάτων μειώθηκαν κατά 66% το 2025-2026, αλλά παραμένουν 53% υψηλότερες από τα επίπεδα πριν από τον πόλεμο στην Ουκρανία.

Το υψηλό ενεργειακό κόστος στη Γερμανία διατηρεί ανταγωνιστικά τα ρωσικά προϊόντα, σύμφωνα με στοιχεία που δημοσίευσε η Berliner Zeitung. Η Γερμανία εξακολουθεί να συνδέεται εμπορικά με το ρωσικό φυσικό αέριο, παρά τις ευρωπαϊκές προσπάθειες περιορισμού της ενεργειακής εξάρτησης από τη Μόσχα.

Αυτή τη φορά, η σύνδεση δεν αφορά αποκλειστικά την άμεση προμήθεια φυσικού αερίου, αλλά τις εισαγωγές λιπασμάτων που παράγονται με τη χρήση ρωσικού αερίου ως πρώτης ύλης και πηγής ενέργειας. Σύμφωνα με δημοσίευμα της γερμανικής εφημερίδας, που βασίζεται σε στοιχεία του Γερμανικού Ομοσπονδιακού Στατιστικού Γραφείου και του Συνδέσμου Αγροτικής Βιομηχανίας (IVA), οι εισαγωγές αζώτου μέσω ρωσικών λιπασμάτων μειώθηκαν σημαντικά κατά το 2025-2026. Ωστόσο, εξακολουθούν να βρίσκονται πάνω από τα επίπεδα που καταγράφονταν πριν από τη ρωσική εισβολή στην Ουκρανία.

Τα στοιχεία των εισαγωγών και η σύγκριση με την προπολεμική περίοδο

Το 2025-2026, η Γερμανία εισήγαγε 48.800 τόνους αζώτου μέσω λιπασμάτων ρωσικής προέλευσης. Η ποσότητα αυτή είναι μειωμένη κατά περίπου 66% σε σύγκριση με το προηγούμενο έτος, αλλά παραμένει κατά 53% υψηλότερη από τους 31.800 τόνους που είχαν καταγραφεί το 2020-2021, πριν από τον πόλεμο.

Η εξέλιξη των εισαγωγών δείχνει πόσο έντονη ήταν η αύξηση μετά το 2022. Το 2021-2022 οι εισαγωγές έφτασαν τους 56.800 τόνους αζώτου, ενώ το 2022-2023 εκτοξεύθηκαν στους 185.100 τόνους. Στη συνέχεια καταγράφηκαν 140.200 τόνοι το 2023-2024 και 143.800 τόνοι το 2024-2025, προτού σημειωθεί η μεγάλη υποχώρηση της τελευταίας περιόδου. Τα στοιχεία αφορούν την ποσότητα του αζώτου που περιέχεται στα εισαγόμενα λιπάσματα και όχι το συνολικό βάρος των προϊόντων.

Τα λιπασματικά έτη υπολογίζονται από τον Ιούλιο έως τον Ιούνιο. Η ποσότητα αζώτου που εισήχθη στη Γερμανία μέσω ρωσικής ουρίας μειώθηκε από 71.600 τόνους σε 27.600 τόνους, καταγράφοντας πτώση άνω του 61%. Παρά τη μείωση, η ποσότητα εξακολουθεί να είναι σχεδόν τριπλάσια από τους 9.900 τόνους του 2020-2021. Η συγκεκριμένη εξέλιξη αναδεικνύει το βασικό πρόβλημα της ευρωπαϊκής πολιτικής περιορισμού των εμπορικών δεσμών με τη Ρωσία. Ακόμη και όταν περιορίζονται οι εισαγωγές συγκεκριμένων προϊόντων, οι οικονομικές σχέσεις μπορούν να διατηρούνται μέσω άλλων κατηγοριών αγαθών, ιδιαίτερα όταν αυτά έχουν χαμηλότερο κόστος παραγωγής.

