Διεθνή
Un Etat palestinien, mais lequel ?
![]() |
|
Quel Etat ou quels Etats ?
Carte : Philippe Rekacewicz, 2011
|
« Le Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) affirme la nécessité de poursuivre la démarche à l’ONU à la prochaine session de l’Assemblée générale, pour obtenir la reconnaissance de l’adhésion d’un Etat de Palestine sur les frontières du 4 juin 1967 avec Jérusalem-Est pour capitale [1] », déclare dans un communiqué son secrétaire général, Yasser Abed Rabbo.
Autrement dit, sauf surprise de dernière minute, le 20 septembre prochain, l’Organisation des Nations unies (ONU) sera saisie de la candidature de la Palestine. Selon les observateurs, plus de 129 Etats – c’est-à-dire la majorité des deux tiers requise pour l’admission d’un nouveau membre – ont d’ores et déjà annoncé qu’ils voteraient en sa faveur. Quinze à vingt autres envisageraient d’en faire autant. On ignore, en revanche, le verbatim de la (ou des) résolution(s) soumise(s) à l’Assemblée générale. S’il s’agissait effectivement d’accueillir formellement un nouvel Etat, il faudrait saisir le Conseil de sécurité, au sein duquel les Etats-Unis ont annoncé qu’ils useraient de leur droit de veto. Les efforts de dernière minute de la diplomatie américaine – et européenne – afin d’éviter un « clash » à l’Assemblée générale
incitent à la prudence. Washington cherche à reprendre la main dans un monde arabe en plein bouleversement et un tel veto lui coûterait sans doute très cher.
Dans une nouvelle intitulée La Fêlure, Francis Scott Fitzgerald écrit cette phrase célèbre : « On devrait pouvoir comprendre que les choses sont sans espoir et cependant être décidé à les changer… » Mais on oublie généralement ce qui précède : « La marque d’une intelligence de premier plan est qu’elle est capable de se fixer sur deux idées contradictoires sans pour autant perdre la possibilité de fonctionner. [2] » Quel rapport, dira-t-on, avec le « tsunami diplomatique » – l’expression est d’Ehoud Barak [3] – qu’Israël s’attend à subir en octobre ou novembre à New York ? C’est que la perspective de cette bataille onusienne suscite deux débats distincts, mais hélas comme confondus, ce qui les rend difficilement compréhensibles.
Le premier porte sur l’avenir même de la construction institutionnelle et politique susceptible de régler au mieux le conflit israélo-palestinien, et qu’on résume en général avec cette question : « Un Etat ou deux Etats ? » Le second concerne l’attitude à adopter vis-à-vis de la démarche palestinienne en direction des Nations unies.
Ce sont là, dans un cas comme dans l’autre, des questions qui relèvent exclusivement, en dernier ressort, des Palestiniens et de ceux des Israéliens qui acceptent leur droit à l’autodétermination. Quiconque se préoccupe de la paix au Proche-Orient peut évidemment y réfléchir en toute légitimité. Mais prétendre les trancher à Paris relèverait de cet orientalisme dénoncé en son temps par le regretté Edward Saïd, voire d’une démarche néocoloniale…
Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de l’ONU partageait la Palestine en deux Etats, l’un « juif » et l’autre« arabe », et créait une zone internationale pour Jérusalem et les lieux saints. Le sabotage britannique, les divergences américano-soviétiques à la veille de la guerre froide, les divisions arabes et surtout les ambitions sionistes eurent raison de ce plan. La guerre de 1947-1949, d’abord judéo-palestinienne, puis israélo-arabe déboucha sur un tout autre partage : Israël agrandit son territoire d’un tiers, annexant une partie de l’Etat arabe mort-né, dont les dépouilles furent récupérées par la Transjordanie (la Cisjordanie) et l’Egypte (la bande de Gaza). Pire encore : pour garantir durablement son caractère juif, il expulsa les quatre cinquièmes des Arabes de Palestine – qui ont appelé ce nettoyage ethnique la Nakba (catastrophe).
Moins de vingt ans après, au terme de la guerre des Six Jours, Tel-Aviv s’emparait du reste de la Palestine et commençait son œuvre de colonisation…
![]() |
|
La colonisation, sans cesse…
Esquisse : Philippe Rekacewicz |
Et pourtant, depuis plus de six décennies, malgré l’avortement du plan de partage, la communauté internationale reste fidèle – en paroles – à son principe : résoudre le conflit par la coexistence de deux Etats. Il aura fallu l’échec du bien mal nommé « processus de paix » d’Oslo, la seconde Intifada et l’impasse totale provoquée par l’intransigeance des gouvernements Barak, Sharon et Netanyahou pour que l’autre perspective, celle d’un Etat unique, revienne au premier plan.
Cette vision avait eu, rappelons-le, ses partisans de part et d’autre. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, autour d’intellectuels de premier plan comme Martin Buber et Judah Magnès, un courant binationaliste se développera et gagnera en influence dans le Yichouv, la communauté juive de Palestine : les formations qui s’y reconnaissaient obtiendront ainsi, aux élections syndicales et politiques de 1944, plus de 40 % des voix, avant d’être balayées par la ferveur nationaliste de la guerre. Six ans plus tôt, ces partis avaient adopté avec la Ligue pour le rapprochement et la coopération judéo-arabes une plate-forme considérant que « la construction de la Palestine comme patrie commune du peuple juif y retournant et du peuple arabe y résidant doit être fondée sur une compréhension et un accord mutuel durables ». Et de prôner « la non domination d’un peuple par un autre indépendamment de leur force numérique respective », donc « un régime binational en Palestine. [4] »
Du côté palestinien, dans les années 1960 et 1970, l’OLP se fixera pour objectif d’« édifier une société libre et démocratique en Palestine, pour tous les Palestiniens qu’ils soient musulmans, chrétiens ou juifs, et de libérer la Palestine et son peuple de la domination du sionisme [5] ». Jusqu’en juin 1974, où son Conseil national se prononça pour l’établissement d’une « autorité indépendante, nationale et combattante sur toute partie libérée du territoire palestinien ». La centrale palestinienne ira au bout de cette logique le 15 novembre 1988 : ce jour-là, elle proclame à Alger l’indépendance de l’Etat de Palestine tout en entérinant les résolutions 181 de l’Assemblée générale onusienne du 29 novembre 1947 et 242 du Conseil de sécurité du 22 novembre 1967, donc l’existence de l’Etat d’Israël dans la mesure où ce dernier se plie au droit international.
Cette reconnaissance devient formelle lors des accords d’Oslo, en septembre 1993, à travers l’échange de lettres entre Yasser Arafat et Itzhak Rabin. « Avec l’établissement d’Israël en tant qu’Etat juif en 1948, l’idée binationale sembla condamnée à l’oubli politique, résume la politologue Tamar Herman dans sa contribution à un livre récent, consacré à ce courant influent avant-guerre et coordonné par Avi Gordon, du département des études juives de l’Université de Cincinnati [6]. Mais voilà qu’un demi-siècle plus tard, sur fond d’effondrement du processus d’Oslo, d’irruption de la seconde Intifada, de réoccupation de facto de la Cisjordanie et de Gaza et en particulier de modification de l’équilibre démographique judéo-palestinien à l’ouest du Jourdain, ce concept apparemment oublié paraît effectuer un come-back politique. Cette fois, néanmoins, la plupart des avocats du binationalisme se trouvent du côté palestinien, avec quelques rares autres du côté israélien. Quelques observateurs extérieurs prônent également le binationalisme comme un recours. »
![]() |
|
Un demi siècle de grignotage
|
Quatre facteurs principaux vont en effet dans le sens d’une solution binationale du conflit israélo-palestinien [7] :
— Il s’agit d’abord – pourquoi ne pas le dire ? – d’un bel idéal, beaucoup plus conforme aux valeurs éthiques et démocratiques de ce début du XXIe siècle. Qui, après les expériences tragiques des guerres de Yougoslavie, du Caucase ou de l’Afrique des Grands Lacs pourrait encore prôner une conception du monde fondée sur sa fragmentation en Etats ethniques ou ethnico-religieux ? Et a fortiori les « nettoyages » ethniques qui en découlent un jour ou l’autre ?
— Loin d’être plaquée sur la réalité israélo-palestinienne, cette vision binationale plonge profondément ses racines, on l’a vu, de part et d’autre, dans le Yichouv d’avant-guerre comme dans la première décennie de combat de l’OLP.
— Mais c’est surtout l’échec de la stratégie politico-diplomatique adoptée ensuite par la centrale palestinienne qui explique la « renaissance » de l’idée binationale. Non seulement les trente-sept années écoulées depuis juin 1974 n’ont pas vu la naissance de l’Etat espéré sur une « partie libérée du territoire palestinien », mais Israël contrôle plus que jamais la Palestine occupée, sauf les petites zones autonomes de Cisjordanie (où il intervient souvent brutalement) et la bande de Gaza (qu’il étouffe avec un blocus à peine entamé par la révolution égyptienne et bombarde régulièrement). Le nombre de colons a été multiplié par cent, et leurs implantations couvrent plus de 40 % de la rive occidentale du Jourdain – à quoi s’ajoutent les zones annexées de fait par le mur et la vallée du Jourdain, quasiment interdite aux Palestiniens. Quant à Jérusalem-Est, elle compte désormais autant de Juifs que d’Arabes.
— Enfin, cette évolution sur le terrain a entremêlé toujours plus étroitement non seulement les deux économies, celle de la Palestine dépendant étroitement de celle d’Israël, mais aussi les deux peuples : d’un côté 500 000 colons juifs en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, de l’autre 1 500 000 Palestiniens citoyens d’Israël, héritiers des 150 000 qui parvinrent à échapper à l’expulsion de 1947-1949. L’extrême droite israélienne se sert d’ailleurs de la perspective d’un « Etat arabe » aux côtés d’un « Etat juif » pour en finir avec la citoyenneté des Arabes israéliens, voire pour préparer leur « transfert ». Avigdor Lieberman expose ainsi sans détour son « Plan pour une résolution du conflit [8] » : non pas un « transfert physique de population ni de démolitions d’habitations », mais la création d’« une frontière là où il n’en existait pas, en fonction de la démographie », si bien que « les Arabes qui vivaient, jusque-là, en Israël recevront la citoyenneté palestinienne ». Voilà qui a le mérite de la cohérence : l’ancien videur de boîte de nuit moldave se voit désormais videur des Arabes d’Israël.
Il y a là de quoi alimenter la réflexion sur un possible Etat unique, qui resterait toutefois à définir : constitutionnellement, juridiquement et politiquement, il en existe en effet beaucoup de variantes, de l’Etat unitaire dominé par une collectivité nationale (sans que les autres y jouissent de droits) à l’Etat binational (accordant des droits égaux aux différents groupes nationaux), en passant par le système d’« un homme une voix » ou encore à la reconnaissance pour les minorités de droits humains et civiques égaux (mais non de droits politiques collectifs)…
Mais quatre facteurs importants constituent des obstacles à la constitution d’un Etat unique :
— Tout d’abord la volonté des deux peuples concernés. Car on imagine mal qu’il faille imposer, par exemple, un Etat binational démocratique à deux peuples… qui n’en voudraient ni l’un ni l’autre. Or c’est jusqu’ici le cas de la quasi totalité des Israéliens, mais aussi d’une majorité de Palestiniens, moins nette il est vrai qu’auparavant : on comprend d’ailleurs que ces derniers, après quarante-quatre ans d’occupation, de colonisation et de violences, ne rêvent pas de vivre dans le même Etat que les Israéliens, dont ils ne connaissent plus que les soldats et les colons. L’étape bi-étatique peut apparaître de ce point de vue comme une phase nécessaire pour qu’Israéliens et Palestiniens acceptent éventuellement un jour de partager le même Etat.
— Le deuxième obstacle relève de la lucidité politique : depuis que l’OLP s’est prononcée pour un Etat palestinien aux côtés d’Israël, elle n’a pas réussi à l’arracher à ce dernier, alors que cette formule préserve l’existence d’Israël en tant qu’« Etat juif », aussi longtemps du moins que la majorité de sa population le souhaitera. Sur quels rapports de force s’appuierait-elle soudain pour lui imposer un Etat binational, synonyme, lui, de la fin de la conception sioniste ? L’« Etat juif » prôné par Theodor Herzl implique en effet le contrôle de la terre par une majorité juive…
— Dans ces conditions, l’Etat unique ne risque-t-il pas de se résumer à la réalité actuelle, à savoir un Etat d’apartheid ? Avec une autre série de questions, pour l’essentiel laissées par ses tenants sans réponse convaincante : quid du statut des deux peuples, dont l’un jouit aujourd’hui de tous les droits, y compris politiques, et l’autre d’aucun ? Quid des colonies de Cisjordanie ? Faudra-t-il, au nom de l’« équilibre » avec les Palestiniens d’Israël, en accepter le maintien ?Quid des garanties données à chaque nation et à chaque religion quant à la préservation de ses intérêts ? La bataille pour l’égalité des droits risque d’être longue et ardue, d’autant que les opinions publiques internationales se considéreront sans doute beaucoup moins concernées.
— D’où un dernier problème : si la ligne politico-diplomatique de l’OLP n’a pas abouti à la création d’un Etat palestinien, elle a néanmoins réussi à convaincre de sa nécessité l’essentiel de la communauté internationale, laquelle reste toutefois simultanément attachée à l’existence et à la sécurité de l’Etat d’Israël, un des rares qui lui doive la vie [9].