Γιατί οι ρωσικές εισαγωγές παραμένουν ανταγωνιστικές

Καθοριστικός παράγοντας είναι το υψηλό ενεργειακό κόστος στη Γερμανία και στην υπόλοιπη Ευρώπη. Η παραγωγή αζωτούχων λιπασμάτων απαιτεί μεγάλες ποσότητες φυσικού αερίου, το οποίο χρησιμοποιείται τόσο ως πρώτη ύλη όσο και ως πηγή ενέργειας. Σύμφωνα με τον Σύνδεσμο Αγροτικής Βιομηχανίας (IVA), οι ευρωπαϊκοί δασμοί, που τέθηκαν σε ισχύ τον Ιούλιο του 2025, περιόρισαν σημαντικά τις εισαγωγές ρωσικών λιπασμάτων. Ωστόσο, δεν εξάλειψαν το ανταγωνιστικό πλεονέκτημα των ρωσικών προϊόντων. Ο σύνδεσμος επισημαίνει ότι οι υψηλές τιμές ενέργειας δυσκολεύουν τις ευρωπαϊκές επιχειρήσεις να αυξήσουν την εγχώρια παραγωγή και να καλύψουν μεγαλύτερο μέρος των αναγκών της αγοράς. Ως αποτέλεσμα, τα ρωσικά λιπάσματα εξακολουθούν να παραμένουν ελκυστικά, ακόμη και μετά την επιβολή πρόσθετων δασμών.

Παράλληλα, σύμφωνα με τον IVA, είναι πιθανό ορισμένες ποσότητες ρωσικών προϊόντων να φτάνουν στη γερμανική αγορά μέσω άλλων κρατών-μελών της Ευρωπαϊκής Ένωσης. Το μέγεθος αυτών των έμμεσων εισαγωγών, ωστόσο, δεν μπορεί να προσδιοριστεί με ακρίβεια από τα διαθέσιμα στοιχεία.

Δεν αποδίδονται οι αυξήσεις των τιμών αποκλειστικά στους δασμούς

Το ζήτημα έχει άμεση σημασία για τους Γερμανούς αγρότες, καθώς το κόστος των λιπασμάτων επηρεάζει την παραγωγή και, τελικά, την οικονομική βιωσιμότητα των καλλιεργειών. Ο IVA υποστηρίζει ότι η μείωση των ρωσικών εισαγωγών δεν έχει προκαλέσει μέχρι στιγμής σαφή αύξηση των τιμών εξαιτίας των δασμών. Σύμφωνα με τον σύνδεσμο, η εγχώρια παραγωγική δυναμικότητα και οι εισαγωγές από άλλες χώρες, μεταξύ των οποίων η Αίγυπτος, επαρκούν για την κάλυψη των αναγκών της αγοράς. Την ίδια στιγμή, ο σύνδεσμος αποδίδει τις υψηλές τιμές των λιπασμάτων το 2026 στις διεθνείς ενεργειακές αναταράξεις, στον πόλεμο με το Ιράν και στην κρίση γύρω από τα Στενά του Ορμούζ, παράγοντες που επηρεάζουν το κόστος μεταφοράς και τις παγκόσμιες τιμές ενέργειας και λιπασμάτων.

Οι εκτιμήσεις αυτές αποτελούν τις θέσεις του κλαδικού συνδέσμου και δεν συνιστούν από μόνες τους ανεξάρτητη αξιολόγηση όλων των παραγόντων που διαμορφώνουν τις τιμές.

Νέες πιέσεις για περιορισμό των ρωσικών εισαγωγών

Με αφορμή τα στοιχεία, ο IVA ζητά να εξεταστεί η επιβολή πρόσθετων δασμών στις εισαγωγές καλιούχων λιπασμάτων από τη Ρωσία και τη Λευκορωσία. Το κάλιο αποτελεί βασικό θρεπτικό στοιχείο για τις καλλιέργειες και αντιπροσωπεύει μια ακόμη κατηγορία προϊόντων στην οποία η ευρωπαϊκή αγορά διατηρεί εμπορικές σχέσεις με τις δύο χώρες.