Aujourd’hui, la perspective de deux Etats s’inscrit dans le droit international et les résolutions de l’ONU, y compris celles du Conseil de sécurité. Renoncer à ce point d’appui bi-étatique au profit de la perspective d’un Etat unique reviendrait pour les Palestiniens à oblitérer toutes les batailles qu’ils mènent pour leurs droits. Certains d’entre nous se souviennent des années 1960, cette époque où la quasi totalité des opinions occidentales soutenait Israël et ignorait tout des Palestiniens, qualifiés de « réfugiés arabes [10] »…
Tels sont, très schématiquement résumés, les éléments d’un débat stratégique d’avenir, aussi légitime que fondamental, que nul ne saurait trancher – a fortiori dans un salon parisien – au nom de dogmes préétablis. L’autre débat, autour de la candidature de l’Etat de Palestine à l’ONU, est de nature conjoncturelle et tactique. Le seul lien, ténu, entre l’un et l’autre, tient à la conscience que nous vivons une des dernières chances de la solution bi-étatique.
Si la communauté internationale représentée par l’Assemblée générale de l’ONU accueille la Palestine d’ici à la fin 2011 et crée ainsi les conditions d’une négociation radicalement différente des précédentes, l’établissement d’un Etat palestinien aux côtés d’Israël reste peut-être encore possible. Si elle s’y refuse, ou si, l’ayant acceptée, elle voit son élan brisé par le Conseil de sécurité, cela engendrerait une nouvelle déception dans la région et dans le monde, et la radicalisation des opinions palestiniennes et arabes que celle-ci susciterait précipiterait sans doute la maturation du projet d’Etat unique.
Il serait évidemment déraisonnable de ne pas saisir cette chance. Les Palestiniens ont assez souffert depuis la Nakbapour qu’on ne prétende pas faire la révolution sur leur dos : c’est aussi de leur droit à reprendre leur souffle dans leur Etat qu’il est question. Soixante-quatre ans après, l’entrée à l’ONU du second Etat, arabe celui-là, prévu par le plan de partage avorté du 29 novembre 1947, constituerait à la fois un événement historique et un tremplin essentiel pour de nouvelles avancées. Devenu le 194e membre des Nations unies, l’Etat de Palestine aurait accès – même s’il restait simple observateur – à l’ensemble des organisations du système onusien, à commencer par la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye et à la Cour pénale internationale (CPI) de Rome, sans parler des institutions financières, économiques et commerciales. Et surtout il pourrait exiger de traiter désormais, à égalité, avec l’Etat d’Israël, non plus dans le cadre du Quartet, mais dans celui de l’ONU et sur la base de ses résolutions. Les droits du peuple palestinien bénéficieraient ainsi d’un surcroît de légitimité, y compris le droit au retour ou à compensation : la négociation porterait, non sur leur principe, mais sur leur mise en œuvre. Bref, la règle du jeu elle-même changerait. A condition, évidemment, que la mobilisation populaire, sur place et dans le monde, ne faiblisse pas, afin d’aider à consolider et exploiter à fond ces nouveaux acquis en exerçant sur Israël les pressions plus que jamais indispensables.
S’il y avait encore le moindre doute sur l’importance de l’échéance et de la décision, il suffit d’observer, sur les sites Internet des principaux organes de presse de Tel-Aviv et des groupes de pression ultra-sionistes, la panique qui a saisi, depuis quelques semaines, le gouvernement de droite et d’extrême droite israélien ainsi que ses inconditionnels de par le monde. De même, à Washington et dans les capitales européennes les plus proches d’Israël, on ne sait visiblement plus quoi inventer pour dissuader l’Assemblée générale de se prononcer. Comment croire que cette mobilisation générale aurait pour but d’éviter… un piège tendu aux Palestiniens ?
Reste à savoir si ce branle-bas de combat sauvera le gouvernement Netanyahou-Lieberman-Barak du désastre annoncé. A en croire Ron Prozor, l’ambassadeur d’Israël aux Nations unies, c’est peu probable : dans un télégramme secret au ministère des affaires étrangères, révélé par le quotidien Haaretz [11], ce diplomate expérimenté et respecté dans son pays estime qu’Israël n’a « aucune chance d’empêcher la reconnaissance de l’Etat de Palestine ». Au terme de plus de soixante rencontres avec ses homologues à New York, il assure : « Le maximum que nous puissions espérer, c’est qu’un groupe de pays s’abstienne ou soit absent lors du vote (…) Seuls quelques pays voteront contre l’initiative palestinienne. » Même au sein de l’Union européenne, précise Prozor, il n’y en aurait que quatre : l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la République tchèque…
C’est dire que beaucoup dépendra du courage – ou de la lâcheté – de Paris. Dans une lettre en réponse aux signataires d’une pétition en faveur de l’admission de l’Etat de Palestine à l’ONU, le ministre français des affaires étrangères écrivait le 19 août : « Si une relance du processus de paix n’intervenait pas d’ici septembre, la France a déjà annoncé qu’elle prendrait ses responsabilités sur la question de la reconnaissance de l’Etat de Palestine. » Curieusement, le 2 septembre, à en croire l’Agence France Presse, le même ministre présentait l’Assemblée générale des Nations unies comme « l’occasion de rouvrir le chemin de la négociation plutôt que de risquer une confrontation diplomatique stérile et dangereuse ». Alain Juppé serait-il en voie de « kouchnerisation »?
var _wau = _wau || []; _wau.push([“small”, “wvg1ie6mi5ta”, “m3y”]);
(function() {var s=document.createElement(“script”); s.async=true;
s.src=”http://widgets.amung.us/small.js”;
document.getElementsByTagName(“head”)[0].appendChild(s);
})();
Αναλύσεις
Η Κίνα βρίσκει δρόμο που παρακάμπτει το Πακιστάν – Ο διάδρομος Ουαχάν αλλάζει τις γεωπολιτικές ισορροπίες
Μία νέα οδική αρτηρία μήκους 121 χιλιομέτρων στο βορειοανατολικό Αφγανιστάν δημιουργεί τις προϋποθέσεις για απευθείας χερσαία σύνδεση με την Κίνα, χωρίς διέλευση από το Πακιστάν. Η ολοκλήρωση του δρόμου στον ιστορικό διάδρομο Ουαχάν αποκτά ιδιαίτερη γεωπολιτική σημασία, καθώς το Πεκίνο αντιμετωπίζει σοβαρά προβλήματα ασφαλείας με τις επενδύσεις του στο Πακιστάν, ενώ η Καμπούλ επιδιώκει να μειώσει την εξάρτησή της από το Ισλαμαμπάντ.
Μία σημαντική εξέλιξη στις χερσαίες μεταφορές και στις γεωπολιτικές ισορροπίες της Κεντρικής Ασίας καταγράφεται στο Αφγανιστάν, με την ολοκλήρωση νέου δρόμου στον στρατηγικής σημασίας διάδρομο Ουαχάν.
Σύμφωνα με ανάλυση του Imran Khurshid που δημοσιεύθηκε στις 9 Οκτωβρίου 2026 στο Asia Times, οι αφγανικές αρχές εγκαινίασαν οδική διαδρομή 121 χιλιομέτρων, η οποία εκτείνεται από την περιοχή Μπρογκίλ έως τα σύνορα με την Κίνα, στην επαρχία Μπανταχσάν.
Το έργο κόστισε περίπου 365 εκατομμύρια αφγάνι, ποσό που αντιστοιχεί σε περίπου 5,5 εκατομμύρια δολάρια.
Κατά τις αφγανικές ανακοινώσεις, κατασκευάστηκε από ντόπιους μηχανικούς και εργαζομένους, χωρίς τη συμμετοχή ξένων τεχνικών συμβούλων.
Η νέα διαδρομή φθάνει στα σινοαφγανικά σύνορα. Αυτό, ωστόσο, δεν σημαίνει ότι λειτουργεί ήδη πλήρης διεθνής εμπορευματικός διάδρομος, καθώς εξακολουθούν να υπάρχουν σημαντικοί τεχνικοί και συνοριακοί περιορισμοί.
Γιατί ο διάδρομος Ουαχάν έχει στρατηγική σημασία
Ο διάδρομος Ουαχάν αποτελεί μια στενή λωρίδα αφγανικού εδάφους ανάμεσα στο Τατζικιστάν, το Πακιστάν και την Κίνα.
Η γεωγραφική του διαμόρφωση συνδέεται με τον ανταγωνισμό της Βρετανικής και της Ρωσικής Αυτοκρατορίας κατά τον 19ο αιώνα.
Η περιοχή διατηρήθηκε ως ζώνη διαχωρισμού των δύο αυτοκρατορικών σφαιρών επιρροής, αποτελώντας ένα από τα χαρακτηριστικότερα γεωγραφικά κατάλοιπα του λεγόμενου «Μεγάλου Παιχνιδιού».
Σήμερα, η ίδια περιοχή αποκτά νέα σημασία, αυτή τη φορά λόγω της προσπάθειας σύνδεσης της Κίνας με το Αφγανιστάν και ευρύτερα με την Κεντρική Ασία.
Ο δρόμος ανοίγει τη δυνατότητα δημιουργίας μιας εναλλακτικής οδού μεταφορών, περιορίζοντας δυνητικά την ανάγκη διέλευσης από το πακιστανικό έδαφος.
Το πρόβλημα της Κίνας με τον οικονομικό διάδρομο CPEC
Το ενδιαφέρον της εξέλιξης εντοπίζεται κυρίως στην προσπάθεια του Πεκίνου να περιορίσει την εξάρτησή του από ευάλωτες υποδομές.
Ο Οικονομικός Διάδρομος Κίνας–Πακιστάν, γνωστός ως CPEC, αποτελεί ένα από τα σημαντικότερα προγράμματα της κινεζικής πρωτοβουλίας Belt and Road.
Μέσω του συγκεκριμένου σχεδίου, η Κίνα επιχειρεί να ενισχύσει τις εμπορικές και ενεργειακές συνδέσεις της με τη Νότια Ασία και την Αραβική Θάλασσα.
Ωστόσο, η υλοποίηση των έργων έχει αντιμετωπίσει σοβαρές δυσκολίες.
Στην επαρχία Μπαλουχιστάν, οργανώσεις αυτονομιστών έχουν πραγματοποιήσει επανειλημμένες επιθέσεις εναντίον κινεζικών συμφερόντων, εγκαταστάσεων και εργαζομένων.
Οι επιθέσεις αυτές έχουν επιβαρύνει την ασφάλεια των υποδομών και έχουν αυξήσει το κόστος προστασίας των κινεζικών επενδύσεων.
Παράλληλα, έχουν διατυπωθεί καταγγελίες για καθυστερήσεις, κακοδιαχείριση και προβλήματα διαφάνειας σε επιμέρους προγράμματα του CPEC.
Η εδαφική διαμάχη με την Ινδία
Μια επιπλέον γεωπολιτική δυσκολία συνδέεται με τη διέλευση του CPEC από το Γκιλγκίτ–Μπαλτιστάν.
Η περιοχή διοικείται από το Πακιστάν, αλλά διεκδικείται από την Ινδία, στο πλαίσιο της ευρύτερης διαμάχης για το Κασμίρ.
Το Νέο Δελχί έχει αντιταχθεί επανειλημμένα σε έργα που διέρχονται από εδάφη τα οποία θεωρεί τμήμα της δικής του επικράτειας.
Αυτό σημαίνει ότι ο οικονομικός διάδρομος Κίνας–Πακιστάν δεν αποτελεί μόνο αναπτυξιακό πρόγραμμα, αλλά συνδέεται με μία από τις πιο ευαίσθητες εδαφικές αντιπαραθέσεις της Ασίας.
Η δημιουργία εναλλακτικών διαδρομών μέσω του Αφγανιστάν θα μπορούσε μακροπρόθεσμα να προσφέρει στο Πεκίνο μεγαλύτερη ευελιξία.
Δεν υπάρχει, πάντως, ένδειξη ότι ο δρόμος του Ουαχάν μπορεί σήμερα να αντικαταστήσει τις μεγάλες μεταφορικές υποδομές του CPEC.
Η Καμπούλ επιχειρεί να μειώσει την εξάρτησή της από το Ισλαμαμπάντ
Για την κυβέρνηση των Ταλιμπάν, το έργο έχει και μία σαφή πολιτική διάσταση.
Το Αφγανιστάν εξαρτάται σε σημαντικό βαθμό από συνοριακές διαβάσεις και μεταφορικούς άξονες που περνούν από το Πακιστάν.
Οι επανειλημμένες εντάσεις ανάμεσα στις δύο χώρες έχουν προκαλέσει κλείσιμο συνοριακών περασμάτων, διακοπές εμπορικών ροών και επιβάρυνση της αφγανικής οικονομίας.
Μια εναλλακτική χερσαία διέξοδος προς την Κίνα θα μπορούσε, εφόσον αναπτυχθεί και καταστεί λειτουργική, να μειώσει τη δυνατότητα του Πακιστάν να χρησιμοποιεί τη γεωγραφική του θέση ως μέσο πίεσης προς την Καμπούλ.
Η αφγανική πλευρά αντιμετωπίζει το έργο ως σημαντική υποδομή οικονομικής και στρατηγικής αυτονομίας.
Η στάση της Κίνας και της Ρωσίας
Παρά την προοπτική άμεσης σύνδεσης, το Πεκίνο δεν έχει εγκαταλείψει τον οικονομικό διάδρομο CPEC ούτε έχει ανακοινώσει ότι ο Ουαχάν θα τον αντικαταστήσει.
Η Κίνα εξακολουθεί να διατηρεί σημαντικά οικονομικά και στρατηγικά συμφέροντα στο Πακιστάν.