Ο σύνδεσμος εκτιμά ότι η ευρωπαϊκή βιομηχανία μπορεί να καλύψει τις ανάγκες της γεωργίας χωρίς να εξαρτάται από τις συγκεκριμένες εισαγωγές και υποστηρίζει ότι πρόσθετοι δασμοί δεν θα πρέπει να οδηγήσουν αναγκαστικά σε αυξήσεις τιμών. Η συζήτηση, ωστόσο, αποτυπώνει το ευρύτερο δίλημμα της ευρωπαϊκής οικονομικής πολιτικής. Η μείωση της εξάρτησης από τη Ρωσία απαιτεί όχι μόνο εμπορικούς περιορισμούς, αλλά και ανταγωνιστική εγχώρια παραγωγή, προσιτό ενεργειακό κόστος και εναλλακτικές πηγές προμήθειας.

Τα δεδομένα της γερμανικής αγοράς δείχνουν ότι οι δασμοί μπορούν να περιορίσουν σημαντικά τις εισαγωγές, χωρίς όμως να εξαλείψουν αυτομάτως τις οικονομικές σχέσεις που στηρίζονται σε διαφορές κόστους παραγωγής. Για τη Γερμανία και την Ευρωπαϊκή Ένωση, η πρόκληση παραμένει η εξισορρόπηση τριών στόχων: της ενεργειακής και οικονομικής ασφάλειας, της στήριξης της εγχώριας βιομηχανίας και της διατήρησης προσιτού κόστους για τον αγροτικό τομέα.

Με πληροφορίες του Συνδέσμου Αγροτικής Βιομηχανίας (IVA) και του Γερμανικού Ομοσπονδιακού Στατιστικού Γραφείου.

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Αναλύσεις

Πακιστάν: Μειώθηκαν οι τρομοκρατικές επιθέσεις, αλλά αυξάνονται οι απειλές – Αντάρτικες οργανώσεις αναπτύσσουν νέες τακτικές και στρατολογούν γυναίκες

Η νέα έκθεση του Pakistan Institute for Conflict and Security Studies (PICSS) αποκαλύπτει ένα αντιφατικό περιβάλλον ασφαλείας: Λιγότερες επιθέσεις και θύματα, αλλά αναδιοργάνωση ένοπλων ομάδων, χρήση drones, εσωτερικές συγκρούσεις και αυξανόμενη αστάθεια στο Μπαλουχιστάν. Η πολιτική κρίση επιβαρύνει την προσπάθεια αντιμετώπισης της τρομοκρατίας.

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Μια εξαιρετικά σύνθετη εικόνα για την ασφάλεια στο Πακιστάν αποτυπώνει η νέα εβδομαδιαία ανάλυση του Pakistan Institute for Conflict and Security Studies (PICSS), η οποία δημοσιεύθηκε στις 10 Οκτωβρίου 2026. Παρά τη μείωση των επιθέσεων από ένοπλες οργανώσεις κατά την πρώτη εβδομάδα του μήνα, οι εξελίξεις στο εσωτερικό των εξτρεμιστικών και αυτονομιστικών ομάδων δημιουργούν σοβαρά ερωτήματα για την πραγματική αποτελεσματικότητα των επιχειρήσεων ασφαλείας.

Η έκθεση με τίτλο «Pakistan’s Security Paradox: Militant Attacks Decline as Militant Groups Signal New Developments» καταγράφει υποχώρηση των επιθέσεων, αλλά παράλληλα εντοπίζει ενδείξεις οργανωτικής αναδιάρθρωσης, νέων επιχειρησιακών μεθόδων και εντατικοποίησης της προπαγανδιστικής δραστηριότητας.

Μείωση 18% στις επιθέσεις – Παραμένει σοβαρή η απειλή

Σύμφωνα με το PICSS, από τις 2 έως τις 8 Οκτωβρίου καταγράφηκαν συνολικά 46 επιθέσεις ενόπλων οργανώσεων στο Πακιστάν, έναντι 56 την αμέσως προηγούμενη εβδομάδα.

Η μείωση ανέρχεται στο 18%, ενώ αισθητή είναι και η υποχώρηση του αριθμού των θυμάτων.

Οι νεκροί μειώθηκαν από 52 σε 42 και οι τραυματίες από 53 σε 23.

Ωστόσο, η εικόνα δεν είναι ομοιόμορφη σε ολόκληρη τη χώρα.

Στην επαρχία Μπαλουχιστάν, όπου δραστηριοποιούνται ιδιαίτερα ενεργές αυτονομιστικές οργανώσεις, οι απώλειες αυξήθηκαν παρά τη μείωση του αριθμού των επιθέσεων.

Το στοιχείο αυτό δημιουργεί προβληματισμό για το κατά πόσον οι ένοπλες ομάδες μεταβάλλουν τις τακτικές τους, πραγματοποιώντας λιγότερες αλλά δυνητικά πιο φονικές επιχειρήσεις.

Οι Πακιστανοί Ταλιμπάν αλλάζουν τακτική – Drones και ελεύθεροι σκοπευτές

Ιδιαίτερο ενδιαφέρον παρουσιάζουν οι εξελίξεις στο εσωτερικό της Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP), της οργάνωσης που είναι γνωστή ως Πακιστανοί Ταλιμπάν.

Σύμφωνα με την ανάλυση, η TTP επέβαλε περιορισμούς στη χρήση των μέσων κοινωνικής δικτύωσης από τα μέλη της.

Η συγκεκριμένη απόφαση αποκτά σημασία σε μια περίοδο κατά την οποία οι ένοπλες οργανώσεις χρησιμοποιούν τις ψηφιακές πλατφόρμες τόσο για προπαγάνδα όσο και για την προβολή των επιχειρησιακών τους δυνατοτήτων.

Την ίδια στιγμή, η TTP δημοσιοποίησε οπτικό υλικό στο οποίο υποστηρίζει ότι καταγράφονται επιθέσεις με τετρακόπτερα μη επανδρωμένα αεροσκάφη και ενέργειες ελεύθερων σκοπευτών.

Οι ισχυρισμοί αυτοί δεν συνιστούν ανεξάρτητη επιβεβαίωση της αποτελεσματικότητας ή της έκτασης χρήσης των συγκεκριμένων μέσων.

Παρ’ όλα αυτά, η προβολή τέτοιων επιχειρήσεων εντάσσεται σε μια ευρύτερη προσπάθεια των οργανώσεων να παρουσιάσουν εικόνα τεχνολογικής προσαρμογής και να ενισχύσουν την επιρροή τους.

Εσωτερικές συγκρούσεις στις ένοπλες οργανώσεις

Την ίδια περίοδο, η Jamaat-ul-Ahrar, οργάνωση που έχει συνδεθεί με το δίκτυο των Πακιστανών Ταλιμπάν, ανακοίνωσε ότι πραγματοποίησε 122 επιθέσεις κατά τη διάρκεια του Σεπτεμβρίου.

Πρόκειται για αριθμό που προέρχεται από τους ισχυρισμούς της ίδιας της οργάνωσης και δεν πρέπει να συγχέεται με τα ανεξάρτητα καταγεγραμμένα περιστατικά του PICSS.

Παράλληλα, αναφέρθηκαν αιματηρές συγκρούσεις ανάμεσα σε μαχητές της Jamaat-ul-Ahrar και αντίπαλης φράξιας της TTP στην περιοχή Ορακζάι.