Αντίστοιχα, η Ρωσία ενδιαφέρεται για τη σταθερότητα του Αφγανιστάν και για την ανάπτυξη νέων δικτύων επικοινωνίας στην Κεντρική Ασία.
Η δημιουργία περισσότερων επιλογών διασύνδεσης ενδέχεται να περιορίσει την αποκλειστική σημασία ορισμένων παραδοσιακών μεταφορικών διαδρομών.
Η πραγματική αξία του Ουαχάν θα εξαρτηθεί από τη βελτίωση των οδικών υποδομών, τη λειτουργία συνοριακών και τελωνειακών εγκαταστάσεων, τις καιρικές συνθήκες και τις πολιτικές αποφάσεις της Κίνας.
Το μήνυμα προς το Πακιστάν
Η νέα διαδρομή αναδεικνύει μια σημαντική γεωπολιτική πραγματικότητα: η γεωγραφική θέση ενός κράτους προσφέρει στρατηγικά πλεονεκτήματα, αλλά η αξιοποίησή τους εξαρτάται από την ασφάλεια και την αξιοπιστία των μεταφορικών του δικτύων.
Το Πακιστάν εξακολουθεί να αποτελεί κρίσιμο εταίρο της Κίνας, ιδιαίτερα στο πλαίσιο του CPEC.
Ταυτόχρονα, όμως, η αστάθεια, οι επιθέσεις σε κινεζικά συμφέροντα και οι αντιπαραθέσεις με το Αφγανιστάν δημιουργούν κίνητρα αναζήτησης εναλλακτικών επιλογών.
Ο διάδρομος Ουαχάν δεν έχει ακόμη μετατραπεί σε μεγάλο εμπορικό πέρασμα. Η κατασκευή του δρόμου, ωστόσο, καταδεικνύει ότι το Αφγανιστάν επιχειρεί να αποκτήσει πρόσθετες διεθνείς συνδέσεις και ότι η αποκλειστική εξάρτηση από το Πακιστάν δεν αποτελεί πλέον τη μοναδική γεωγραφική επιλογή.
Για το Ισλαμαμπάντ, η εξέλιξη αποτελεί μια νέα στρατηγική παράμετρο που θα πρέπει να συνυπολογίσει στις σχέσεις του με το Πεκίνο και την Καμπούλ.
Διεθνή
Γερμανία: Το ρωσικό φυσικό αέριο επιστρέφει έμμεσα μέσω των λιπασμάτων, παρά τους ευρωπαϊκούς δασμούς
Οι εισαγωγές ρωσικών αζωτούχων λιπασμάτων μειώθηκαν κατά 66% το 2025-2026, αλλά παραμένουν 53% υψηλότερες από τα επίπεδα πριν από τον πόλεμο στην Ουκρανία.
Το υψηλό ενεργειακό κόστος στη Γερμανία διατηρεί ανταγωνιστικά τα ρωσικά προϊόντα, σύμφωνα με στοιχεία που δημοσίευσε η Berliner Zeitung. Η Γερμανία εξακολουθεί να συνδέεται εμπορικά με το ρωσικό φυσικό αέριο, παρά τις ευρωπαϊκές προσπάθειες περιορισμού της ενεργειακής εξάρτησης από τη Μόσχα.
Αυτή τη φορά, η σύνδεση δεν αφορά αποκλειστικά την άμεση προμήθεια φυσικού αερίου, αλλά τις εισαγωγές λιπασμάτων που παράγονται με τη χρήση ρωσικού αερίου ως πρώτης ύλης και πηγής ενέργειας. Σύμφωνα με δημοσίευμα της γερμανικής εφημερίδας, που βασίζεται σε στοιχεία του Γερμανικού Ομοσπονδιακού Στατιστικού Γραφείου και του Συνδέσμου Αγροτικής Βιομηχανίας (IVA), οι εισαγωγές αζώτου μέσω ρωσικών λιπασμάτων μειώθηκαν σημαντικά κατά το 2025-2026. Ωστόσο, εξακολουθούν να βρίσκονται πάνω από τα επίπεδα που καταγράφονταν πριν από τη ρωσική εισβολή στην Ουκρανία.
Τα στοιχεία των εισαγωγών και η σύγκριση με την προπολεμική περίοδο
Το 2025-2026, η Γερμανία εισήγαγε 48.800 τόνους αζώτου μέσω λιπασμάτων ρωσικής προέλευσης. Η ποσότητα αυτή είναι μειωμένη κατά περίπου 66% σε σύγκριση με το προηγούμενο έτος, αλλά παραμένει κατά 53% υψηλότερη από τους 31.800 τόνους που είχαν καταγραφεί το 2020-2021, πριν από τον πόλεμο.
Η εξέλιξη των εισαγωγών δείχνει πόσο έντονη ήταν η αύξηση μετά το 2022. Το 2021-2022 οι εισαγωγές έφτασαν τους 56.800 τόνους αζώτου, ενώ το 2022-2023 εκτοξεύθηκαν στους 185.100 τόνους. Στη συνέχεια καταγράφηκαν 140.200 τόνοι το 2023-2024 και 143.800 τόνοι το 2024-2025, προτού σημειωθεί η μεγάλη υποχώρηση της τελευταίας περιόδου. Τα στοιχεία αφορούν την ποσότητα του αζώτου που περιέχεται στα εισαγόμενα λιπάσματα και όχι το συνολικό βάρος των προϊόντων.
Τα λιπασματικά έτη υπολογίζονται από τον Ιούλιο έως τον Ιούνιο. Η ποσότητα αζώτου που εισήχθη στη Γερμανία μέσω ρωσικής ουρίας μειώθηκε από 71.600 τόνους σε 27.600 τόνους, καταγράφοντας πτώση άνω του 61%. Παρά τη μείωση, η ποσότητα εξακολουθεί να είναι σχεδόν τριπλάσια από τους 9.900 τόνους του 2020-2021. Η συγκεκριμένη εξέλιξη αναδεικνύει το βασικό πρόβλημα της ευρωπαϊκής πολιτικής περιορισμού των εμπορικών δεσμών με τη Ρωσία. Ακόμη και όταν περιορίζονται οι εισαγωγές συγκεκριμένων προϊόντων, οι οικονομικές σχέσεις μπορούν να διατηρούνται μέσω άλλων κατηγοριών αγαθών, ιδιαίτερα όταν αυτά έχουν χαμηλότερο κόστος παραγωγής.