Οι πληροφορίες αυτές αναδεικνύουν ένα επιπλέον πρόβλημα για την ασφάλεια του Πακιστάν: τον κατακερματισμό του περιβάλλοντος των ενόπλων οργανώσεων.

Οι εσωτερικές συγκρούσεις ενδέχεται να αποδυναμώνουν προσωρινά ορισμένα δίκτυα, αλλά μπορούν επίσης να προκαλέσουν νέες αντιπαραθέσεις, ανακατατάξεις και αποσχίσεις.

Μπαλουχιστάν: Ένοπλη γυναικεία μονάδα και κλιμάκωση της προπαγάνδας

Σημαντικές εξελίξεις καταγράφονται και στο Μπαλουχιστάν, την επαρχία του νοτιοδυτικού Πακιστάν που συνορεύει με το Ιράν και το Αφγανιστάν και έχει στρατηγική σημασία λόγω των φυσικών πόρων και της πρόσβασής της στην Αραβική Θάλασσα.

Το Balochistan Liberation Front (BLF), μία από τις οργανώσεις που επιδιώκουν την ανεξαρτησία του Μπαλουχιστάν, δημοσιοποίησε υλικό για τη συγκρότηση νέου γυναικείου ένοπλου σχηματισμού.

Η συγκεκριμένη κίνηση προβάλλεται από την οργάνωση ως οργανωτική εξέλιξη. Δεν υπάρχουν, ωστόσο, επαρκή ανεξάρτητα στοιχεία στο δημόσιο απόσπασμα της έκθεσης για τον αριθμό των μελών ή τις πραγματικές επιχειρησιακές δυνατότητες της νέας μονάδας.

Παράλληλα, ο Balochistan Liberation Army (BLA), άλλη σημαντική αυτονομιστική ένοπλη οργάνωση, απέρριψε κατηγορίες περί συνεργασίας με την TTP.

Ο BLA δημοσιοποίησε επίσης οπτικό υλικό από επιχειρήσεις που ισχυρίζεται ότι πραγματοποίησαν μέλη του.

Άλλες οργανώσεις των Μπαλούχων προχώρησαν σε ανάλογες κινήσεις, προβάλλοντας τη δράση τους και διατυπώνοντας ισχυρισμούς για δραστηριότητες συλλογής πληροφοριών.

Οι εξελίξεις καταδεικνύουν ότι η σύγκρουση στο Μπαλουχιστάν δεν περιορίζεται στις ένοπλες επιθέσεις, αλλά περιλαμβάνει και έναν παράλληλο αγώνα επιρροής, επικοινωνίας και πολιτικής νομιμοποίησης.

Πολιτική κρίση και αντιτρομοκρατία

Πέρα από την ένοπλη βία, η έκθεση του PICSS επισημαίνει ότι η εσωτερική πολιτική αστάθεια δυσχεραίνει τη διαμόρφωση αποτελεσματικής πολιτικής ασφαλείας.

Η κατάρρευση των διαπραγματεύσεων μεταξύ της κυβέρνησης και του Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), του κόμματος που ίδρυσε ο πρώην πρωθυπουργός Ιμράν Χαν, περιπλέκει τις προσπάθειες συντονισμού στην επαρχία Χάιμπερ Παχτούνχβα.

Η περιοχή αποτελεί ένα από τα σημαντικότερα μέτωπα της δράσης των Πακιστανών Ταλιμπάν, λόγω της εγγύτητάς της με το Αφγανιστάν και της μακρόχρονης παρουσίας ένοπλων δικτύων.

Οι πολιτικές αντιπαραθέσεις μεταξύ κεντρικής κυβέρνησης και αντιπολίτευσης μπορούν να δυσχεράνουν τον συντονισμό, τη διοικητική συνεργασία και τη διαμόρφωση κοινής στρατηγικής για την αντιμετώπιση της τρομοκρατίας.

Το πρόβλημα αποκτά ιδιαίτερη σημασία όταν συνδυάζεται με την ανάγκη προστασίας παραμεθόριων περιοχών και αντιμετώπισης οργανώσεων με διασυνοριακές διασυνδέσεις.

Αφγανιστάν, Ινδία και περιφερειακές αμυντικές συμφωνίες

Οι προκλήσεις που αντιμετωπίζει το Ισλαμαμπάντ δεν περιορίζονται στο εσωτερικό της χώρας.

Οι σχέσεις με το Αφγανιστάν παραμένουν κρίσιμος παράγοντας ασφαλείας, καθώς το Πακιστάν αποδίδει σε ένοπλα δίκτυα που δρουν από αφγανικό έδαφος σημαντικό μέρος των επιθέσεων εναντίον του.

Την ίδια στιγμή, η αντιπαράθεση με την Ινδία εξακολουθεί να επηρεάζει τον στρατηγικό σχεδιασμό των πακιστανικών ενόπλων δυνάμεων.

Στο περιφερειακό περιβάλλον προστίθενται οι νέες αμυντικές διευθετήσεις και οι προσπάθειες του Πακιστάν να διατηρήσει ή να ενισχύσει τις στρατηγικές του συνεργασίες.

Η συνύπαρξη εσωτερικών απειλών, πολιτικής αβεβαιότητας και εξωτερικών δεσμεύσεων δημιουργεί αυξημένες απαιτήσεις για τον στρατιωτικό μηχανισμό και τις υπηρεσίες ασφαλείας.

Οι αριθμοί δεν λένε ολόκληρη την ιστορία

Η εβδομαδιαία έκθεση του PICSS θέτει ένα ουσιαστικό ερώτημα: αποτελεί η μείωση των τρομοκρατικών επιθέσεων ένδειξη βελτίωσης της ασφάλειας ή πρόκειται για προσωρινή υποχώρηση της βίας, ενώ οι οργανώσεις αναπροσαρμόζουν τις τακτικές και τις δομές τους;

Η απάντηση δεν μπορεί να προκύψει αποκλειστικά από την καταμέτρηση των επιθέσεων.

Η χρήση νέων επιχειρησιακών μέσων, οι εσωτερικές διαμάχες, η συγκρότηση νέων ένοπλων σχηματισμών και η αυξημένη προπαγανδιστική δραστηριότητα συνθέτουν μια εικόνα που απαιτεί διαρκή παρακολούθηση.

Άλλωστε, τα στοιχεία του PICSS για ολόκληρο τον Σεπτέμβριο είχαν καταγράψει 225 επιθέσεις, τον υψηλότερο μηνιαίο αριθμό εδώ και δώδεκα χρόνια, γεγονός που αναδεικνύει τη σοβαρότητα της κατάστασης παρά την πρόσφατη εβδομαδιαία υποχώρηση.

Το Πακιστάν βρίσκεται αντιμέτωπο με μια πολυεπίπεδη κρίση ασφαλείας, στην οποία αλληλεπιδρούν τζιχαντιστικές οργανώσεις, αυτονομιστικά κινήματα, πολιτικές αντιπαραθέσεις και περιφερειακοί ανταγωνισμοί.

Η μείωση της συχνότητας των επιθέσεων αποτελεί θετική ένδειξη σε επίπεδο εβδομαδιαίων στατιστικών. Δεν αρκεί, όμως, από μόνη της για να αποδείξει ότι οι απειλές περιορίζονται σε βάθος χρόνου.

Το κρίσιμο ζήτημα για το Ισλαμαμπάντ δεν είναι μόνο πόσες επιθέσεις καταγράφονται, αλλά κατά πόσον το κράτος μπορεί να αντιμετωπίσει τις οργανώσεις που εξακολουθούν να διαθέτουν δυνατότητα στρατολόγησης, προσαρμογής και πραγματοποίησης νέων επιχειρήσεων.

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