Γιατί οι ρωσικές εισαγωγές παραμένουν ανταγωνιστικές
Καθοριστικός παράγοντας είναι το υψηλό ενεργειακό κόστος στη Γερμανία και στην υπόλοιπη Ευρώπη. Η παραγωγή αζωτούχων λιπασμάτων απαιτεί μεγάλες ποσότητες φυσικού αερίου, το οποίο χρησιμοποιείται τόσο ως πρώτη ύλη όσο και ως πηγή ενέργειας. Σύμφωνα με τον Σύνδεσμο Αγροτικής Βιομηχανίας (IVA), οι ευρωπαϊκοί δασμοί, που τέθηκαν σε ισχύ τον Ιούλιο του 2025, περιόρισαν σημαντικά τις εισαγωγές ρωσικών λιπασμάτων. Ωστόσο, δεν εξάλειψαν το ανταγωνιστικό πλεονέκτημα των ρωσικών προϊόντων. Ο σύνδεσμος επισημαίνει ότι οι υψηλές τιμές ενέργειας δυσκολεύουν τις ευρωπαϊκές επιχειρήσεις να αυξήσουν την εγχώρια παραγωγή και να καλύψουν μεγαλύτερο μέρος των αναγκών της αγοράς. Ως αποτέλεσμα, τα ρωσικά λιπάσματα εξακολουθούν να παραμένουν ελκυστικά, ακόμη και μετά την επιβολή πρόσθετων δασμών.
Παράλληλα, σύμφωνα με τον IVA, είναι πιθανό ορισμένες ποσότητες ρωσικών προϊόντων να φτάνουν στη γερμανική αγορά μέσω άλλων κρατών-μελών της Ευρωπαϊκής Ένωσης. Το μέγεθος αυτών των έμμεσων εισαγωγών, ωστόσο, δεν μπορεί να προσδιοριστεί με ακρίβεια από τα διαθέσιμα στοιχεία.
Δεν αποδίδονται οι αυξήσεις των τιμών αποκλειστικά στους δασμούς
Το ζήτημα έχει άμεση σημασία για τους Γερμανούς αγρότες, καθώς το κόστος των λιπασμάτων επηρεάζει την παραγωγή και, τελικά, την οικονομική βιωσιμότητα των καλλιεργειών. Ο IVA υποστηρίζει ότι η μείωση των ρωσικών εισαγωγών δεν έχει προκαλέσει μέχρι στιγμής σαφή αύξηση των τιμών εξαιτίας των δασμών. Σύμφωνα με τον σύνδεσμο, η εγχώρια παραγωγική δυναμικότητα και οι εισαγωγές από άλλες χώρες, μεταξύ των οποίων η Αίγυπτος, επαρκούν για την κάλυψη των αναγκών της αγοράς. Την ίδια στιγμή, ο σύνδεσμος αποδίδει τις υψηλές τιμές των λιπασμάτων το 2026 στις διεθνείς ενεργειακές αναταράξεις, στον πόλεμο με το Ιράν και στην κρίση γύρω από τα Στενά του Ορμούζ, παράγοντες που επηρεάζουν το κόστος μεταφοράς και τις παγκόσμιες τιμές ενέργειας και λιπασμάτων.
Οι εκτιμήσεις αυτές αποτελούν τις θέσεις του κλαδικού συνδέσμου και δεν συνιστούν από μόνες τους ανεξάρτητη αξιολόγηση όλων των παραγόντων που διαμορφώνουν τις τιμές.
Νέες πιέσεις για περιορισμό των ρωσικών εισαγωγών
Με αφορμή τα στοιχεία, ο IVA ζητά να εξεταστεί η επιβολή πρόσθετων δασμών στις εισαγωγές καλιούχων λιπασμάτων από τη Ρωσία και τη Λευκορωσία. Το κάλιο αποτελεί βασικό θρεπτικό στοιχείο για τις καλλιέργειες και αντιπροσωπεύει μια ακόμη κατηγορία προϊόντων στην οποία η ευρωπαϊκή αγορά διατηρεί εμπορικές σχέσεις με τις δύο χώρες.
Ο σύνδεσμος εκτιμά ότι η ευρωπαϊκή βιομηχανία μπορεί να καλύψει τις ανάγκες της γεωργίας χωρίς να εξαρτάται από τις συγκεκριμένες εισαγωγές και υποστηρίζει ότι πρόσθετοι δασμοί δεν θα πρέπει να οδηγήσουν αναγκαστικά σε αυξήσεις τιμών. Η συζήτηση, ωστόσο, αποτυπώνει το ευρύτερο δίλημμα της ευρωπαϊκής οικονομικής πολιτικής. Η μείωση της εξάρτησης από τη Ρωσία απαιτεί όχι μόνο εμπορικούς περιορισμούς, αλλά και ανταγωνιστική εγχώρια παραγωγή, προσιτό ενεργειακό κόστος και εναλλακτικές πηγές προμήθειας.
Τα δεδομένα της γερμανικής αγοράς δείχνουν ότι οι δασμοί μπορούν να περιορίσουν σημαντικά τις εισαγωγές, χωρίς όμως να εξαλείψουν αυτομάτως τις οικονομικές σχέσεις που στηρίζονται σε διαφορές κόστους παραγωγής. Για τη Γερμανία και την Ευρωπαϊκή Ένωση, η πρόκληση παραμένει η εξισορρόπηση τριών στόχων: της ενεργειακής και οικονομικής ασφάλειας, της στήριξης της εγχώριας βιομηχανίας και της διατήρησης προσιτού κόστους για τον αγροτικό τομέα.
Με πληροφορίες του Συνδέσμου Αγροτικής Βιομηχανίας (IVA) και του Γερμανικού Ομοσπονδιακού Στατιστικού Γραφείου.
Αναλύσεις
Πακιστάν: Μειώθηκαν οι τρομοκρατικές επιθέσεις, αλλά αυξάνονται οι απειλές – Αντάρτικες οργανώσεις αναπτύσσουν νέες τακτικές και στρατολογούν γυναίκες
Η νέα έκθεση του Pakistan Institute for Conflict and Security Studies (PICSS) αποκαλύπτει ένα αντιφατικό περιβάλλον ασφαλείας: Λιγότερες επιθέσεις και θύματα, αλλά αναδιοργάνωση ένοπλων ομάδων, χρήση drones, εσωτερικές συγκρούσεις και αυξανόμενη αστάθεια στο Μπαλουχιστάν. Η πολιτική κρίση επιβαρύνει την προσπάθεια αντιμετώπισης της τρομοκρατίας.
Μια εξαιρετικά σύνθετη εικόνα για την ασφάλεια στο Πακιστάν αποτυπώνει η νέα εβδομαδιαία ανάλυση του Pakistan Institute for Conflict and Security Studies (PICSS), η οποία δημοσιεύθηκε στις 10 Οκτωβρίου 2026. Παρά τη μείωση των επιθέσεων από ένοπλες οργανώσεις κατά την πρώτη εβδομάδα του μήνα, οι εξελίξεις στο εσωτερικό των εξτρεμιστικών και αυτονομιστικών ομάδων δημιουργούν σοβαρά ερωτήματα για την πραγματική αποτελεσματικότητα των επιχειρήσεων ασφαλείας.
Η έκθεση με τίτλο «Pakistan’s Security Paradox: Militant Attacks Decline as Militant Groups Signal New Developments» καταγράφει υποχώρηση των επιθέσεων, αλλά παράλληλα εντοπίζει ενδείξεις οργανωτικής αναδιάρθρωσης, νέων επιχειρησιακών μεθόδων και εντατικοποίησης της προπαγανδιστικής δραστηριότητας.
Μείωση 18% στις επιθέσεις – Παραμένει σοβαρή η απειλή
Σύμφωνα με το PICSS, από τις 2 έως τις 8 Οκτωβρίου καταγράφηκαν συνολικά 46 επιθέσεις ενόπλων οργανώσεων στο Πακιστάν, έναντι 56 την αμέσως προηγούμενη εβδομάδα.
Η μείωση ανέρχεται στο 18%, ενώ αισθητή είναι και η υποχώρηση του αριθμού των θυμάτων.
Οι νεκροί μειώθηκαν από 52 σε 42 και οι τραυματίες από 53 σε 23.
Ωστόσο, η εικόνα δεν είναι ομοιόμορφη σε ολόκληρη τη χώρα.
Στην επαρχία Μπαλουχιστάν, όπου δραστηριοποιούνται ιδιαίτερα ενεργές αυτονομιστικές οργανώσεις, οι απώλειες αυξήθηκαν παρά τη μείωση του αριθμού των επιθέσεων.
Το στοιχείο αυτό δημιουργεί προβληματισμό για το κατά πόσον οι ένοπλες ομάδες μεταβάλλουν τις τακτικές τους, πραγματοποιώντας λιγότερες αλλά δυνητικά πιο φονικές επιχειρήσεις.
Οι Πακιστανοί Ταλιμπάν αλλάζουν τακτική – Drones και ελεύθεροι σκοπευτές
Ιδιαίτερο ενδιαφέρον παρουσιάζουν οι εξελίξεις στο εσωτερικό της Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP), της οργάνωσης που είναι γνωστή ως Πακιστανοί Ταλιμπάν.
Σύμφωνα με την ανάλυση, η TTP επέβαλε περιορισμούς στη χρήση των μέσων κοινωνικής δικτύωσης από τα μέλη της.
Η συγκεκριμένη απόφαση αποκτά σημασία σε μια περίοδο κατά την οποία οι ένοπλες οργανώσεις χρησιμοποιούν τις ψηφιακές πλατφόρμες τόσο για προπαγάνδα όσο και για την προβολή των επιχειρησιακών τους δυνατοτήτων.
Την ίδια στιγμή, η TTP δημοσιοποίησε οπτικό υλικό στο οποίο υποστηρίζει ότι καταγράφονται επιθέσεις με τετρακόπτερα μη επανδρωμένα αεροσκάφη και ενέργειες ελεύθερων σκοπευτών.
Οι ισχυρισμοί αυτοί δεν συνιστούν ανεξάρτητη επιβεβαίωση της αποτελεσματικότητας ή της έκτασης χρήσης των συγκεκριμένων μέσων.
Παρ’ όλα αυτά, η προβολή τέτοιων επιχειρήσεων εντάσσεται σε μια ευρύτερη προσπάθεια των οργανώσεων να παρουσιάσουν εικόνα τεχνολογικής προσαρμογής και να ενισχύσουν την επιρροή τους.
Εσωτερικές συγκρούσεις στις ένοπλες οργανώσεις
Την ίδια περίοδο, η Jamaat-ul-Ahrar, οργάνωση που έχει συνδεθεί με το δίκτυο των Πακιστανών Ταλιμπάν, ανακοίνωσε ότι πραγματοποίησε 122 επιθέσεις κατά τη διάρκεια του Σεπτεμβρίου.
Πρόκειται για αριθμό που προέρχεται από τους ισχυρισμούς της ίδιας της οργάνωσης και δεν πρέπει να συγχέεται με τα ανεξάρτητα καταγεγραμμένα περιστατικά του PICSS.
Παράλληλα, αναφέρθηκαν αιματηρές συγκρούσεις ανάμεσα σε μαχητές της Jamaat-ul-Ahrar και αντίπαλης φράξιας της TTP στην περιοχή Ορακζάι.
Οι πληροφορίες αυτές αναδεικνύουν ένα επιπλέον πρόβλημα για την ασφάλεια του Πακιστάν: τον κατακερματισμό του περιβάλλοντος των ενόπλων οργανώσεων.
Οι εσωτερικές συγκρούσεις ενδέχεται να αποδυναμώνουν προσωρινά ορισμένα δίκτυα, αλλά μπορούν επίσης να προκαλέσουν νέες αντιπαραθέσεις, ανακατατάξεις και αποσχίσεις.
Μπαλουχιστάν: Ένοπλη γυναικεία μονάδα και κλιμάκωση της προπαγάνδας
Σημαντικές εξελίξεις καταγράφονται και στο Μπαλουχιστάν, την επαρχία του νοτιοδυτικού Πακιστάν που συνορεύει με το Ιράν και το Αφγανιστάν και έχει στρατηγική σημασία λόγω των φυσικών πόρων και της πρόσβασής της στην Αραβική Θάλασσα.
Το Balochistan Liberation Front (BLF), μία από τις οργανώσεις που επιδιώκουν την ανεξαρτησία του Μπαλουχιστάν, δημοσιοποίησε υλικό για τη συγκρότηση νέου γυναικείου ένοπλου σχηματισμού.
Η συγκεκριμένη κίνηση προβάλλεται από την οργάνωση ως οργανωτική εξέλιξη. Δεν υπάρχουν, ωστόσο, επαρκή ανεξάρτητα στοιχεία στο δημόσιο απόσπασμα της έκθεσης για τον αριθμό των μελών ή τις πραγματικές επιχειρησιακές δυνατότητες της νέας μονάδας.
Παράλληλα, ο Balochistan Liberation Army (BLA), άλλη σημαντική αυτονομιστική ένοπλη οργάνωση, απέρριψε κατηγορίες περί συνεργασίας με την TTP.
Ο BLA δημοσιοποίησε επίσης οπτικό υλικό από επιχειρήσεις που ισχυρίζεται ότι πραγματοποίησαν μέλη του.
Άλλες οργανώσεις των Μπαλούχων προχώρησαν σε ανάλογες κινήσεις, προβάλλοντας τη δράση τους και διατυπώνοντας ισχυρισμούς για δραστηριότητες συλλογής πληροφοριών.
Οι εξελίξεις καταδεικνύουν ότι η σύγκρουση στο Μπαλουχιστάν δεν περιορίζεται στις ένοπλες επιθέσεις, αλλά περιλαμβάνει και έναν παράλληλο αγώνα επιρροής, επικοινωνίας και πολιτικής νομιμοποίησης.
Πολιτική κρίση και αντιτρομοκρατία
Πέρα από την ένοπλη βία, η έκθεση του PICSS επισημαίνει ότι η εσωτερική πολιτική αστάθεια δυσχεραίνει τη διαμόρφωση αποτελεσματικής πολιτικής ασφαλείας.
Η κατάρρευση των διαπραγματεύσεων μεταξύ της κυβέρνησης και του Pakistan Tehreek-e-Insaf (PTI), του κόμματος που ίδρυσε ο πρώην πρωθυπουργός Ιμράν Χαν, περιπλέκει τις προσπάθειες συντονισμού στην επαρχία Χάιμπερ Παχτούνχβα.
Η περιοχή αποτελεί ένα από τα σημαντικότερα μέτωπα της δράσης των Πακιστανών Ταλιμπάν, λόγω της εγγύτητάς της με το Αφγανιστάν και της μακρόχρονης παρουσίας ένοπλων δικτύων.
Οι πολιτικές αντιπαραθέσεις μεταξύ κεντρικής κυβέρνησης και αντιπολίτευσης μπορούν να δυσχεράνουν τον συντονισμό, τη διοικητική συνεργασία και τη διαμόρφωση κοινής στρατηγικής για την αντιμετώπιση της τρομοκρατίας.
Το πρόβλημα αποκτά ιδιαίτερη σημασία όταν συνδυάζεται με την ανάγκη προστασίας παραμεθόριων περιοχών και αντιμετώπισης οργανώσεων με διασυνοριακές διασυνδέσεις.
Αφγανιστάν, Ινδία και περιφερειακές αμυντικές συμφωνίες
Οι προκλήσεις που αντιμετωπίζει το Ισλαμαμπάντ δεν περιορίζονται στο εσωτερικό της χώρας.
Οι σχέσεις με το Αφγανιστάν παραμένουν κρίσιμος παράγοντας ασφαλείας, καθώς το Πακιστάν αποδίδει σε ένοπλα δίκτυα που δρουν από αφγανικό έδαφος σημαντικό μέρος των επιθέσεων εναντίον του.
Την ίδια στιγμή, η αντιπαράθεση με την Ινδία εξακολουθεί να επηρεάζει τον στρατηγικό σχεδιασμό των πακιστανικών ενόπλων δυνάμεων.
Στο περιφερειακό περιβάλλον προστίθενται οι νέες αμυντικές διευθετήσεις και οι προσπάθειες του Πακιστάν να διατηρήσει ή να ενισχύσει τις στρατηγικές του συνεργασίες.
Η συνύπαρξη εσωτερικών απειλών, πολιτικής αβεβαιότητας και εξωτερικών δεσμεύσεων δημιουργεί αυξημένες απαιτήσεις για τον στρατιωτικό μηχανισμό και τις υπηρεσίες ασφαλείας.
Οι αριθμοί δεν λένε ολόκληρη την ιστορία
Η εβδομαδιαία έκθεση του PICSS θέτει ένα ουσιαστικό ερώτημα: αποτελεί η μείωση των τρομοκρατικών επιθέσεων ένδειξη βελτίωσης της ασφάλειας ή πρόκειται για προσωρινή υποχώρηση της βίας, ενώ οι οργανώσεις αναπροσαρμόζουν τις τακτικές και τις δομές τους;
Η απάντηση δεν μπορεί να προκύψει αποκλειστικά από την καταμέτρηση των επιθέσεων.
Η χρήση νέων επιχειρησιακών μέσων, οι εσωτερικές διαμάχες, η συγκρότηση νέων ένοπλων σχηματισμών και η αυξημένη προπαγανδιστική δραστηριότητα συνθέτουν μια εικόνα που απαιτεί διαρκή παρακολούθηση.
Άλλωστε, τα στοιχεία του PICSS για ολόκληρο τον Σεπτέμβριο είχαν καταγράψει 225 επιθέσεις, τον υψηλότερο μηνιαίο αριθμό εδώ και δώδεκα χρόνια, γεγονός που αναδεικνύει τη σοβαρότητα της κατάστασης παρά την πρόσφατη εβδομαδιαία υποχώρηση.
Το Πακιστάν βρίσκεται αντιμέτωπο με μια πολυεπίπεδη κρίση ασφαλείας, στην οποία αλληλεπιδρούν τζιχαντιστικές οργανώσεις, αυτονομιστικά κινήματα, πολιτικές αντιπαραθέσεις και περιφερειακοί ανταγωνισμοί.
Η μείωση της συχνότητας των επιθέσεων αποτελεί θετική ένδειξη σε επίπεδο εβδομαδιαίων στατιστικών. Δεν αρκεί, όμως, από μόνη της για να αποδείξει ότι οι απειλές περιορίζονται σε βάθος χρόνου.
Το κρίσιμο ζήτημα για το Ισλαμαμπάντ δεν είναι μόνο πόσες επιθέσεις καταγράφονται, αλλά κατά πόσον το κράτος μπορεί να αντιμετωπίσει τις οργανώσεις που εξακολουθούν να διαθέτουν δυνατότητα στρατολόγησης, προσαρμογής και πραγματοποίησης νέων επιχειρήσεων.
-
Αναλύσεις4 εβδομάδες πρινΤο τελεσίγραφο Καλίν την ώρα που η Τουρκία προετοιμάζεται για πόλεμο!
-
Άμυνα3 μήνες πρινΡωσσικό ΜΜΕ: Ελληνικό «μπλόκο» στην απαίτηση για Patriot – Πώς γνωρίζει το Κίεβο απόρρητα στοιχεία για τους πυραύλους μας;
-
ΑΝΑΡΤΗΣΕΙΣ ΜΕ ΣΗΜΑΣΙΑ3 μήνες πρινΠακιστανός με καναδική υπηκοότητα ο υπαίτιος της πυρκαγιάς στον Έβρο! Πιθανόν να μετέφερε μετανάστες
-
GEOPOLITICO1 μήνα πρινΤο διέρρευσε ο Παπαχελάς! Έφεραν τον Καλίν στο Μαξίμου – Τί συζήτησε με τον Μητσοτάκη;
-
Αναλύσεις2 μήνες πρινΚαραγκιούλ: «Αν Ελλάδα, Κύπρος και Ισραήλ επιτεθούν στην Τουρκία, ο χάρτης του Αιγαίου θα αλλάξει»
-
ΑΝΑΡΤΗΣΕΙΣ ΜΕ ΣΗΜΑΣΙΑ2 μήνες πρινΞέσπασμα της μητέρας της Μυρτούς για την υπόθεση Τζαβέντ Ασλάμ: «Δεν ξεχνώ ποτέ» – «Δήμαρχος των Πακιστανών ο Δούκας»
-
GEOPOLITICO4 εβδομάδες πρινΤί λέει Τούρκος δημοσιογράφος για Σάββα Καλεντερίδη; «Έκανε πολύ καλά τη δουλειά του για τη χώρα του – Δεν μπορούσε να τον στριμώξει η ΜİΤ»
-
Αναλύσεις3 μήνες πρινΕάν η Τουρκία απορρίψει τη συμφωνία αποχώρησης από την Κύπρο θα απομακρυνθεί δια της βίας


